My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 37
J’ai cru qu’on venait de me trancher le nez. La douleur terrible et le choc me font penser que je vais bientôt m’évanouir.
Un poing lourd de charpentier glisse contre mon visage sans que je le voie venir. Je n’arrive plus à respirer. Le sang goutte sur le béton du parking et tâche aussi mes chaussures.
Les dégâts se limitent presque entièrement à mon visage. Ma tête est secouée, mais je pense que ce n’est pas assez violent pour causer une commotion. Ma vue reste claire aussi. Ma bouche est pleine de sang, mais je crois que je n’ai pas perdu la capacité de parler.
Ça suffit.
— Ah…
Aizawa est horrifié en voyant mon visage ensanglanté.
Si ça n’avait été que pour moi, je lui aurais pardonné. Parce que je comprends. Mais frapper Iwamoto, ça, c’est totalement impardonnable. Il est mon partenaire, le plus important. Et il porte un enfant, en plus. Quelle partie de ça il n’avait pas comprise ?!
J’avais un peu de peine pour lui, tout à l’heure. Comme moi, il y a un an, Aizawa n’avait peut-être pas eu conscience d’aimer Iwamoto avant récemment. Et, quand il a fini par découvrir cette chaleur intense de l’amour et réalisé qu’il en avait cruellement besoin, il a sans doute paniqué complètement.
Je comprends.
Mais c’était il y a quelques minutes. Ça n’excuse pas toutes les choses blessantes qu’il a dites à Iwamoto.
Je ne vais pas lui pardonner. Je ne peux pas lui pardonner.
Mon mari, depuis cinq mois, tremble. Pâle.
— Je déteste la violence.
Je me sens étrangement exalté. Peut-être à cause du sang. J’ai l’impression que la bête qui vit en moi et moi-même sommes en train de dire exactement la même chose, en ce moment.
La voix d’Iwamoto, inquiète, tombe dans l’oreille d’un sourd.
Il y a un ennemi devant moi, maintenant. Un ennemi à vaincre.
— J’ai déjà vu un patient qui avait subi une rupture du globe oculaire et une lésion de la moelle épinière juste parce qu’il s’était fait pousser légèrement et était tombé sur le pas de sa porte. La moindre violence peut tuer quelqu’un.
Je regarde Aizawa sans essuyer le sang sur mon visage.
— J’ai décidé que je n’utiliserai la violence que le jour où je serai absolument déterminé à tuer quelqu’un, peu importe le prix.
Sans doute intimidé par mon aura inhabituelle, Aizawa recule d’un pas. Son visage se tord de peur.
Voilà, c’est bien. Aie peur. Je suis en colère. Bien au-delà de la simple colère.
— J…
—
Attends, attends, attends, attends ! Hé, calme-toi. Mais qu’est-ce que…
t’es pas comme ça d’habitude, Takashi-san, ça va, moi. Ça va. Grâce à
toi, ça va.
Un corps chaud me serre par-derrière. C’est Iwamoto. Je reviens à moi tandis qu’il ébouriffe mes cheveux en bataille.
Qu’est-ce que j’étais en train d’essayer de faire, bon sang ?
Je suis horrifié par cette sensation fraîche d’intention meurtrière, encore présente en moi.
— Mon Dieu, Aizawa ! Qu’est-ce que tu fais à mon mari ! Je te jure que je vais te faire un procès !
Aizawa hoche la tête à répétition, le visage choqué.
— Je… je suis désolé…
—
Enfin, j’ai été un peu trop dur, dans mes mots, ajoute-t-il. Désolé. Tu
m’as cherché. Je te parlerai correctement la prochaine fois, alors s’il
te plaît, rentre chez toi pour aujourd’hui… Bon sang, ton nez saigne,
et je crois que… il est cassé. Viens là. On va te soigner. On va à
l’hôpital, d’accord ? T’as la tête qui tourne ?
Iwamoto prend mon bras et le passe autour de son épaule, me soutenant.
