My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 19

 

Retour au Sommaire        


 

 

 

 

 

 

Quelques semaines plus tard, j’ai enfin préparé tout ce qu’il me faut pour parler à Iwamoto.

À présent, je l’attends, assis, le temps qu’il sorte de la salle de bain.

La période chargée est enfin terminée, m’a-t-il dit ce matin avec un visage rayonnant. Il a congé demain. Je ne veux pas le retenir tard le soir ni gêner son travail, alors c’est l’occasion idéale.

Les journées deviennent plus froides. Ces derniers temps, il a commencé à porter un T-shirt avec un blouson. Ce blouson marron n’a rien d’extraordinaire, mais il lui va incroyablement bien.

Bon sang. Comme j’aime le voir sourire dans ce blouson sous la lumière du matin.

Iwamoto est peut-être la plus belle créature qu’il m’ait été donné de voir de toute ma vie.

Personne n’a jamais happé mon regard ainsi. Et personne ne le fera jamais plus.

J’étale quelques papiers sur la table de la salle à manger et regarde autour de moi.

Devant la grande télévision, il y a ce canapé en cuir gris foncé, beaucoup trop large pour une seule personne. Depuis que j’ai pris conscience de mes sentiments, je n’ai plus osé m’asseoir à côté d’Iwamoto.

Je me souviens de l’avoir choisi dans un magasin de meubles, persuadé, avec un entêtement presque naïf, qu’Iwamoto et moi continuerions longtemps à nous asseoir côte à côte dessus.

Comme j’étais innocent, à l’époque.

Ce souvenir me répugne presque plus qu’il ne m’attendrit.

Je préfère m’asseoir sur une chaise de la salle à manger et regarder distraitement Iwamoto regarder la télévision. De temps en temps, il plisse le nez, tourne la tête vers moi et rit. Il commente parfois telle célébrité, telle autre, ou lance quelques remarques sans importance.

Le voir heureux me suffit.

Heureusement aussi, depuis que j’ai pris conscience de l’étrangeté de mon obsession pour lui, je n’ai plus eu l’occasion de le toucher. Ses dernières règles, qui viennent juste de se terminer, ont été relativement légères. Il ne m’a pas demandé de massage.

Tant mieux. Je ne sais même pas quelle tête j’aurais faite.

Une fois encore, je baisse les yeux vers les documents devant moi.

Voilà ce que j’ai passé plusieurs semaines à chercher.

Une maison, rien que pour Iwamoto.

Quelque chose d’assez bon marché, spacieux, agréable, proche de son travail.

Je vais lui montrer ça et lui dire de partir d’ici.

Trouver la force de lui dire m’a pourtant pris presque un mois.

Peut-être qu’au fond de moi, j’espérais encore passer le plus de temps possible avec lui. La chaleur qu’il laisse sur le canapé, le parfum de son odeur quand nous nous croisons, ces journées heureuses que je n’oublierai jamais.

Je veux continuer à goûter ce nectar qui tombe de lui comme une pluie fine dans un bol.

Mais mon désir pour lui n’a fait qu’augmenter.

Je rêve d’Iwamoto tous les jours.

Rien que voir ses vêtements dans la corbeille à linge m’excite.

Il me trouble partout dans cette maison.

Le bruit de sa douche. Le son du futon qu’il étale dans sa chambre.

Mes oreilles, tous mes nerfs, le suivent malgré tous mes efforts pour l’en empêcher.

Voilà. C’est fini. Il faut arrêter.

Continuer à vivre ensemble ne sera bon ni pour lui, ni pour moi.

J’entends la porte de la salle de bain s’ouvrir.

Il se change. Il va arriver.

Dans la cuisine, il y a maintenant plein d’ustensiles que je ne sais pas utiliser. Un autocuiseur rouge, un mixeur, une essoreuse à légumes. Je les ai achetés parce qu’Iwamoto me l’avait demandé. Le repas d’aujourd’hui était encore délicieux. Il a préparé un ragoût de porc à l’autocuiseur, une recette qu’il a apprise de la femme de son ancien patron.

Il s’était souvenu que je lui avais dit aimer ça.

Soudain, je suis terrifié.

Je ne veux pas. Je ne veux pas de ça.

Je veux faire comme si tout cela n’avait jamais existé.

Jeter ces foutus papiers. Les oublier.

Et continuer à traiter Iwamoto comme je l’ai toujours traité.

Oui. Qu’est-ce qui ne va pas avec ça ?

Est-ce que mes rêves font réellement du mal à quelqu’un ?

Personne ne sait que je me console en imaginant Iwamoto nu.

Je devrais simplement me taire.

Je veux encore être avec lui.

Je peux encore… Peut-être qu’il n’est pas trop tard pour…

— La salle de bain est libre, sensei.

Mais à l’instant où je vois le visage d’Iwamoto, je comprends qu’il faut absolument que je le fasse partir.

— Hé, sensei, qu’est-ce que tu fais ? Tout va bien ?

