My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 9
Il y a plus de monde que je ne l’avais imaginé.
Dans ce quartier proche de l’hôpital universitaire, les gens reprennent le travail dès le 1ᵉʳ octobre. Résultat : trouver un nouveau logement relève presque du combat.
Et moi, bien sûr, j’arrive comme un idiot impatient.
Mauvais timing ?
Je n’ai aucune envie de me battre pour un appartement, alors je réfléchis à nouveau.
Enfin… j’ai décidé de viser autre chose. Donc, en théorie, pas besoin de rivaliser avec tout le monde.
Quelque chose d’un peu plus haut de gamme. Confortable. Spacieux. Cher.
Je m’assieds face au guichet.
Le conseiller, qui affichait jusque-là un intérêt proche du néant en voyant ma tête, change immédiatement d’expression quand j’annonce mon budget.
Cela dit, trouver un appartement est plus compliqué que prévu. La population de la ville augmente rapidement, surtout avec l’arrivée de jeunes familles.
— Avec ce budget, est-ce que vous seriez intéressé par un appartement dans ce secteur ?
Enfin.
Il a trouvé quelque chose.
Le prix est correct, c’est proche de la gare, il y a un supermarché à deux rues et une supérette au coin. Pas trop loin de l’hôpital, mais suffisamment pour respirer. Le centre-ville est accessible à pied. et il y a un accès rapide à une grande route.
Un immeuble en béton de quatre étages, construction récente avec orientation sud-est.
État parfait.
Mais…
— C’est… assez grand.
—
Chaque appartement dispose d’une grande terrasse, avec un jardin et une
belle vue sur la ville. C’est idéal pour les jeunes couples avec
enfants ou les jeunes mariés. Je pense que ce serait parfait pour vous
et votre épouse.
Je suis célibataire.
Non. Plus que célibataire.
Vierge.
Et oui, je veux de l’espace, mais pas au point d’organiser une fête de quartier chez moi.
Mais au final, j’accepte de visiter. Juste au cas où.
J’ai l’argent, c’est la volonté qui manque.
Je dois y aller doucement.
Pour l’instant, je vais rentrer, boire un café, comparer les prix en ligne… puis décider.
Quel enfer.
“Jeunes couples avec enfants”, disait-il.
Le genre de gens qui correspond parfaitement à leur brochure.
À côté de moi, un couple sourit, plaisante, feuillette des annonces. Plus loin, des étudiants parlent de colocation.
Quand j’étais étudiant, moi aussi, j’avais des groupes, des amis un peu partout. Et puis, sans vraiment comprendre comment, je suis devenu…asocial.
Déviant, presque.
Ce serait bien de tout couper. Repartir de zéro, assembler les morceaux autrement. Même si je ne sais ni où, ni comment.
Bon sang, je dois arrêter d’être jaloux.
Mon flot de pensées est interrompu par une serviette familière “Kaito Construction”, coincée dans la poche arrière d’un jean.
Un homme en T-shirt noir, chaussures de sécurité, me regarde comme s’il m’avait repéré bien avant que je ne le voie.
— Iwa…
— Sensei !
Iwamoto fend la foule d’étudiants pour venir vers moi.
— Yuge-sensei !
Son sourire est immense, ses yeux brillent.
Il est tellement naturel, tellement direct.
Non, je ne peux pas gérer ça.
Oui, je veux le revoir. Mais pas maintenant, pas comme ça. Son visage suffit à faire revenir toutes mes pensées bizarres. Je suis… mal à l’aise. Confus. Un peu trop conscient de moi-même. Et en même temps, je ne veux pas fuir.
Parce que si je pars maintenant, il va être blessé.
Il a l’air en forme, mais quelque chose cloche. Son expression n’est pas aussi détendue qu’elle devrait l’être.
Il n’est pas revenu à l’hôpital depuis presque un mois.
Est-ce qu’il s’inquiète encore ? Est-ce que je dois demander ou me taire ?
Je ne suis que son médecin.
Un simple hasard dans sa vie.
— Vous cherchez un appartement, sensei ?
— Oui… Je vais déménager…
— Quelle coïncidence.
Bon sang, ce sourire.
Même avec son air un peu brut, un peu incontrôlable, il dégage une sérénité étrange.
Comment est-ce qu’on fait pour sourire comme ça ?
— En fait… j’habite dans un endroit assez vieux.
Ses sourcils se froncent.
— Sérieusement ? Mais vous êtes médecin dans un bon hôpital, non ? Je pensais que vous viviez dans un endroit chic.
—
C’est tout l’inverse. C’est étroit, pas aux normes antisismiques, ça
sent la bouse, la serrure est rouillée, il fait une chaleur
insupportable et j’ai failli mourir dans l’escalier ce matin.
— Pourquoi vous vivez là-bas alors ?
Il rit.
Je souris.
— Je me pose la question aussi.
Depuis que je t’ai rencontré, surtout.
— Et vous ?
— Moi ?
Son visage se ferme.
— … J’ai quelques problèmes. Rien de grave… Mais tout arrive en même temps.
Il regarde dehors.
La nuit est tombée.
— Dans d’autres circonstances, ça irait… Mais là, ça tombe mal.
— Vous vivez où ?
— L’entreprise de construction pour laquelle je travaille nous loge. C’est un programme financé par l’État.
— Je vois.
Donc il a un logement tant qu’il travaille.
— Le patron et sa femme sont gentils. Mes collègues aussi. J’ai un lit, à manger, même des produits d’entretien.
Alors pourquoi vouloir partir ?
Sa vie n’a pas l’air mauvaise.
Un simple ras-le-bol ? Ou autre chose ?
Je m’inquiète.
Iwamoto est intelligent. Même dans des conversations simples, ça se sent. Il s’adapte, il est honnête, travaille dur.
Remarquant mon expression, il esquisse un sourire.
— Sensei ?
— Oui ?
— Je pensais passer à l’hôpital… Mais comme ce n’est pas urgent… J’avais peur de déranger.
— Pas du tout !
Même avec mille patients, j’aurais dit non.
— Sérieusement ? Je sais que vous êtes toujours débordés.
— Là, j’ai du temps.
— Moi aussi.
Oh mon Dieu.
— Et j’avais faim.
— Moi aussi.
Oh mon putain de Dieu.
Il y a un silence.
Mon cerveau vient de s’éteindre.
Iwamoto me regarde, puis sourit.
— Alors ? On y va ensemble ?
— Eh bien…
C’est quoi cette chance indécente ?
— Ou pas ? Ah oui, vous devez prévenir votre femme.
— Je suis célibataire.
— Je sais. Vous venez de me dire que vous viviez dans un taudis. Évidemment que vous n’avez pas de femme.
Il éclate de rire.
Encore.
Et c’est…insupportablement charmant.
— Allons manger.
— J’aimerais vous parler, sensei. Rien de médical… mais… j’ai besoin de vous expliquer certaines choses.
— C’est difficile à dire ici ?
Il hoche la tête.
— Très.
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