My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 31

 

Retour au Sommaire     


 

 

 

— Hé, Takashi ! T’es là ?
— Ah, oui ?

Je reviens à moi en entendant ma mère crier au téléphone.

— Alors comme ça… t’as toujours pas changé ton nom pour Iwamoto.
— Je crois pas, non.
— Hé, ça va ? Le blues du mariage ?

Le blues du mariage. J’ai l’impression que c’est pas aussi simple que ça, mais bon, je ne connais rien à tout ça de toute façon, alors je ne peux pas dire grand-chose.

— Ouais, t’en fais pas…
— Je vois… Mais fais attention quand même.
— À quoi ?
— Si ça continue, tu vas passer de Yuge à Iwamoto, puis d’Iwamoto à Yuge, et ainsi de suite. On dirait que le divorce, c’est héréditaire.

Je maudis rapidement ma mère, en silence, pour avoir dit ça.

Bon sang, non, je ne veux pas divorcer.

— Sois pas trop possessif, tu vas finir par le lasser, Iwamoto-san.

Cette fois, ma respiration se coupe. J’ai peur de cette étrange perspicacité de ma mère.

Elle soupire.

— On ne trouve pas quelqu’un d’aussi bien tous les jours ! T’inquiète pas. T’es encore débutant, tu devrais juste lui demander ce que tu comprends pas au lieu de te ronger tout seul dans ton coin ! La situation n'est peut-être pas aussi grave que tu le penses. Iwamoto-san n'est pas comme ton père. Il a l’air gentil, respectueux, le genre à tout te dire, pourquoi tu prends pas le chemin le plus simple : lui parler ?

Je raccroche sans répondre, les mots de ma mère résonnant encore dans ma tête. Bien sûr, bien sûr, je devrais juste demander directement à Iwamoto pour tirer ça au clair.

Comme si c’était si simple ! Pour qui elle se prend à me parler comme ça ?

— Tadaima

J’entends la voix d’Iwamoto au milieu de mes pensées chaotiques.

L’hôpital est fermé aujourd’hui, mais Iwamoto travaillait depuis ce matin. Peut-être parce que c’est un jour férié, il rentre plus tôt que d’habitude.

— Okaeri.
— T’as acheté les courses de la semaine ? demande Iwamoto.

J’ouvre le frigo pour lui montrer ce qu’il a demandé. Il a l’air content. J’aurais dû faire la cuisine aussi, mais j’avais déjà ruiné une poêle en téflon une fois, alors je me retiens de m’y remettre.

— Je vais cuisiner tout de suite.
— Oh, merci.

Chaque fois qu’on a ce genre de petites conversations, à parler de nourriture, de trucs de cuisine, mes inquiétudes semblent s’évaporer. Son attitude est toujours pleine de respect et d’amour pour moi. Quand nos regards se croisent, il sourit légèrement. Parfois, il sourit d’un air séducteur, comme s’il m’invitait à le rejoindre.

Parfois, j’ai juste envie de pleurer, sans raison.

Rien que regarder Iwamoto heureux me donne envie de pleurer.

Je me demande si j’ai déjà été aussi heureux, un jour. Même si, en même temps, j’ai peur.

J’avais toujours cru que je ne pourrais jamais atteindre le même niveau de bonheur que les autres, c’est ce qui m’avait permis de supporter la vie sombre que j’avais avant de rencontrer Iwamoto. Mais maintenant, je sais. Pas seulement le goût du bonheur humain, mais même le goût du plus haut niveau de bonheur possible. Si on me l'enlève, est-ce que je pourrais rester sain d’esprit ? Est-ce que je finirais encore pire, comme un fantôme de moi-même ? Un monstre ?

Je suis en train de me brosser les dents dans la salle de bain quand Iwamoto entre, après le déjeuner. La salle de bain fait aussi office de vestiaire, et on a un petit couloir où on a mis la machine à laver. Iwamoto va prendre un bain, alors il retire son T-shirt. Son corps est toujours un spectacle à contempler. Je me sermonne intérieurement de le suivre des yeux comme ça.

Je devrais me dépêcher et sortir.

— Takashi-san.

Iwamoto me serre par-derrière alors que je me rince la bouche à l’eau. Je manque de tout recracher d’un coup et je panique. Je fais un bruit dégoûtant et finis par tout cracher.

— Qu’est-ce qu’il y a ? je demande.

Je regarde le reflet d’Iwamoto dans le miroir au mur. Il sourit.

— Tu veux pas venir avec moi ?

