My Adorable Pregnant Husband - Chapitre 6

 

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J’emmène Iwamoto dans mon bureau et verrouille la porte à la hâte.

La même pièce où je lui ai expliqué, pour la première fois, qu’il était un HMFU.

Et là… je réalise que je lui tiens le poignet depuis tout à l’heure.

— Désolé.

Encore une fois, je n’ai pas réfléchi. J’étais trop pressé de l’éloigner du regard des autres.

Et maintenant, ça me revient. La première fois aussi, j’ai voulu le toucher pour le rassurer et je l’ai effrayé.

Je suis peut-être quelqu’un de dangereux, au fond.

Ou juste stupide.

Peut-être que fermer la porte est une erreur. Peut-être que je devrais m’asseoir pour lui laisser de l’espace.

Je recule d’un pas.

— Euh… asseyez-vous, je vous en prie…

Ses jambes cognent contre la table. La chaise grince affreusement et quelque chose tombe de mon bureau.

— Je voulais…

Il ne bouge pas.

Son visage triste étire ses lèvres en une ligne parfaitement droite.

Qu’est-ce qui se passe ?

Ses yeux tremblent sous ses sourcils froncés. Ils sont humides.

— Hé…

Je me redresse.

Qu’est-ce qu’il a ?

Je n’ai pas peur de lui et pourtant, mon cœur s’emballe sans raison.

Heureusement, il ne semble pas remarquer.

— Yuge-sensei… euh… je…

Et soudain… Il s’incline profondément devant moi.

Un salut parfait. Net.

Le mouvement est si rapide que l’air en vibre presque jusqu’à moi.

— Je suis vraiment désolé ! Désolé pour l’autre jour ! J’étais bouleversé, je n’ai rien écouté de ce que vous disiez !
— Ah…

C’est à mon tour de rester figé.

Je fixe stupidement la forme bien ronde de la serviette sur sa tête.

— Je suis venu m’excuser. Je suis parti sans payer. Aujourd’hui, j’ai essayé de régler, mais le vigile m’a arrêté. J’ai tenté d’expliquer, je vous ai appelé mais…

Sa voix tremble.

— Je suis vraiment désolé.

Il ne relève pas la tête.

— Ce n’est rien, Iwamoto-san. Relevez-vous.

Je m’approche pour le calmer… et réalise que ma main est déjà posée sur son dos.

— Ah… désolé.

Mais qu’est-ce qui ne va pas avec moi ? Pourquoi mes mains bougent toutes seules ?!

Iwamoto se redresse lentement.

De près, son corps est encore plus impressionnant. On fait à peu près la même taille, mais la comparaison s’arrête là.

Il fronce les sourcils, baissant les yeux.

Ses cils sont longs, sombres.

— Sensei, ne vous excusez pas… Sans vous, je n’aurais rien compris. C’est moi qui dois m’excuser… J’y ai repensé… Vous n’avez pas peur d’être seul avec moi ? Je vous ai frappé la dernière fois.

Il retient son souffle.

… “Frappé”, vraiment ?

Au mieux, j’appellerais ça une bousculade. Son visage est dur, oui. Son corps puissant. Mais ce n’est pas un homme violent. L’autre jour, il était blessé et effrayé.

— Je me suis dit que vous auriez peur de me revoir… alors je voulais vous offrir quelque chose… pour me faire pardonner… et puis… partir en courant.

Il relève la tête, essaie de sourire. Mais ça ressemble presque à des larmes.

— Mais au lieu d’avoir peur, vous vous êtes interposé entre moi et les gardes… Merci. Vraiment.
— Ce n’est rien.
— Et… désolé pour les ennuis. Tenez… s’il vous plaît.

Il me tend un sac en papier. Un dorayaki d’une boutique réputée.

Je me souviens d’une patiente qui en avait offert un à Fuwa…

Mais moi ?

Jamais.

Je n’ai jamais mangé de dorayaki.

— Le vendeur m’a dit que vous alliez forcément aimer.

Iwamoto sourit.

Un petit sourire qui pourtant me frappe en plein cœur.

Qu’est-ce que c’est que ça… ?

Ma poitrine se serre.

Ces derniers jours ont été un enfer. Je n’ai fait que repenser à mes erreurs, encore et encore, dans une sorte de rituel d’auto-humiliation. Je me sens inférieur par défaut. Je ne ressens presque jamais de plaisir. Et pourtant, là, quelque chose s’ouvre. Comme si je respirais enfin. Comme si je gagnais un peu de force.

Peut-être que… Peut-être que, pour une fois…

J’ai fait quelque chose de bien.

— Haha…

Un rire idiot m’échappe.

— Merci beaucoup.

Peut-être que je peux me détendre un peu avec lui.

— Mais vraiment, Iwamoto-san, ça ne me dérange pas.
— Si, ça devrait…
— Non. C’est moi qui ai mal expliqué. Tout est de ma faute. Je savais que vous étiez bouleversé. Ce genre de diagnostic… c’est toujours délicat. N’importe qui aurait réagi comme vous.

Il me regarde.

Ses yeux sont toujours tristes.

Il est vraiment encore très jeune.

