My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 27
En recevant mon appel, ma mère est plutôt surprise. Enfin, ça n’a rien d’étonnant. Elle pensait que je resterais célibataire toute ma vie, alors me savoir en couple est choquant. Et avec un HMFU, en plus, une rareté sur cette terre.
— Mon fils a ramené un patient chez lui !
— Maman…
— Et maintenant il sort avec lui ! Un médecin dégoûtant, voilà ce que j’ai élevé !
— Oh, maman, écoute, s’il te plaît…
— Il s’avère que mon fils est gay !
— Eh bien, je suppose que c’est le cas.
— J’aurais dû m’en douter, vu que je sais que ta libido a toujours été extrêmement faible !
— C’est un peu dur…
— Je suis vraiment désolée !
— Maman, je t’ai déjà… attends, comment ça, tu es désolée ?
Je suis surpris qu’elle dise ça sur un ton étrangement sincère.
—
Je partais du principe que tu étais hétéro. Désolée d’avoir essayé de
te caser avec des femmes, avant, sans te demander ton avis. Oui, c’était
pas correct de ma part. C’est horrible, non ?
— Maman… ah, non, je l’ai découvert récemment moi aussi. T’en fais pas pour ça.
—
Je m’inquiète quand même. Et je tiens à toi ! Mais Dieu merci, notre
Takashi a enfin quelqu’un qu’il aime. Ça ne me dérangeais pas de ne pas
avoir de petit-enfants, mais parfois, ça me rendait triste de penser à
toi. Qu’est-ce qui va lui arriver, à ce garçon, quand je serai morte ? Là, je suis soulagée. Grand-mère aussi va être contente.
Elle pleure.
Je l’interromps :
—
Désolé de couper tes larmes, mais revenons au sujet. Je veux épouser
Iwamoto-san, donc est-ce qu’on peut passer vous voir, toi et grand-mère ?
— Comment ça, tu changes de sujet aussi vite ? Laisse ta mère profiter de ses larmes.
Et elle se remet à pleurer, même si évidemment, ce ne sont que des sanglots joués, exagérés.
— Maman…
— C’est bon, c’est bon… vous pouvez venir. En plus, être à la retraite, c’est mortellement ennuyeux.
— Alors la semaine prochaine, du coup.
— Non, demain. On pourra déjeuner ensemble.
— C’est pas un peu précipité ?
—
Quoi ? Je veux rencontrer ton homme au plus vite. Plus vite je vous
donne ma bénédiction à tous les deux, mieux c’est. Crois-moi, me voir
vous portera chance. Je rajeunis pas, chéri. Et je deviens pas plus
patiente non plus.
C’est un peu effrayant qu’elle ait déjà largement dépassé la soixantaine. Je suis toujours étonné par sa franchise, son honnêteté, sa clarté. C’est peut-être l’image parfaite d’une femme qui a vécu sa vie exactement comme elle l’entendait, laissant son intelligence et sa bonté naturelle la guider. C’est rafraîchissant, mais bruyant.
— D’accord, d’accord. Arrête de parler.
— Je m’arrêterai pas ! Je suis tellement heureuse que mon fils unique amène enfin son partenaire !
L’emploi du temps est donc fixé.
On aimerait vraiment inviter la sœur d’Iwamoto aussi. Comme tout s’est décidé si vite, elle n’est bien sûr pas encore au courant de nos projets de mariage. Haruka a déjà ses propres plans, elle part en voyage avec ses amies pour fêter son diplôme. En plus, ces dernières semaines, la petite a aussi commencé un travail à temps partiel.
Enfin, chez Haruka, ce n’est qu’à une heure de train, donc on pourra y aller une fois que les choses se seront calmées.
— Désolé, tout s’est enchaîné d’un coup, dis-je, un peu déçu.
Ah, comment est-ce qu’Iwamoto m’a décrit à sa sœur, au juste ? Elle avait l’air super excitée, tout à l’heure. J’ai peur qu’elle ait de grandes attentes envers moi, et je crains qu’elle soit terriblement déçue quand on se rencontrera.
Mais le lendemain, je vais quand même chez ma mère avec Iwamoto.
Ma mère vit dans une grande résidence, juste à côté de chez ma grand-mère paternelle et de quelques commerces de proximité plutôt animés. Sa relation avec mon père, depuis le divorce, est quasiment inexistante, mais ma mère a toujours dit que ce que mon père avait fait n’avait rien à voir avec grand-mère.
Toutes les deux sont si proches qu’elles poussent un cri en nous voyant, Iwamoto et moi, sortir de la voiture.
— Un bel homme !
— Un bel homme !
— Maman ! Mamie ! Arrêtez de pointer Iwamoto du doigt comme ça ! C’est impoli.
— Mais c’est… C'est vraiment le petit ami de notre Taka ?
— T’as un joli corps, mon garçon ! Tellement différent de mon fils. Et t’as l’air tout jeune !
— Bon ! Bon ! On a compris ! Taisez-vous, toutes les deux ! On est dehors.
Je comprends totalement leur excitation. Iwamoto est bien trop bien pour être l’amant de quelqu’un d’aussi simple que moi, mais ce quartier est très peuplé. Leurs voix résonnent dans l’air.
