My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 8

 

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Je fixais le miroir quand la voix timide d’Iwamoto m’est soudain revenue.

— Je pourrai repasser, un de ces jours ?

Un homme misérable me dévisageait depuis la salle de bains exiguë et minable de son appartement.

J’imagine que j’ai meilleure allure, maintenant.

Quelques semaines ont passé depuis ce jour-là, mais Iwamoto n’est jamais vraiment revenu à l’hôpital. La bosse sur ma tête a disparu elle aussi, alors pourquoi ai-je l’impression d’être encore plus laid ?

Je n’ai jamais évalué mon propre visage de manière objective. Mais… j’ai probablement du temps à perdre, aujourd’hui.

Voyons un peu.

Mon nez est fin et assez haut. Mes lèvres sont minces, mal colorées. Mes yeux sont allongés. Mes cheveux sont noirs et raides, comme ceux de beaucoup d’autres Japonais. Ma peau est pâle, avec un grain assez fin…

À y regarder de près, j’ai l’air plutôt jeune.

Mais je dégage une aura négative absolument prodigieuse.

Je ne me suis jamais trouvé séduisant. Et, malheureusement, j’ai aussi toujours eu l’impression qu’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.

Pour une raison obscure, le réaliser aussi nettement pour la première fois me déprime.

Iwamoto, lui, c’est tout l’inverse.

Il est beau d’emblée. Et pas seulement beau, d’ailleurs. C’est aussi quelqu’un de bien. Ses sourcils sont assez fournis sans être trop marqués. Son nez est rond. Ses lèvres sont épaisses. Ses pommettes ressortent légèrement, elles prennent vite des couleurs, brillent facilement. Ses yeux ont une telle profondeur… j’aime vraiment le voir pleurer.

La ligne de sa mâchoire est belle, même si certains la trouveraient sans doute un peu rude. Tout, chez lui, est juste. Sa taille. Sa force. Cette jeunesse qu’il semble exhaler par tous les pores.

Le simple fait que je me souvienne aussi bien de son visage signifie qu’à l’époque, Iwamoto était lui aussi assez près pour distinguer clairement le mien.

C’est humiliant.

J’ai honte qu’il ait vu cette tête peu flatteuse.

Sans oublier que j’ai eu un comportement déplacé, la dernière fois qu’on s’est vus.

Si un médecin essayait de vous embrasser, vous seriez terriblement mal à l’aise.

Il ne reviendra plus.

Je ne le reverrai jamais.

Merde, ça suffit !

Il vaut mieux qu’il vive tranquillement, en bonne santé, non ? Je n’ai aucune raison de me sentir mal. Et j’en ai assez de penser à lui en permanence.

Alors quoi, s’il ne revient pas ?

Moins j’ai de patients à gérer, mieux je me porte. Dix femmes par jour, ça suffit largement, pourquoi voudrais-je quelqu’un de plus ?

Je me lave le visage à la hâte, me coiffe, puis sors.

La porte mal ajustée claque avec un bruit énorme quand je la ferme. La vieille serrure est rouillée, et la clé entre difficilement.

Je descends l’escalier en courant et manque de m’étaler lamentablement.

Ma résidence est petite et vieille.

Depuis que j’ai rejoint le service de gynécologie-obstétrique, j’ai été envoyé dans plusieurs hôpitaux affiliés. Mais, pour une raison ou une autre, on m’a toujours renvoyé à l’hôpital universitaire. Parfois, j’y dormais même. Je bougeais beaucoup, et je me souciais assez peu d’où je vivais.

C’est pour ça que je n’ai jamais voulu louer un appartement cher.

Comme je pensais que ce genre de vie ne me poserait aucun problème, j’ai renouvelé mon bail ici pendant dix ans.

Peut-être onze.

Le loyer, déjà bas au départ, a même encore diminué.

Derrière l’immeuble où j’habite, il y a un champ. À chaque fois qu’il pleut, ça sent la bouse de vache. La bouche d’aération de l’appartement voisin recrache en permanence une odeur de cigarette. Et mon propre appartement reste étouffant, même avec la climatisation poussée au maximum toute la journée…

Aujourd’hui, je suis triste.

Et cette tristesse me donne soudain envie de déménager dans quelque chose de mieux. Un appartement agréable, spacieux, neuf, moderne. Un endroit où je pourrais respirer profondément au soleil du matin sans avoir l’impression de sentir le paysan.

Seuls des étudiants fauchés vivent dans un endroit pareil, aussi près de l’université. Moi, je suis un gynécologue d’un certain âge et j’ai de l’argent.

Enfin… beaucoup d’argent.

Vraiment beaucoup d’argent.

Ma vie consiste uniquement à faire l’aller-retour entre chez moi et l’hôpital. Un peu de confort ne serait pas du luxe, non ?

Quelqu’un de normal serait arrivé à cette conclusion depuis longtemps.

Mais moi, c’est moi.

Je suis paresseux. Réfractaire à tout ce qui implique un changement.

Ce qui est sans doute l’une des causes de mon absence totale de charme.

Et pourtant, maintenant, j’ai vraiment envie de partir.

Si je quitte cette pièce de merde… Peut-être que je deviendrai un peu plus lumineux qu’aujourd’hui.

Comme Iwamoto.

J’ai rendez-vous avec une agence immobilière du quartier après le travail. Heureusement, aujourd’hui ne s’annonce pas chargé, donc je pourrai quitter l’hôpital sans que mon absence ne se remarque trop.

Quand j’ai annoncé à Shimabukuro que j’allais déménager, il s’est mis à rire avant de se moquer de moi assez bruyamment.

Au bureau, l’état exigu et en décomposition avancée de mon appartement est une vieille blague, au même titre que mes plaintes continuelles sur les fuites et les infiltrations.

Comment quelqu’un comme moi peut-il soudain vouloir changer d’atmosphère après tout ce temps ?

Oui.

Comment, exactement ?

J’ai l’impression de fuir à toute vitesse une cage que j’ai moi-même fabriquée. Une cage sur mesure.

Mais comme le chante Britney Spears :

My loneliness is killing me.

Bon.

Il faut aussi que je change mes goûts musicaux.

 

 

 

 

 

 

 

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