Comme d’habitude, il s’approche de la table avec une serviette sur la tête. Il me regarde sous sa frange mouillée. Il semble sincèrement surpris de mon état.

Quelle tête ai-je, exactement ?

Avant même de m’en rendre compte, je n’arrive plus à le regarder dans les yeux.

— … Sensei ?

Mais j’ai pris ma décision.

— J’ai quelque chose à te dire, Iwamoto-san.

Je le lui dis tandis qu’il reste debout près de la table.

— Qu’est-ce qu’il y a, sensei ?

Iwamoto penche la tête et m’observe, sans doute inquiet.

— Hein ? C’est quoi, ça ?

Il ramasse les papiers que j’avais froissés sur la table.

— C’est une annonce immobilière.

Son mouvement se fige.

Il doit commencer à comprendre ce que j’essaie de lui dire.

— Iwamoto-san…

Il regarde à nouveau les documents qu’il a ramassés, sans bouger.

Je ne distingue pas bien son visage à cause de la serviette sur sa tête.

Des gouttes tombent de ses cheveux noirs et roulent sur ses joues.

— Je suis désolé de te dire ça aussi soudainement, surtout après t’avoir demandé de venir vivre avec moi… mais j’ai besoin que tu partes.

Iwamoto ne réagit toujours pas.

— Évidemment, tu n’es pas obligé de partir tout de suite, repris-je. Et celle-ci… j’ai trouvé une maison vraiment bien. Je la paierai. Elle te plaira, elle est simple, avec une grande salle de bain. Et elle est proche de l’entreprise où tu travailles maintenant.

Son silence m’angoisse.

Est-ce qu’il est en colère ? Ce serait normal.

— Ah, ce n’est pas toi. Tout ce que tu cuisines est délicieux, j’ai adoré vivre avec toi. Et puis… ce n’est pas ce que tu voulais dès le départ ? Avoir enfin ta propre vie ? Désolé d’avoir interféré avec ça. Il n’y a rien qui cloche chez toi. C’est juste moi… j’ai des raisons personnelles…

Je n’ai plus aucun contrôle sur moi-même et j’ai peur de faire quelque chose de stupide, parce que je suis tombé amoureux de toi.

Merde.

Je commence à hyperventiler.

— Je suis désolé…

Finalement, je m’accroupis, le souffle court.

Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ?

Je peux rester debout huit heures pendant une opération sans problème, et là, je me sens comme un élève de primaire en train de s’évanouir d’anémie pendant le discours interminable du directeur à l’assemblée du matin.

Iwamoto, qui n’avait pas bougé d’un centimètre jusque-là, se penche vers moi.

Je sens sa paume chaude dans mon dos.

— Sensei, ça va ?
— Ah, oui. Ça va.
— Je dois appeler une ambulance ?
— Non, non. Pas besoin.

Sans blague. S’il appelle une ambulance ici, je finirai forcément dans l’hôpital où je travaille. Shimabukuro se moquera de moi pendant dix ans.

— Tu es sûr ?
— J’ai juste un léger malaise vagal avec hyperventilation.
— Quoi ? Je comprends rien ! Dis-le avec des mots normaux !
— Je suis juste une boule de nerfs, c’est tout. Ça va passer très vite.

Formidable.

Je suis pathétique.

Qu’est-ce que je raconte, à voix haute ?

— Une boule de nerfs ?
— Oui…
— Donc ça va aller ?
— Oui.
— Heureusement… J’ai eu tellement peur. J’ai cru que tu avais une maladie grave et que tu allais mourir.
— Je suis désolé.

J’ai le visage en feu.

— Je m’inquiète pour toi, sensei. Viens, assieds-toi sur le canapé.
— Merci.

Iwamoto m’aide à me relever et m’installe sur le canapé.

Je n’ose plus lever la tête. C’est trop humiliant.

Il reste debout près du canapé, me regarde en silence pendant un moment.

— Sensei… est-ce que je peux… ? Est-ce que je peux te demander pourquoi tu veux que je parte ?

Je savais que ça viendrait.

Qu’est-ce que je peux bien lui dire ? Je ne trouve aucun prétexte correct.

J’envisage d’en inventer un, mais j’aimerais éviter de mentir plus que nécessaire. J’ai imaginé plusieurs scénarios, selon que je lui donne une raison ou non. Si je refusais de lui en donner une, je suis sûr qu’il ravalerait sa déception et finirait par me pardonner. J’ai même le sentiment qu’il serait soulagé par mon brusque revirement, qu’il me laisserait partir sans insister.

Je ne pense pas qu’il tienne tant que ça à continuer à vivre avec moi.

Je prends une grande inspiration.

Je lève les yeux, prêt à…

— Non, non, non, c’est bon ! Tu n’as pas besoin de le dire ! Ne le dis pas. Je sais. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie d’entendre. Hahaha.

Iwamoto panique.

Je me demande si je l’imagine, ou si c’est vrai, mais son visage devient complètement blanc.

— C’est à cause d’une femme, c’est ça ? Je comprends. Je t’ai vu acheter des préservatifs, il y a quelques semaines.