— Je ne juge pas sur l’apparence, mais vous avez l’air du genre à affronter n’importe quoi. Et moi… comme vous voyez, je suis maladroit. Désolé.

Il agite les mains.

— Non, non…

Puis, hésitant :

— Je dois vraiment vous causer des ennuis avec ce truc de HMFU. Pour les médecins, tomber sur un cas aussi… anormal… ça doit être gênant.

Il me regarde, coupable.

— Pas du tout. Je ne pense pas ça.

Pas moi.

Je ne veux pas qu’il voie ça comme une honte. Si j’ai réagi comme ça, c’était pour le protéger. Pas pour le cacher.

Un silence.

Son visage devient indéchiffrable.

— Bon… Commençons par le dorayaki. C’est la première fois que j’en mange, j’ai hâte !

Puis, plus bas :

— Et… Comment ça va, depuis l’autre jour ?
— Pardon ?
— Les saignements… La douleur ?
— Eh bien… le jour où je suis rentré, ça allait mal… mais le lendemain, ça s’est calmé. Maintenant, ça saigne presque plus.

C’est clairement un HMFU.

— Attendez un instant.

Je sors, puis reviens avec un sac.

— Comment vous avez géré les saignements ? Des couches… ?
— Non… du papier toilette… des mouchoirs… parfois des serviettes.
— Je vois… Vous êtes charpentier, c’est ça ?

Quand je lui montre le contenu du sac, son visage se fige.

— Ce n’est pas obligatoire. Je ne vous demande pas de les utiliser maintenant. Mais ces produits existent. Ils sont faits pour ça.

Je lui montre quelques protections hygiéniques.

— Je ne suis pas expert non plus. J’ai appris ça la semaine dernière. Il y en a plusieurs types. Épaisses, fines, avec ailes… Là c’est des tampons… mais mieux vaut éviter pour le moment. Commencez avec des serviettes classiques.

Il écoute.

Silencieux.

— Il y a de l’adhésif au dos.

Je lui montre.

— C’est plus efficace que du papier. Vous les fixez sur vos sous-vêtements… Certains hommes avec des fissures ou hémorroïdes en utilisent aussi. Il faut les changer régulièrement, même si ça semble encore absorbant. Sinon, les bactéries prolifèrent.

Je marque une pause.

— Il y a des poubelles spécifiques dans les toilettes pour femmes, mais dans les toilettes hommes… Je ne sais pas… Dans ce cas, vous devrez les jeter ailleurs. Ne les mettez pas dans les toilettes. Ça bouche les canalisations…

Je lui montre les sachets.

— Vous les enroulez, vous les mettez dedans… Personne ne verra rien.

Il hoche la tête.

— Ce n’est qu’une introduction. Vous n’êtes pas obligé de les utiliser.

Il ferme les yeux, comme s’il avalait quelque chose de lourd.

— … Ça me soulage, en fait. Cette semaine a été horrible. Les serviettes glissaient pendant le travail…

Je suis soulagé. Je pensais qu’il rejetterait tout ça.

— Où vous avez acheté ça ? me demande-t-il.
— Dans mon quartier.
— Attendez…
— Oui ?
— Vous êtes allé en caisse avec ça ? Vous ?

Il éclate de rire.

Ses yeux brillent. Mes joues chauffent.

… Merde.

Je n’y avais même pas pensé. Moi, debout, à la caisse, avec ça.

Et pire, j'ai passé du temps au rayon hygiène féminine, à comparer, lire, demander des conseils sur les tampons. Sans même demander de sac opaque en sortant.

Iwamoto tremble de rire.

Impossible pour lui de se retenir.

— J’ai même demandé à ma voisine ce qui était mieux entre Always et Saba.

Il rit encore plus fort.

Il est… adorable.

— Ah… j’ai mal au ventre… Désolé, sensei… Je ne voulais pas me moquer… Merci. Vraiment. Vous êtes quelqu’un de bien. Ces derniers jours ont été… terribles. J’avais plus d’appétit. Je ne dormais plus… Mais là… ça va mieux.

Moi aussi.

— Merci.
— Bon… il reste un point.

Je tousse.

— L’examen.

Son visage se ferme.

— Honnêtement, une tumeur est peu probable. Mais il vaut mieux confirmer.

Ses épaules se crispent.

— Je sais que vous êtes réticent à l’échographie rectale… Sachez qu’on la pratique aussi sur les hommes. Mais vous pouvez prendre votre temps. Sinon il y a l’IRM. Pas d’insertion, mais plus cher. Et il faut reprendre rendez-vous ailleurs.
— Je ne peux pas…
— C’est compliqué ?
— Je travaille sur un chantier…

Il n’a pas les moyens.

— On peut faire l’échographie aujourd’hui.
— Ça fait mal ?
— Un peu inconfortable, mais pas douloureux. Moins qu’une injection.
— Vous dites vrai… ?

Il murmure, tête baissée et les oreilles rouges.

— Vous voulez la faire ?
— Seulement si c’est vous qui la faites.
— Pardon ?
— Seulement si c’est vous.
— Quoi… ?

Il relève la tête.

Rouge jusqu’au cou.

Et il explose :

— Foutez-moi cette foutue sonde !

Ah.

 

 

 

 

 

 

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