Iwamoto, de son côté, sourit, les yeux plissés.
— C’est un honneur de vous rencontrer enfin toutes les deux, je suis Taichi Iwamoto.
— Chikako, tu as entendu ça ?
Ma grand-mère, soixante-dix ans, est complètement charmée par la voix grave et magnifique d’Iwamoto.
— Mamie, arrête d’agiter ta canne dans tous les sens !
On s’installe tous dans le salon de thé. En écoutant le récit de la vie d’Iwamoto, ma mère et ma grand-mère laissent échapper un long soupir. Une histoire familiale plutôt brève, et tragique, en effet.
Puis ma mère tourne les yeux vers moi. Son visage pâle et fin, semblable au mien, me lance un regard qui semble comprendre pourquoi je suis à ce point amoureux d’Iwamoto. Je me sens coupable. J’ai posé la main sur un de mes patients, et ce sera très gênant si elle creuse le sujet plus profondément.
— Au fait, Iwamoto-san, c’est vrai que tu peux donner naissance à mes arrière-petits-enfants ? demande soudain ma grand-mère, se penchant en avant, une étincelle dans les yeux.
Elle vient tout juste de tomber sous le charme de la virilité d’Iwamoto, et la voilà déjà à espérer un arrière-petit-fils !
—
Mamie ! On ne demande pas ce genre de choses. C’est impoli. T’as oublié
que j’ai fait une fausse couche, après avoir eu Takashi ? C’est un
sujet délicat. Et on ne sait même pas si Iwamoto-san veut avoir un
enfant ou pas. Je suis vraiment désolée, Iwamoto-san.
— Non, c’est
bon, dit Iwamoto en souriant à ma mère et à ma grand-mère. Avant, ça me
semblait une idée terrible, effrayante. Mais ces derniers temps, j’y
pense beaucoup, moi aussi. J’aimerais avoir des enfants avec sensei.
Même si, bien sûr, c’est à Dieu de décider si je pourrai accoucher sans
danger ou pas.
Je reste silencieux, tout comme ma grand-mère. C’est la première fois que j’entends Iwamoto dire ça.
Dieu, oui, Dieu est le seul à savoir ce qui touche à la vie et à la mort.
Je suis médecin, gynécologue-obstétricien qui plus est, donc j’ai plutôt l’habitude de ne pas faire confiance à Dieu quand il s’agit d’accouchement et de bébés.
Pas une seule fois je n’avais imaginé qu’Iwamoto parlerait d’enfants. Oh, mon visage me brûle. Je suis étrangement, extrêmement heureux d’entendre ça.
Ma mère nous regarde, puis ouvre la bouche.
— Iwamoto-san dit qu’il veut un bébé de toi, mais il t’appelle encore sensei ? Waouh, c’est vraiment cochon !
— Non non non, pas encore, maman !
Voilà pourquoi je déteste que ma mère rencontre des gens. J’aimerais qu’elle apprenne à garder certaines choses pour elle.
— C’est un peu bizarre, je sais. Euh, Takashi ?
Et Iwamoto, lui aussi, se met à jouer le jeu de ma mère. Je reste sans voix. J’ouvre la bouche, puis la referme aussitôt. Bien sûr, je suis très heureux d’entendre ça, mais ça devrait rester pour quand on est seuls, au lit.
Excité de voir ma réaction gênée, Iwamoto en rajoute une couche en me lançant un regard séducteur et coquin, sans se soucier de la présence de ma mère et de ma grand-mère.
— Takashi-san, appelle-moi par mon prénom aussi.
Qu’est-ce que tu racontes, c’est impossible ! Tout le monde dans cette pièce sait très bien que je suis bien trop lâche pour faire ce genre de truc en public…
— Taichi.
Merde.
— Je t’aime, Takashi.
— Moi aussi, je t’aime.
Iwamoto rit.
— Wow, ça c’est fort. Qu’est-ce que tu lui as fait, à ce pauvre garçon, Iwamoto-san ? Il a l’air complètement perdu.
Les mots de ma grand-mère me font à nouveau chauffer le visage. Je ne supporte plus ça, je veux disparaître. Je veux quitter cet endroit tout de suite.
— Iwamoto-san, vous avez complètement changé notre Takashi.
— Ouais, c’est agréable.
— Au fait, Iwamoto-san, puisque tu vas devenir notre gendre, vous allez avoir une fête pour le mariage, hein ?
— Mamie, ça non plus, on demande pas !
On discute encore un peu avant d’aller tous ensemble manger dans un restaurant chinois à moins d’un demi-pâté de maisons. Ma mère avait réservé une table dès la veille, je lui avais mentionné qu’Iwamoto aimait beaucoup la cuisine chinoise traditionnelle. Le temps qu’on arrive là-bas, les trois étaient déjà devenus de grands amis.
— Iwamoto-san, j’ai plein d’idées si vous voulez un mariage ! crie ma mère en revenant du restaurant chinois, alors qu’Iwamoto et moi sommes déjà dans la voiture, prêts à rentrer. Dites-moi n’importe quoi, je vous aiderai, c’est certain !
Combien de fois est-ce que je lui ai dit d’arrêter de crier en public ?
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