J’avale une bouchée de salive tant j’ai chaud d’un coup. Je me demande si Iwamoto a remarqué que je lorgnais son corps nu en douce. Mon visage chauffe. J’aime Iwamoto. Je ne peux pas m’empêcher de le remarquer.

Ah, comme je déteste ma propre simplicité.

Je me retourne, passe mes mains autour de la taille d’Iwamoto, rapproche ma tête et suce son cou.

— Nnh… donc t’es d’accord ?

Ça a le goût de la sueur, complètement brut. Et pourtant, pourquoi ça me paraît si délicieux ? J’aimerais lécher tout son corps et le dévorer entièrement. Mais quelque chose attire mon attention. Sur la taille d’Iwamoto, il y a une tache blanche.

— C’est quoi, ça ? je demande.
— Comment ça ?
— Ça, sur ta taille ?
— Hein ? Oh… ah oui.

Iwamoto baisse les yeux vers sa taille et la touche. Il essaie de gratter avec sa paume, mais ça ne part pas. Ce sont des marques de doigts. Des doigts couverts de peinture blanche.

— Ça doit être Aizawa.

Aizawa.

C’est vrai. Le nom du type qui donne toujours de la nourriture à Iwamoto.

À l’instant où j’entends ce nom, tout le bonheur que je ressentais quelques instants plus tôt s’évapore, et les flammes d’une jalousie désagréable s’embrasent.

— C’est quoi, cette tache ?

Mon ton sort plus dur que je ne l’aurais voulu.

Pourquoi Iwamoto a-t-il cette marque de doigts, là ?

Pourquoi ce type, Aizawa, l’a-t-il touché ?

— On était en train de peindre… il faisait le clown et a soudain posé toute sa main là, parce que mon T-shirt s’était relevé quand je me suis accroupi.

J’ai l’impression de voir la scène se dérouler devant mes yeux : un homme musclé et sexy, une serviette nouée sur la tête, en train de peindre un mur. Son T-shirt remonté, laissant voir sa peau, une belle peau brune. Et son collègue qui plaisante avec lui et laisse tomber sa paume sur sa taille.

Il y a quelques semaines, je n’aurais pas été aussi énervé. J’aurais pensé la chose habituelle, ce qu’Iwamoto m’avait dit : ils rigolaient au travail. C’est normal de plaisanter de temps en temps, c’est normal de manger avec des amis. Oui, je me le serais répété encore et encore dans ma tête jusqu’à finir par y croire.

Mais maintenant, ça ne marche plus.

— Woah, y’en a partout, ça. J’espère que ça a pas taché mon T-shirt… Sale gosse !

Iwamoto farfouille dans le panier à linge, cherchant le pull à manches longues qu’il vient de retirer. L’atmosphère sensuelle d’il y a quelques minutes a disparu.

— Taichi-kun.

J’interpelle Iwamoto d’une voix plutôt basse. Iwamoto me regarde, tenant son T-shirt. Il arque les sourcils. Il doit se demander pourquoi j’ai soudain cette expression.

— Oui… ?
— Lavons-le.
— Hein ?
— Ça.
— La peinture ?

Iwamoto regarde le T-shirt dans sa main, puis moi, en alternance, et hoche la tête. Je suis sûr qu’il ne comprend pas exactement ce que je veux dire.

Bon, ce n’est pas grave. Je vais te faire comprendre tout de suite.

Je souris faiblement et l’attire dans la salle de bain, encore tout habillé.

— Aïe.

Je pousse le dos d’Iwamoto plutôt brutalement. Peu importe qu’il ait l’air confus face à la situation. Il s’écrase contre le mur de la salle de bain et écrase un porte-savon du pied.

— Qu’est-ce qui va pas ?

Mais Iwamoto ne perd pas son calme. Au contraire, il me demande d’un ton inquiet, les sourcils froncés.

Je commence à le déshabiller.

— Tu te mouilles…
— T’occupe pas de moi.

Ma réponse sort dure, même à mes propres oreilles. Pourtant, je ne m’adoucis pas. Je pousse du pied le T-shirt mouillé d’Iwamoto, tombé sur le sol de la salle de bain, dans un coin. Puis je retire mes propres vêtements précipitamment.

Iwamoto me regarde. Je le retourne. Son dos nu, hâlé, est magnifique, mis en valeur par les murs vert foncé de la salle de bain. Ses muscles sont dessinés, entraînés, ses fesses rondes et luisantes sous l’eau. Parfait. Mais il reste une trace de doigts en peinture blanche, juste au niveau de la taille.

Et je ne peux pas le pardonner.

Je ne peux vraiment pas le pardonner.