— Ça va, dis-je. Je peux marcher. Je peux monter les escaliers. Je ne me suis pas cogné la tête. Je détesterais que ce soit toi qui tombes en me soutenant. Et s’il te plaît, ne fais pas de procès à Aizawa-san.
Ce serait une catastrophe si je laissais Iwamoto faire une chose pareille, et lui compliquerait la vie au travail.
— C’est pas le genre de phrase à dire, là ! T’es pas très convaincant en titubant comme ça ! Oh, tes lunettes, wow, elles sont cassées !
Il se tourne vers son collègue :
— Sérieusement, tu te fous de moi. Je sais pas combien ça coûte, mais tu ferais mieux de payer pour ça, plus tard.
— Ah, oui…oui.
—
Qu’est-ce que tu regardes, idiot ? Rentre chez toi ! Tu devrais être
reconnaissant envers Takashi-san. Je te jure que je vais pas laisser
passer ça comme ça. Dégage, bon sang !
Aizawa monte précipitamment dans le petit camion qu’il avait pris pour venir et s’en va.
À l’hôpital, tout le monde est plus que surpris de revoir l’homme qui, récemment, était venu pour un rhume et un ulcère à l’estomac, revenir aujourd’hui avec le visage ensanglanté et le nez déplacé.
Et Iwamoto, grand, à l’allure musclée, qui m’accompagne, devient la victime de toutes ces rumeurs.
— Yuge-sensei, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu penses pas que c’est un peu tôt pour que je te donne la brochure d’un thérapeute conjugal ?
On dirait que Shimabukuro va rester collé à moi, aux urgences. Me charrier, c’est son passe-temps préféré.
Je lui raconte très honnêtement ce qui s’est passé. Chaque détail. Pas très flatteur pour Aizawa, mais mieux que de laisser tout le monde se faire une mauvaise image d’Iwamoto.
— Alors félicitations. T’es vraiment courageux ! T’attaquer à un type qui aurait clairement pu te tuer d’une pichenette. Ça n'arrive pas tous les jours, ça.
Iwamoto sourit en retenant son rire. Je fais pareil.
Le résultat du scanner ne montre aucune anomalie au niveau de la tête ou des pommettes, seul l’os nasal est cassé.
—
C’est pas beau à voir… mais on va laisser un peu de temps passer pour
voir comment ça évolue. Peut-être qu’il restera un peu tordu, dit le
chirurgien qui s’occupe de moi.
— Je vois.
Ça ne me dérange pas. Iwamoto va bien, alors un nez tordu, c’est quelque chose que je peux clairement gérer.
— Vous pensez que je peux rentrer chez moi ?
—
C’est sans doute le mieux à faire. C’est étrange de dire ça à un autre
médecin, mais si vous avez des maux de tête ou des nausées, revenez tout
de suite, d’accord ?
Quand on rentre à la maison, il est déjà environ onze heures du soir. Le dîner préparé par Iwamoto est complètement froid.
— Mon Dieu, ton nez a l’air horrible.
Je m’assois sur le canapé à côté d’Iwamoto tout en désinfectant le coin de ma bouche, qui a aussi une coupure.
—
J’étais tellement inquiet. Tout ton visage était couvert de sang. Il
est vraiment con… Connard d’Aizawa, qu’est-ce qui va pas chez lui, il…
enfin, c’était aussi ma faute, de lui avoir dit ces trucs-là. Je suis
vraiment désolé.
— Tu n’as rien, c’est l’essentiel. Je veux être un
homme en qui tu puisses avoir confiance. Et ça, c’est peut-être un bon
pas dans cette direction. Je laisserais mon nez se casser mille fois,
tant que tu vas bien, toi.
Iwamoto rit. Rougit. Puis, avec une moue adorable, il referme le désinfectant et le laisse traîner sur le canapé.
—
Takashi-san ! Redis jamais un truc pareil ! T’aurais même pas dû le
laisser te casser le nez, pour commencer ! J’ai cru que ça allait te
tuer, tu sais. Tu devrais t’entraîner pour savoir te défendre !