Ses paroles sonnent faux.

— Tu vas bien ?

Je n’ai pas de petite amie.

En réalité, ce que je veux maintenant, ce serait plutôt un petit ami. Mais laisser traîner ces préservatifs était visiblement une erreur monumentale.

— Tu ne peux pas… la faire venir ici si je suis là, hein ? Hahaha, c’est normal. Je savais bien. Oui, j’étais sûr que ça finirait par arriver un jour.

Je suis tellement surpris que, pendant un instant, j’oublie tout le reste.

Je regarde Iwamoto.

Il rit, mais son visage est troublé. Comme s’il faisait tout ce qu’il pouvait pour ne pas éclater en sanglots.

Il a l’air blessé, malgré ses mots légers et son rire.

Iwamoto est un homme terriblement honnête. Il rit quand il est heureux, hausse les sourcils quand quelque chose le contrarie. C’est la première fois que je vois ses paroles et son expression ne pas coïncider du tout.

Je m’inquiète. Il est mauvais menteur.

Je crois que je l’ai blessé.

— Non, non. Je n’avais jamais touché un préservatif normal, alors j’étais juste curieux.

La situation m’emporte et je me mets à dire des choses que je ne devrais pas dire.

Je ne sais même pas ce que je viens de lâcher. Je suis beaucoup trop honnête.

Iwamoto reste interdit.

La ride entre ses sourcils s’efface un instant, mais il a toujours l’air troublé.

— Alors… pourquoi ? Je… je peux te donner plus d’argent. Est-ce que la nourriture était trop relevée ? Si tu préfères quelque chose de plus léger, alors je… je le ferai. N’importe quoi. Dis-moi, s’il te plaît.
— Non… comme je l’ai dit, il n’y a rien qui ne va pas chez toi. Ta cuisine est délicieuse et je t’en suis très reconnaissant. Merci de cuisiner pour moi tous les jours. Mais…
— Oh, c’est parce que je me lève trop tôt ? Je fais trop de bruit ? Je… je me réveille tôt parce que je me couche tôt aussi… mais je peux, je peux rester enfermé dans ma chambre jusqu’à une heure plus convenable, ou…
— Iwamoto… Hé, Iwamoto-san.

Je comprends enfin que sa réaction n’a rien à voir avec ce que j’avais imaginé.

À ma grande surprise, il éclate en sanglots.

Il me regarde. Il me supplie. Il s’accroche à moi.

On dirait qu’il va s’effondrer si je ne le retiens pas.

Il ne supporte pas que je reste silencieux.

Je suis un imbécile. J’aurais dû le comprendre depuis le début.

Tous ses gestes. Toutes ses expressions.

Il semblait m’aimer aussi, mais je manquais tellement de confiance en moi que je n’ai jamais osé y croire complètement.

Il vivait avec moi, il était à l’aise avec moi. Il avait toujours l’air heureux et lumineux.

Il a pleuré devant moi.

Est-ce que c’est ça, la réponse ?

Et pourtant, une peur atroce demeure.

Et si je me trompais ?

Que penserait une personne normale si un type aussi sinistre que moi allait soudain lui dire qu’il l’aime ?

Il serait écœuré, forcément.

Même s’il n’éprouvait pour moi qu’une amitié sincère, il prendrait immédiatement ses distances pour empêcher que ça aille plus loin.

Iwamoto est hétéro.

Il m’a fait confiance comme à son médecin. Il m’a montré son corps.

Pour lui, mon amour ne serait qu’une trahison brutale.

Et pire encore, s’il apprenait que la racine de cet amour vient aussi d’un désir bas, d’un sentiment de supériorité ?

S’il comprenait que l’aide que je lui ai apportée est entachée de cette satisfaction égoïste, il me haïrait.

Il n’y connaît rien, lui. Il veut juste continuer à vivre avec moi.

C’est un gamin, il a peur de se retrouver seul.

Moi aussi, j’ai envie de pleurer.

Pourquoi est-ce que je ne peux pas me contenter de son amitié et de sa confiance sincère ?

Oui, je connais la réponse.

Parce que je crève de faim de lui.

Personne, en dehors de ma famille, ne m’a jamais désiré.

Je ne sais pas jusqu’où je peux avancer. Je ne sais pas comment arrêter ce désir.

— Iwamoto-san.

J’abaisse la voix.

Iwamoto ferme la bouche.

— Je vais te dire pourquoi je ne peux plus vivre avec toi.

Il n’y a plus aucune raison de garder ça pour moi.

Je prends une grande inspiration.

C’est trop difficile à dire en le regardant droit dans les yeux.

— Je t’aime, Iwamoto. Je suis amoureux de toi.

 

 

 

 

 

 

 

 Me contacter - Télécharger Mo Du - Mes projets 

 

Retour au sommaire 

 

 

Commentaires

Dernièrement

Silent Reading : Chapitre 115 - Verhovensky XXVI

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR

Top Ege : Chapitre 1 - Révéil étrange