Je verse une grande quantité de savon liquide sur un gant et commence à frotter le dos d’Iwamoto. Sa taille aussi, et l’intérieur de ses cuisses. Je frotte encore et encore jusqu’à ce que la peinture se décolle de sa peau comme un autocollant.

— Ah !

Iwamoto sursaute.

Je m’arrête, réalisant que sa taille est devenue terriblement rouge.

Il est nu, le visage collé au mur, il a froid, sa taille est irritée, presque en sang. J’ai soudain terriblement honte.

Qu’est-ce que je suis en train de faire, bon sang ?

Je le serre précipitamment par-derrière pour le garder aussi au chaud que possible. Le corps d’Iwamoto tremble de froid, mais il n’a pas l’air vexé.

— C’est quoi, cette histoire de peinture ? demande-t-il.

Je ne pense pas qu’il comprenne la cause de mon irritation, pourtant il sait bien que quelque chose ne va pas chez moi.

— Désolé…, dis-je.
— Pourquoi tu t’excuses, Takashi-san ? La peinture est partie.
— Elle est partie… mais c’est tout rouge. Désolé. Ça t’a fait mal ?
— Ça va.
— T’as froid ?
— C’est chaud.

Iwamoto glousse. Son dos frissonne. Je le serre plus fort.

J’ai envie de pleurer.

C’est mauvais, vraiment mauvais. J’ai passé ma colère, ma tristesse, ma jalousie, sur lui. Ce n’était pas la faute de cette marque de doigts. J’ai rendu la taille de mon mari toute rouge, blessée.

— Takashi-san… t’es fâché contre moi ?

Merde.

J’enfouis malgré moi ma bouche dans l’épaule d’Iwamoto. Je ne suis pas fâché. Plus maintenant, du moins. Je me sens juste vulnérable. Je sais que je devrais être honnête et lui en parler, mais je ne veux pas entendre la réponse négative qu’Iwamoto pourrait me donner. Je ne veux pas que tout change, qu’il finisse par me quitter.

Ma poitrine me fait mal, j’ai l’impression que je pourrais m’effondrer à tout moment.

— Takashi-san… ça va ?

Malgré le fait, pourtant évident, que je l’ai traîné de force dans la salle de bain, baigné à l’eau froide, et frotté rudement la taille jusqu’à l’irriter, Iwamoto se retourne quand même et vérifie que je vais bien, vraiment. Il prend mon visage entre ses paumes.

Il me regarde dans les yeux, clignant des paupières, ses cils dégoulinants.

Je le fixe en retour. Les yeux d’Iwamoto sont purs. M’aimant comme toujours. Noble et doux comme personne ne l’a jamais été dans ma vie. Je me sens terriblement coupable.

Qu’est-ce que je dois faire, maintenant ?

Vraiment… est-ce que je devrais juste lui demander ce que je ne comprends pas dans son comportement ? Est-ce que ça peut être aussi simple, aussi facile que ça ?

Mon Dieu, que quelqu’un me dise par où commencer !

— Taichi-kun, je suis…

J’ouvre la bouche tandis que l’eau continue de couler, régulière. J’ai mis l’eau chaude, et le corps d’Iwamoto aussi s’est réchauffé. Je suis un peu rassuré de voir qu’au moins, il ne frissonne plus.

— Honnêtement… j’aimerais vraiment que tu portes mon nom de famille.
— Oui… ?

Iwamoto a une expression de véritable surprise face à ce changement de sujet soudain. Je continue.

— Ça ne me dérange pas d’abandonner Yuge. Et je ne me soucie pas de l’histoire de l’héritage filial, mais… je me suis dit que si ton nom de famille changeait, tout le monde saurait que t’es déjà pris. Que t’es marié. Tous tes collègues.

Iwamoto semble vouloir dire quelque chose, mais referme la bouche. C’est le genre de gars qui interrompt rarement une conversation, alors il reste juste là, immobile, à attendre que je finisse.

— Enfin, je serais beaucoup plus calme si t’avais au moins accepté ma bague de mariage, mais après, tu m’as dit qu’il fallait attendre. Pourquoi attendre ? J’essaie de me mettre à ta place, d’être patient, de te comprendre, mais la vérité, c’est que j’y arrive pas. Ça fait mal, dis-je, marquant une pause. J’ai encore envie de te faire confiance… mais j’ai du mal à le faire correctement, et je sais que ça fait de moi un salaud mauvais, égoïste, sans confiance en lui, et inutile.

Iwamoto me regarde, puis soupire.

