My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 14

 

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Je viens d’acheter un préservatif pour la première fois de ma vie.

L’emballage rouge vif est bien plus sophistiqué que ce que j’imaginais.

Fabriqué au Japon, avec une texture, apparemment ?

Pourquoi est-ce que j’ai acheté ça, soudainement ? Aucune idée.

Je n’ai pas l’intention de l’utiliser de sitôt. Peut-être par pure curiosité.

C’est juste arrivé.

En traversant la pharmacie, en jetant dans mon panier du fil dentaire, du dentifrice, du gel douche et un désodorisant, je suis passé devant un rayon rempli de lotions, de préservatifs, de tests de grossesse et de médicaments contre les maux de tête.

Au début, je n’ai même pas remarqué ces paquets rouges, dorés, bleus, ou ceux, franchement ridicules, avec des papillons sur fond noir.

En regardant de plus près, j’ai compris.

Des préservatifs. Des vrais.

Rien à voir avec ceux que j’utilise à l’hôpital.

Parmi les différentes marques, j’en ai reconnu une. La même que celle utilisée en milieu médical.

Un préservatif reste un préservatif.

Mais qu’est-ce qu’il y a à l’intérieur ?

Y a-t-il autre chose que la réserve à l’extrémité pour le sperme ?

La curiosité m’a pris.

J’ai jeté un coup d’œil à la caisse. Un vieil homme. Parfait.

J’en ai pris un. Payé par carte. Il l’a rangé dans un sac en papier brun avec le reste.

Et, étrangement, je me sentais bien.

Je me suis souvenu d’un texte célèbre disant que coucher avec la personne qu’on aime laisse un goût d’agrumes dans la bouche.

Je me suis mis à rire, seul, sur le parking.

Impossible pour moi de savoir si c’est vrai.

Cela fait deux mois que je vis avec Iwamoto. On a commencé en été. Et maintenant, c’est déjà l’automne.

Les matins et les soirs sont froids. Je vais devoir sortir mes manteaux.

Iwamoto, lui, est toujours en T-shirt. Il ne porte plus de débardeurs, mais à part ça, c’est comme si l’été flottait encore autour de lui.

Je lui demande toujours avant d’allumer le chauffage. Il ne se plaint jamais. Son métabolisme doit être différent.

Iwamoto est quelqu’un de tolérant. Courageux. Doux. Patient.

Il m’avait dit, au restaurant chinois, que ses variations d’humeur pouvaient venir du SPM. Je ne l’ai jamais vu irrité.

Mais pendant ses règles, la douleur abdominale et dorsale le met vraiment à mal.

Je me souviens de la première fois où j’ai posé la main sur son ventre. Le jour du déménagement.

Depuis, c’est devenu mon rôle.

Le réchauffer, le masser, quand la douleur est trop forte.

Je n’ai aucune compétence en massage. Aucune légitimité. Mais je profite quand même de cette excuse.

— Ah… ça fait du bien…

Ses épaules se relâchent. Son grand corps musclé s’étale sur le canapé.

Ses sourcils, habituellement sévères, se détendent. Ses lèvres épaisses s’étirent en un léger sourire.

Son dos se soulève et s’abaisse à chaque respiration. Un corps entraîné, sous un T-shirt blanc propre.

Ça ne devrait rien avoir de sexuel et pourtant, je me sens coupable rien qu’en le regardant.

Ce n’est pas comme caresser un chien dans un parc.

Là, ma main est guidée par autre chose. Un plaisir, mêlé de culpabilité.

— Ça fait toujours un peu mal au début… désolé.
— Ce n’est rien.
— On retourne au restaurant chinois ?

— J’aimerais bien. C’était bon.
— Ou mexicain ?
— On peut tout mélanger dans un énorme bol.
— Dégoûtant.

Il rit. Et la vibration traverse ma main.

En réalité, mes patientes se plaignent rarement de douleurs menstruelles.

Mais chez lui : douleurs fortes, sueurs, saignements abondants. Ça me fait penser à une endométriose.

— Tu as d’autres symptômes ?
— Hein ?
— Constipation ? Des traces sur tes sous-vêtements hors période ?

— Oui… au début.

Je lui avais expliqué pour les sécrétions.

— Avant, j’étais constipé… maintenant, ça va. Parfois, il y a un liquide clair aussi. Mais j’ai lu que c’était normal, non ?

Il le dit naturellement. Sans gêne. Comme s’il commençait à l’accepter.

Mais je sais que ce n’est pas si simple.

Il a vécu comme un homme «classique » toute sa vie. Je sais combien ça lui a coûté d’en arriver là.

Je me demande s’il est encore inquiet. Moi, je le suis toujours.

— C’est agréable de vivre avec un médecin comme toi, sensei. On dirait que je n’ai même plus besoin d’aller à l’hôpital.

Il rit. Plisse le nez. Regarde ailleurs.

Peut-être gêné.

Je n’arrive pas à répondre. Je ne sais pas comment réagir quand il me dit ça.

Alors je me contente de souhaiter, silencieusement, que sa vie s’améliore. Qu’elle s’améliore forcément.

Avant d’acheter ce préservatif, j’ai aussi pris un café chaud.

J’ai toujours trouvé que le café Starbucks avait l’air bon, mais je ne savais ni comment commander, ni les prix.

J’avais peur de paraître ridicule. Tout le monde commande vite, sans hésiter.

Je ne voulais pas briser cette sorte d’ambiance fluide avec ma maladresse.

Mais comme un Starbucks a ouvert près de l’hôpital, j’ai demandé à Shimabukuro.

Finalement, c’était simple. Et le café, pas si bon.

Il ne valait pas le prix payé, en tout cas.

Ensuite, j’ai profité du temps qu’il me restait.

Un coiffeur. Une nouvelle monture de lunettes. Du pain. Et ce préservatif.

Pourquoi acheter quelque chose que je n’utiliserai pas ? C’est suspect.

Ridicule.

Peut-être que le caissier l’a remarqué. Je suis vierge. Et probablement étrange, vu de l’extérieur.

Mais après tout, j’ai le droit d’acheter ce que je veux.

Des ciseaux juste parce que la poignée est jolie. Des pommes de terre pour le design du sac. Parier sur un cheval parce que j’aime sa crinière. Acheter un vélo. Des rollers.

Et aujourd’hui, un préservatif.

Alors je l’ai acheté.

Je rentre chez moi avec l’envie de dormir pendant des siècles.

— Enfin de retour, sensei. Tu en as mis du temps.
— J’ai fait quelques courses.
— Parfait. Tu as pris le gel douche habituel ? J’avais oublié d’en acheter. Merci.
— Ce n’est rien.

Il sent bon.

Je pose les sacs. Range tout.

Puis, dans la salle de bain, je serre le sac presque vide.

Le préservatif.

Je le mets où ? Il n’y a aucun endroit logique.

Iwamoto me regarde, un bol d’udon à la main.

— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Rien… je crois, répond-il.

Il détourne vite la question en posant les udon.

Mais quelque chose a changé.

Après le repas, il va directement se laver. Il m’évite toute la soirée.

Même pas de canapé. Même pas de moment ensemble.

Quelque chose ne va pas. Et ça m’inquiète.

Je suis nerveux.

 

 

 

 

 

 

 

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