My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 7
— Vous êtes sûr que ça va aller ? Si vous voulez arrêter ou partir, dites-le moi. Je comprendrai.
— Mais enfin, Sensei… Je vous ai déjà dit plusieurs fois que ça allait.
J’accompagne Iwamoto jusqu’à la salle d’examen, Kitagawa sur nos talons, comme toujours.
Dans cet hôpital, lorsqu’une patiente consulte un médecin homme, une infirmière ou une sage-femme doit être présente. C’est pour leur confort. Mais Iwamoto étant un homme, une fois le matériel prêt, je suis obligé de lui demander de sortir.
Iwamoto a l’air nerveux.
— Qu’est-ce que je dois faire ?
— Allongez-vous, et posez vos pieds là. Un de chaque côté.
Il observe la pièce.
— Vous faites toujours les examens ici ?
Dans ce petit espace séparé par des rideaux, il n’y a que des paniers, des chaises, des poubelles et des boîtes de mouchoirs.
— Oui. La table vous place dans une position où le dos s’abaisse légèrement, pour que les jambes s’ouvrent naturellement. Enlevez votre pantalon, s’il vous plaît. Vous pouvez mettre vos affaires dans le panier.
… Il hésite.
— D’accord.
Est-ce que c’est vraiment une bonne idée ?
Je ne pense pas qu’Iwamoto va me faire du mal, mais vu sa carrure, s’il panique…
— Je vais sortir.
— Où ça ?
Je m’apprête à partir quand il me saisit brusquement le bras. Sa poigne est ferme.
Ses yeux ne me quittent pas.
— C’est bon. Je vais juste derrière le rideau. Pendant que vous vous préparez, je vais me laver les mains.
— Ah… oui… d’accord.
Il hoche la tête, trop vite.
Il est plus stressé que je ne le pensais.
— Appelez-moi quand vous êtes prêt. Je serai juste à côté.
Je sors enfin.
Je me désinfecte, prépare la sonde, et j’attends.
J’entends des bruits derrière le rideau.
Iwamoto s’installe sur la table.
— Je vous ai dit que j’étais encore plus nerveux que tout à l’heure ? C’est vraiment solide, ce truc ? Je suis assez lourd…
Je comprends.
Il doit faire près d’un mètre quatre-vingt… et il est massif.
— Ça ira. Certaines patientes sont grandes aussi… et enceintes. La table est conçue pour supporter le poids. Faites-moi confiance. Vous êtes prêt ? Je vais abaisser la table.
La table électrique se met en mouvement.
— Attendez ! Stop !
— D’accord, j’arrête.
— C’est mes jambes…
Un grincement inquiétant.
Iwamoto bouge sans arrêt. Tendu.
Écarter les jambes, nu, doit être plus difficile à supporter que je ne l’imaginais.
Il est en train de paniquer.
Ses muscles refusent de se détendre.
À ce rythme, la table va céder.
— Calmez-vous. Il ne va rien vous arriver.
Je passe la main derrière le rideau.
Je touche le dos de sa main, crispée sur la barre.
Et là… sa tension chute.
Immédiatement.
— Je suis là. Je suis avec vous. Il ne vous arrivera rien.
Les mots sortent tout seuls.
Alors que, soyons honnêtes…Je ne serais d’aucune aide face à lui.
— Ne partez pas.
— Je ne pars pas.
Je souris.
Mais sa voix tremblante ne me rassure pas non plus.
Soudain, il attrape ma main.
— Ne… ne la retirez pas. J’ai l’impression que je vais tomber.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Il se retend.
— Stop ! Arrêtez !
C’est le moment où la table s’ouvre sous lui.
Une sensation de vide, sûrement.
— Vous ne tombez pas. Personne ne tombe. C’est normal.
Il ne dit rien, je continue :
— Respirez. Lentement. Je vous promets que vous ne tomberez pas.
— C’est vrai… ?
Sa voix tremble.
Des larmes.
Seigneur… Il est déjà dans cet état, juste assis.
Est-ce que je vais réussir à faire cet examen correctement ?
— Tout va bien… je commence.
Je prends une compresse avec une pince.
— Ça va être froid.
— Attendez… vous êtes toujours derrière le rideau ?