Il se tourne vers le mur. Sans doute contrarié parce que je viens de lui dire des choses qu’il n’avait certainement pas envie d’entendre. Pourtant, je continue. J’essaie de choisir mes mots avec plus de soin, tout en laissant sortir mes pensées aussi honnêtement que possible. Je veux être très, très honnête devant Iwamoto.

— Alors aujourd’hui, quand tu m’as dit qu’Aizawa t’avait touché… j’ai été jaloux, et je l’ai passé sur toi. J’ai craqué, désolé.

Le bruit de la douche résonne dans la salle de bain. Iwamoto reste silencieux un moment de plus.

— … Oh mon Dieu, c’est vraiment mauvais, dit-il finalement, toujours tourné vers le mur, mais je vois que ses oreilles sont complètement rouges. Je crois… je crois que c’est vraiment normal que tu sois devenu anxieux. J’ai été plutôt bizarre, ces derniers temps.

J’acquiesce.

— Mais, Takashi-san, c’est pas du tout ce que tu penses…

Iwamoto penche la tête pour me regarder. Ses yeux sont teintés de rouge, humides.

— Désolé, j’ai jamais voulu que tu te sentes aussi vulnérable. C’est juste que… d’abord, tu m’as dit que t’avais pris ta décision en pensant à Haruka, à ma situation, aux trucs du travail. J’en ai été reconnaissant. J’y ai réfléchi, et je pense que t’as raison. Mais pour être honnête, la vraie raison, la vraie vraie raison pour laquelle j’ai accepté ta proposition, c’est que je suis enthousiasmé à l’idée que tu portes mon nom.

D’accord, ça, c’est inattendu.

Plus qu’inattendu ; ça veut dire quoi, ce truc-là, bon sang ?

— Je suis comme toi, Takashi-san.
— Hein… ?
— Me fais pas « hein » ! Si tu y réfléchis mieux, c’est dangereux pour toi de garder le nom Yuge, parce que les gens vont penser que t’es célibataire ! Allez ! T’es médecin, tu travailles dans un hôpital universitaire, t’es plein aux as, t’es grand, tu vis dans un beau quartier, t’as une belle voix, un beau visage…

Iwamoto s’interrompt, semblant soudain réaliser tout ce qu’il vient de bafouiller, son visage rougissant de gêne.

— Me regarde pas comme ça ! C’est la vérité ! Y’a des infirmières qui parlaient de toi quand j’étais dans la salle d’attente.

Hum, c’est manifestement un mensonge. Je pense qu’il n’y a que lui pour penser ça de moi. Enfin, pourquoi serais-je encore vierge et célibataire à trente-sept ans, sinon ?

— Je suis désolé. Je me suis emporté sans trop réfléchir. Je ne parle que de moi. Mais ah, j’ai déjà tout dit au travail. Depuis le lendemain de notre mariage, j’ai essayé de les convaincre, encore et encore. Je leur ai dit que je m’étais marié avec un homme. Et pour mon corps aussi.
— Quoi ? Sérieux ?

Encore une surprise, venant de quelqu’un qui avait autrefois hésité à ne serait-ce que toucher une serviette hygiénique.

— Ouais, mais c’est des gens têtus, ils pensent que c’est une sorte de blague. Ils m’ont pas cru, surtout pour mon corps. Alors je leur ai juste filé les brochures que le médecin m’avait données. Certains ont fini par me croire, d’autres étaient sceptiques, les autres y croyaient pas du tout. On devrait peut-être prendre une photo de mariage plus convaincante ? Ouais, et la montrer à tout le monde ! Je porterai même ce que tu veux. Un costume noir, un costume blanc, ou une robe de mariée. Ça fait exactement la même différence, dit Iwamoto d’un air timide.

Mon cerveau divague, imaginant les choses. Il serait absolument magnifique dans toutes les tenues qu’il vient de mentionner. Pas vrai ? Pas vrai ? Est-ce qu’il pourrait vraiment porter une robe ? Si c’est le cas, cette photo peut aller au diable. Personne n’a le droit de la voir.

— … Taichi-kun, dis-je nerveusement. J’ai une précision à apporter.
— Hmm ?
— Je suis encore Yuge, à l’hôpital.
— Quoi ? Pourquoi ?
— Parce que… c’est plus simple, moins compliqué. La plupart de mes collègues font pareil.
— Tu te fous de moi ! Oh, la bureaucratie de l’hôpital est si compliquée que ça ? Sérieux ? Pourquoi tu me l’as pas dit ?
— Oh, je t’avais pas dit de pas t’inquiéter pour mon nom de famille et tout ça ?
— Non. Je me souviens pas d’avoir entendu ça.