— Plus que ça… il faut que je m’excuse auprès de toi.
— Hein ?
Iwamoto est très confus, alors il se rapproche un peu.
—
Pour ton travail. Honnêtement, j’ai pris ça pour un truc hormonal,
alors qu’en réalité, j’aurais dû mieux t’écouter, et te donner d’autres
conseils.
— Oh… Iwamoto sourit, un peu amer. T’as pas besoin de
penser à ça. Je savais qu’avoir un enfant allait me faire renoncer à
certaines choses…
Mais il ajoute vite :
— Bien sûr, je dis pas que c’est mauvais. Quand je l’ai découvert, j’ai vraiment pensé que c’était une anomalie effrayante. Enfin, est-ce que c’était vraiment possible pour moi d’avoir un enfant, comme si j’étais une femme ? Est-ce que ça voulait dire que j’étais plus un homme ? Mais, avec toi… En étant avec toi, je me suis dit : « si je peux le faire, alors j’ai envie de le faire ». Je voulais avoir tes enfants tout de suite, et vivre avec toi et avec eux. C’était mon rêve et je suis en train de le réaliser.
Si on y réfléchit bien, ça a l’air difficile, d’être HMFU. Peu importe la quantité de données médicales accumulées, peu importe le nombre de statistiques qu’on a sur l’écran, je ne sais pas comment quantifier les sentiments de quelqu’un.
— Tu es incroyable…
—
Je crois pas. J’ai beaucoup d'inquiétudes… Et en fait, j’ai vraiment
peur. Elle va naître d’un homme, alors je pense sans arrêt à ce que je
vais faire quand elle sera grande, plus tard. Qu’est-ce qui va se
passer, quand je la tiendrai dans mes bras ? Qu’est-ce que les gens vont
dire ? J’ai pas l’air de quelqu’un qui… enfin, tu vois. C’est
exactement ce qu’Aizawa disait aujourd’hui, et ce que les médecins et
les infirmières disent aussi. C’est vrai que les gens se sentent mal à
l’aise autour de moi, tu vois. Ils veulent pas me garder dans leur
hôpital, et je peux même pas dire que j’attends un bébé, parce que
personne me croit, et si jamais ils me croient, ils me posent des
questions bizarres, ou alors ça les dégoûte, et ils me regardent avec
cette tête qui dit : mais comment c’est même possible ?
Iwamoto reste silencieux. Il fixe le sol, avec un regard sombre qu’il ne m’avait encore jamais montré.
J’y ai pensé, moi aussi. Encore et encore.
Certaines personnes s’attaquent violemment aux autres, pour des choses qu’elles ne comprennent pas. Certaines sont mauvaises et punissent les plus vulnérables juste pour le plaisir. Même aujourd’hui, alors que le droit au mariage entre personnes de même sexe est officiellement reconnu, la discrimination persiste. Discrimination, préjugés, méchanceté, tout ça existe encore parmi nous, et rien ne laisse penser que ça va disparaître de sitôt. Il n’est pas difficile d’imaginer que le HMFU comme le nouveau-né seront regardés avec beaucoup trop de curiosité.
Une petite fille élevée par deux hommes, quel scandale.
Comme c’est dégoûtant. Comme c’est inapproprié.
C’est pas un peu malsain, tout ça ?
Notre petite fille ira ensuite à l’école primaire, et on devra aller la chercher à la sortie, assister aux réunions et aux événements scolaires. Une fois que les gens sauront que ses parents sont deux hommes, ils la taquineront peut-être, la regarderont bizarrement, parleront d’elle… Quand elle grandira et choisira quelqu’un à épouser, les parents s’y opposeront peut-être, pour ne pas s’associer à une famille aussi étrange.
La nuit, je me demande : qu’est-ce qui va arriver à mon bébé ? Qu’est-ce qui va arriver à mon mari ? Qu’est-ce qui va arriver à notre petite famille ? Je n’ai aucun contrôle sur la cruauté qui règne dans le monde. Je n’ai aucun moyen de changer la façon dont les gens pensent.
