My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 12
— Iwamoto, arrête.
— Mais j’ai l’impression de ne servir à rien si je reste sans bouger.
— Mais qu’est-ce que tu racontes ? Repose-toi ! Les déménageurs s’occupent de tout. Tu n’as pas à t’inquiéter.
— D’accord… De toute façon, ça commence à faire mal.
Iwamoto se replie sur le futon qu’il vient à peine de déballer. Son visage est d’une pâleur inquiétante.
— C’était une mauvaise idée de déménager aujourd’hui ?
—
Non, au contraire. C’est une bonne journée. Tu sais pourquoi ? À partir
d’aujourd’hui, je pourrai me laver seul, quand je veux.
Il rit, mais ses yeux se ferment.
Les règles d’Iwamoto viennent de recommencer. La douleur semble particulièrement forte, peut-être parce que c’est le début ou parce qu’il s’est trop fatigué aujourd’hui.
Je pose un antidouleur au sol et lui tends un verre d’eau.
Cette pièce sera la sienne.
Toutes ses affaires ont déjà été installées sans difficulté. Comme il l’avait dit, il n’en possède pas beaucoup.
Quand il a vu l’appartement pour la première fois, il s’est illuminé en découvrant la grande salle de bain carrelée de bleu, avec une baignoire. Il doit aimer les bains.
Aujourd’hui, il ne pourra probablement pas s’immerger, mais même une douche devrait lui faire du bien.
Son visage se tord soudain de douleur. Il se redresse.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— C’est comme la dernière fois, dans ton cabinet… J’ai l’impression que ça coule plus.
Je devrais peut-être lui donner des serviettes ?
J’ouvre son sac, celui avec son nom dessus… et tombe sur un sac en papier brun très familier.
— Ça va, pas besoin ! s’écrie-t-il brusquement, affolé.
Il se précipite vers moi, le visage rouge.
— Merci, sensei.
— Hein ?
Si je ne me trompe pas, ce sont les protections que je lui avais données.
Pourquoi est-ce qu’il réagit comme ça alors que c’est moi qui les lui ai offertes ?
— Tu vas bien ?
Il ne répond pas. Il file directement dans la salle de bain, sac en main, et claque la porte.
… Bon.
Je ne peux pas l’aider pour ça.
Peut-être que, de son point de vue, mon comportement est étrange. Intrusif.
Est-ce que c’est possible ?
Il y a encore beaucoup à faire dans l’appartement.
Ranger la vaisselle. Installer les placards. Brancher l’ordinateur, le Wi-Fi. Vérifier l’alarme. J’aimerais aussi organiser les affaires d’Iwamoto, mais est-ce qu’il se vexerait si je touche à ses affaires sans demander ?
D’ailleurs, dès demain, il doit travailler sur un chantier de centre commercial.
Est-ce qu’il va tenir avec la douleur ?
Je pense à tout ça en parcourant l’appartement, et sans m’en rendre compte, j’ai déjà terminé.
Mes affaires à moi ne sont pas beaucoup plus nombreuses que les siennes.
Je n’aurais jamais cru qu’un jour, je souhaiterais en avoir davantage, juste pour rendre un endroit plus chaleureux.
Une fois les étagères et l’éclairage terminés, je m’assieds sur le canapé, face à la télévision toute neuve.
On l’a choisie ensemble. Un modèle large et solide. Pour deux hommes.
La nuit tombe dehors.
Avant de sortir faire quelques courses, je vais frapper à sa porte, laissée entrouverte.
— Iwamoto ?
— Ah… sensei…
Il sort la tête du futon. Plisse les yeux, comme si la lumière lui faisait mal.
— Je ne pensais pas m’endormir aussi longtemps…
Je suis soulagé. Son expression est plus détendue. Le pire semble passé.
— Ça va ?
— Oui… dormir m’a fait du bien.
Il découvre son corps. Sa taille fine brille sous le tissu de son sweat et de son T-shirt. Sa peau est vraiment belle.
Sans m’en rendre compte, je me retrouve accroupi à côté de lui. Ma main se pose sur son ventre.
C’est chaud. Un peu gonflé.
— Ah…
Il laisse échapper un souffle.