Vu comme ça, je crois qu’il a raison. J’ai peut-être omis certaines explications, tellement je me fichais profondément de ma propre situation.

— J’ai encore dit à personne au travail que j’étais marié. Seul le personnel de l’hôpital le sait.
— Quoi ? Sérieusement ?! Je peux me fâcher contre toi ? Je peux, non ?

Iwamoto se retourne.

— … Tu fais toujours ça.
— … Désolé ?
— Tu fais toujours tout selon ce qui t’arrange. Tu imagines des trucs, tu me mets des mots dans la bouche, tu fais tout un drame, et à la fin, il s’avère que tu pensais qu’à toi. Comment est-ce que mon existence pourrait t’affecter, de quelque manière que ce soit ?
— Bien sûr que c’est pas du tout ça !
— Tu voulais que j’annonce au monde entier que j’étais déjà pris, mais est-ce que tu l’as même dit à tes collègues ? Est-ce que tu leur as dit que t’étais maintenant marié à un homme ? Si je te l’avais pas rappelé, l’autre fois, ta mère serait même pas au courant…

Iwamoto coupe le robinet d’eau. Ses sourcils se froncent à nouveau, ses yeux ne me disent rien. J’arrête de respirer, parce qu’il a raison. Je n’ai jamais, pas une seule fois, parlé d’Iwamoto à mes collègues. Je panique.

— Non, non, c’est pas ça du tout ! J’étais… j’étais inquiet parce que tous mes collègues sont des connards, mais… je vais le dire, je te promets de leur dire demain !
— C’est pas possible…, grommelle Iwamoto en se grattant la tête. Refais plus jamais ça.
— D’accord.
— Imaginer des trucs stupides et…
— D’accord.
— Et pour la bague…, Iwamoto redevient sérieux. C’est juste que j’en ai déjà… euh… Je vais aller les chercher le mois prochain.
— … Quoi ?
— T’arrêtes jamais de m’acheter des trucs, même quand je te dis d’arrêter ! Je veux t’acheter quelque chose aussi, moi ! J’ai pensé qu’au moins, si j’achetais les bagues, ce serait bien… vraiment bien… J’ai mesuré la taille de ton doigt pendant que tu dormais.

Je suis stupéfait. C’est donc ça qu’il voulait dire par « attendre » ? Je n’avais jamais pensé à ça de cette façon. Je pensais que, tout ce temps, il avait changé d’avis et ne voulait plus m’épouser.

Comment est-ce que mon esprit avait pu aller aussi loin ?

— Et la viande…, Iwamoto pince les lèvres en une ligne droite. Il fait toujours ça quand il ne sait pas comment continuer. Tu aimes ça, alors quand Aizawa m’en a proposé, j’ai tout de suite accepté.

Oui, j’adore le porc. Est-ce que ça veut dire que tu voulais juste me faire plaisir ? Est-ce que tu n’as vraiment pensé qu’à moi, quand ce type, Aizawa, t’a donné le porc ?

Ma poitrine se noue.

— Hahaha…
— Ris pas !

Bien sûr, je ne me moque pas d’Iwamoto.

— Non, non… c’est juste que je suis vraiment stupide. Exactement comme ma mère l’a dit.
— Ta mère ?
— Elle a dit que comme j’avais encore peu d’expérience en relations, je devrais te parler d’abord. Elle a dit que parfois, les choses paraissent pas aussi graves qu’on l’imagine.
— Elle a complètement raison.

Iwamoto sourit enfin et me serre dans ses bras. Le retrouver ainsi fait tellement de bien.

— Mais je suis assez novice, moi aussi…

Je me rapproche encore un peu et enfouis mon nez dans le cou d’Iwamoto.

— Euh… Takashi… Maintenant qu’on est dans la salle de bain, nus… c’est agréable de discuter, mais est-ce que ce serait pas encore plus agréable de faire des choses érotiques ?

Je me lèche les lèvres sans y penser.

— Si tu me promets qu’on va vraiment continuer à avancer ensemble, à partir de maintenant…

Des gouttes tombent des lèvres épaisses d’Iwamoto. Je remets l’eau.

— Je te l’ai déjà dit, encore et encore. Je ferai n’importe quoi pour toi.



 

 

 

 

 

 

 

 

 Me contacter - Télécharger Mo Du - Mes projets 

 

Retour au sommaire 

 

 

Commentaires

Dernièrement

Silent Reading : Chapitre 115 - Verhovensky XXVI

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR

Top Ege : Chapitre 1 - Révéil étrange