Pourtant, je ne peux pas abandonner, je ne peux pas les laisser se faire blesser. Je ne vais pas les laisser faire du mal à ma petite fille, et avant ça, je ne vais pas les laisser faire du mal à Iwamoto.
Moi, avec mes bras fins et mes frêles jambes, peu fiables, mes petits yeux, ma tête étrange, mon abdomen sans muscle, je vais vraiment faire de mon mieux. Peu importe à quel point ça peut sonner ridicule, peu importe si personne ne me croit.
— Je vais te protéger.
Jusqu’à maintenant, j’ai toujours méprisé les gens qui disent ça sans donner aucune garantie. On peut dire n’importe quoi, mais le faire, c’est autre chose. Il faut le montrer par des actes.
Maintenant, je comprends qu’il existe des mots, dans la vie, qu’on doit dire, même quand ça semble impossible.
— Quoi qu’il arrive, je te promets que je vais te protéger. Je vais protéger le bébé aussi. Je vais le faire, pour vous deux.
Pourtant, à peine ai-je dit ça que ma détermination courageuse s’évapore soudain. Mes pensées négatives reviennent, et je me dis dans ma tête :
« Wow, c’est stupide. »
« Je suis un homme inutile, et maintenant je suis en plus couvert de blessures. »
« Tu peux le faire, vraiment ? »
Iwamoto reste là, debout, la tête baissée. Je ne peux pas voir ses yeux, mais je suis sûr qu’il est stupéfait. Il a dû se moquer de moi, intérieurement.
— Je sais que tu vas nous protéger, parce que c’est ce que tu fais depuis le début.
— … Hein ?
Je viens tout juste d’entendre des mots incroyables, alors, quand je regarde Iwamoto droit dans les yeux, il est déjà en train de hocher la tête, comme pour essayer de me convaincre, moi aussi. Il n’y a ni stupeur ni doute dans son regard. Il n’y a que de la confiance pure.
Il sourit.
— Si Takashi le dit, je le crois. Je te croirai toujours.
Soudain, je regarde mon bras. Mes mains fines, pâles, peu fiables. Il y a des bleus, maintenant. Quand Aizawa m’a frappé, j’ai heurté un coin de la benne à ordures. J’ai même pas pu…
J’ai pas… Non…
— Tu me protèges toujours, Takashi… alors je vais te protéger, moi aussi. Protège la petite avec moi, d’accord ?
Les larmes coulent.
Mon cœur est tellement plein que je n’arrive plus à le supporter.
— Je te le promets.
Si Iwamoto est là, avec moi, alors je peux tout faire.
Deux semaines plus tard, je vais enfin me faire retirer mon plâtre. Mon nez a un peu changé de forme.
Comme je fais la procédure à l’hôpital, la première personne à commenter mon nouveau visage, c’est Shimabukuro, pas Iwamoto.
— Grands dieux !
Shimabukuro est sidéré. Qu’est-ce qui se passe ? Je sais que mon nez est tordu d’une façon assez étrange, est-ce que j’ai l’air horrible ? Enfin, peu importe comment je change, je pense que c’est la preuve de ma volonté de protéger Iwamoto. Je vais en être fier. Même si, quand même, je suis un peu anxieux à l’idée qu’Iwamoto ne veuille plus de moi, une fois mon arête de nez droite et nette disparue.
— T’as l’air de… ces statues égyptiennes qui ont plus de nez. Tu te souviens de ce film, La Momie, avec Brendan Fraser ?
La voix de Shimabukuro monte tellement haut que mes joues rougissent inévitablement.
— T’es Imhotep, avant sa régénération.
— … Hahaha.
Imhotep, à ce point ? Je ne peux pas m’empêcher de rire. Rire très sincèrement.
— N’importe quoi, t’es aussi beau que Cléopâtre.
— Ah ? T’es… en train de me draguer, Shimabukuro-sensei ?