Et moi, je reviens brutalement à moi-même. Combien de fois vais-je refaire la même erreur ? Je le touche trop. Trop facilement.
Je m’apprête à retirer ma main, mais sa voix m’arrête.
— Ça va ?
Il me regarde. Sourit. Toujours ce sourire.
Le sang me monte aux joues.
— C’est un peu gonflé… mais c’est normal.
— J’ai chaud.
Il est dans la pièce la plus exposée au soleil, couvert de vêtements. Il sent la sueur.
Et pourtant, ça ne me dérange pas.
Sa main se pose sur la mienne.
— Là… c’est mieux quand tu touches ici.
Sa voix est basse. Si douce.
S’il me parlait toujours comme ça, je crois que je ferais tout ce qu’il me demande.
— Tu veux que je reste là ?
— Ça fait encore mal…
Sa voix tremble légèrement.
Je fais glisser mes doigts sur ses abdominaux, suivant les courbes de son corps.
Qu’est-ce que je suis en train de faire ?
— Mm…
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Sensei… tu es vraiment doué pour ça.
Être complimenté pour ce genre de chose me perturbe encore plus.
Comment en suis-je arrivé là ? Comment est-ce que je peux apaiser quelqu’un juste en étant moi-même ?
Sa chaleur me submerge. J’ai déjà touché le ventre de nombreuses femmes enceintes. Mais là… c’est différent.
— Tu fais pareil avec tes patientes ?
— Non.
Ni avec elles. Ni avec qui que ce soit.
Iwamoto rit. J’aime le voir comme ça.
— Ah… merde… désolé.
Il se retourne brusquement, me tourne le dos, se redresse.
— Merci, sensei… mais ça recommence à faire mal…
— Tu veux prendre une douche ? J’ai mis du savon et du shampoing. L’eau est chaude.
— Tu ne veux pas y aller d’abord ? Tu as passé la journée à tout ranger.
— Non, ça va. J’irai après. Je dois sortir acheter des choses.
— D’accord.
— Tu veux manger quoi ?
— Pas très faim… mais… des udon ?
— Très bien, je vais en acheter.
Il m’arrête avant que je sorte.
— Attends.
— Oui ?
— Pour la nourriture.
— Tu n’as pas besoin de me donner de l’argent.
— Si. S’il te plaît.
Sa voix est dure.
— Tu as payé le loyer, l’électricité, l’eau, internet… et moi, je n’ai rien fait. J’ai l’impression de ne servir à rien. Arrête de me traiter comme ça.
… Oui. C’est vrai. Ce n’est pas quelqu’un qui accepte ça.
J’ai été trop enthousiaste. Je n’ai pas réfléchi.
— D’accord. Juste cette fois.
Le billet est important. Je le lui rendrai plus tard, discrètement.
— Ce ne sera pas juste cette fois.
Il sourit. Mais ses yeux ne sourient pas.
— Très bien. Alors tu t’occupes de la nourriture à partir de maintenant.
Là. Son vrai sourire revient. Celui que j’aime tant.
— J’y vais.
— Reviens vite.
Depuis combien d’années personne ne m’avait dit ça ?
Mes parents se sont mariés trop tôt et ont divorcé tout aussi vite.
Ma mère m’a élevé seule, en travaillant comme médecin. Elle me déposait souvent chez ma grand-mère.
Mon père a refait sa vie. Une nouvelle famille. Une vie parfaite. Il m’a sûrement oublié.
Ma grand-mère me disait souvent «reviens vite».
Elle est morte il y a plus de vingt ans.
Je vis vraiment avec quelqu’un, maintenant.
Je marche jusqu’au parking. L’air est frais. Presque irréel, après la chaleur de l’appartement.
Le ciel est sombre. Quelques étoiles.
Rien à voir avec mon ancien logement. Pas d’odeur de bouse.
Ici, il y a un parc. Des maisons. Quelques petits stands de nourriture.
C’est calme. Paisible.
Je repense à la peau d’Iwamoto. À ce contact.
Nous sommes très différents. S’adapter l’un à l’autre demandera des efforts. Beaucoup.
Mais… je suis heureux.
Parce qu’il m’a dit :
— Reviens vite.
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