— Oui.
— Ne me laissez pas…
Qu’est-ce que je fais ?
Sans trop réfléchir, je tire le rideau.
Le bas de son corps est exposé.
J’avale ma salive.
Son torse est bronzé, mais pas ses jambes. Ses cuisses sont puissantes, tendues, parfaitement dessinées. Ses muscles sont nets, précis.
Son abdomen porte encore les traces du soleil.
Je détourne les yeux.
Je ne suis pas habitué à ça.
Pas du tout.
— Sensei ? Il y a un problème ?!
Sa voix me fait sursauter.
Comme pris en faute.
Non.
Je ne fais rien de mal.
Je suis juste… déstabilisé.
C’est nouveau. C’est tout.
Oui. Rien d’autre.
— On commence. Ça va être froid.
Je nettoie doucement.
Ses cuisses tremblent, ses mains se crispent.
Je prépare la sonde.
— Je vais commencer. Détendez-vous. Je vais y aller doucement. Dites-moi si ça ne va pas.
Je fais attention, le touche avec délicatesse.
— D’accord…
Il obéit.
Respire et me laisse faire.
— …gh…
Un son étouffé.
Sa main quitte la barre.
Peut-être pour se couvrir la bouche, peut-être pour se retenir.
Je ne vois pas son visage, mais je l’imagine. Ses yeux fermés, ses cils longs, noirs. Arrête.
Arrête immédiatement.
L’insertion se fait sans difficulté.
Plus facile que prévu.
Je me concentre, je pense au manuel.
Chez les HMFU, l’environnement interne est plus humide, comparable à celui d’un vagin.
Je déglutis.
Concentre-toi.
Je relève les yeux vers l’écran, et là, exactement comme dans les schémas, un utérus.
Net, fusionné avec la prostate.
Visible. Parfait.
Je fige l’image, enregistre.
Puis je bouge légèrement.
— Aah !
— Désolé ! Ça fait mal ?
J’ai été trop brusque.
Idiot.
— Oui…
Sa voix tremble et quelque chose en moi se serre.
Un réflexe.
— Pardon… Ça va ?
— Oui…
Je prends sa main.
Encore.
Le rideau glisse. Il me regarde, ses yeux remplis de larmes.
Un homme immense, terrifié.
— Je ne vous vois pas… je déteste ça… j’ai peur…
— Ça va. Je suis là.
— Sensei…
Son visage change, se détend.
Comme si ma présence suffisait.
Je n’aurais pas dû voir ça et pourtant, j’ai envie de le revoir.
— Iwamoto-san…
Je lâche la sonde qui tombe dans un bruit sec.
Une grave erreur.
C'est du matériel hors de prix.
Mais je m’en fiche, ce qui compte, c’est lui.
Sa main serre la mienne.
Chaleur.
Humidité.
Je devrais me reculer, je le sais, mais je ne le fais pas.
La table grince.
Il est proche. Très proche.
— C’est fini… ?
— Oui… c’est fini.
Ma respiration s’accélère.
Son regard.
Sa peau chaude.
Son odeur.
Je me penche sans m’en rendre compte.
— Sensei…
— Hé ! Tu as commencé sans moi ?! Yuge-sensei, je voulais voir aussi… Qu’est-ce que vous faites ?
Shimabukuro.
Sa voix brise tout. Le rideau bouge.
Ici, tout est ouvert. Les salles communiquent. Par nécessité, par hygiène. Par chaos organisé.
Nos mains se lâchent.
Qu’est-ce que… Qu’est-ce que je faisais ?
— N’entre pas comme ça !
Je couvre Iwamoto.
— Désolé.
— J’ai le droit d’être là aussi ! Pourquoi tu t’énerves ?
Pourquoi…
Pourquoi ça me dérange autant ? Pourquoi j’ai voulu garder cet instant pour moi ?
— C’est fini. Sors, qu’il puisse se rhabiller.
— Oui, oui…
Il part.
Mais son regard était étrange.
Le silence revient.
Iwamoto se couvre.
— Désolé… ça a dû être désagréable…
— Non… c’est moi… désolé…
Le silence est lourd.
Je ne sais plus où regarder.
— Je vais retirer ça… Vous pouvez vous rhabiller.
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