—
Bien sûr que oui ! Yuge-sensei, va donc te regarder dans le miroir et
admire ta sale tête ! Faut que tu réalises que t’es vraiment très beau
!!!
Alors je me regarde dans le miroir : seuls quelques millimètres ont changé, mais la forme de mon nez est clairement différente. Enfin, oui, qui aurait cru que se faire frapper au visage pouvait vous donner l’air « sauvage » ?
J’ai l’air… viril. Attirant, plutôt que simplement beau.
Je suis content que les changements survenus après avoir juré de protéger mon cher mari soient aussi bons que ça. Comme une médaille d’honneur qui dit : « J’ai été battu, mais je ne suis pas mort. »
— En fait, je me sens plutôt bien, tu sais ? Comme… quelqu’un d’autre.
—
C’est quoi, ça ? Même le sourire du docteur est différent ! Quelle
expression classe ! Wow ! Je suis complètement amoureux de Yuge-sensei,
maintenant ! Mets-moi enceint aussi, s’il te plaît !
Je crois que c’est la première fois que je passe un aussi bon moment avec Shimabukuro. La première fois que je ris avec lui. Je n’aurais jamais cru pouvoir trouver ça agréable, de travailler avec ce type grossier.
Quand je rentre à la maison, Iwamoto écarquille les yeux aussi. Mais il fronce immédiatement les sourcils et semble plutôt fâché contre moi.
Hein ?
Il n’aime pas ça ?
— Tu vas rester comme ça pour toujours ?
— Bah, si je ne me refais pas frapper… je suppose que oui.
— Tu vas devoir porter un masque, à partir de maintenant.
— C’est si horrible que ça ?
Je pensais que cette nouvelle forme plairait à Iwamoto autant que la précédente. C’est un peu triste, vu que c’est lui qui complimente mon visage quand personne d’autre ne le ferait.
— Mais, en fait, j’aime plutôt bien mon visage actuel. Désolé que ça te plaise pas, mais…
— Quoi, qu’est-ce que tu racontes… ?
— Parce que c’est la preuve que j’ai pu te protéger, j’aime être comme ça.
Iwamoto rougit, ouvre et referme la bouche, puis rien. Alors j’enroule mes bras autour de son cou puissant et le regarde droit dans les yeux.
Ah, j’ai vraiment, vraiment envie de l’embrasser.
— Tout ce que je suis maintenant, c’est grâce à mon magnifique Taichi.
Iwamoto me regarde aussi. Il est raide.
— Tai…
— Je t’ai entendu ! Dis pas ce genre de truc avec cette tête-là !!!
— Ouais ?
Il crie encore avec vigueur, avant de s’excuser un peu plus tard.
— Non… c’est juste que t’as l’air incroyable. Vraiment incroyable. À la base, j’étais ton patient, mais après je suis tombé amoureux de toi, alors… qu’est-ce qui va se passer avec les femmes qui viennent dans ton cabinet ? Et si elles te volaient à moi ?
Je n’en peux plus. Le voir jaloux, c’est absolument adorable.
— Je peux t’embrasser ?
— T’as pas besoin de demander.
J’embrasse les joues rouges d’Iwamoto. Puis je me souviens soudain que beaucoup de femmes rejettent leur mari en plein milieu de leur grossesse. Dans les cas les plus sévères, certaines ne veulent même plus être embrassées.
— Quoi ? Non, ça va, là, me rassure mon chéri.
—
Tant mieux. Parce que quand mon mari est aussi magnifique
qu’aujourd’hui, je peux vraiment plus résister à l’envie de l’embrasser
toute la journée.
Iwamoto ressemble soudain à une énorme cerise.
— Qu’est-ce qui se passe ?
—
Non, c’est juste que… ça devient soudain tellement gênant. Désolé, je…
aujourd’hui… j’ai l’impression d’avoir à nouveau quinze ans, ou un truc
dans le genre.
C’est la meilleure réaction possible.
Je ris, puis je referme la bouche d’Iwamoto d’un baiser.
— Je t’aime, infiniment
— Moi aussi, je t’aime.
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