Silent Reading : Chapitre 155 - Edmond Dantès XXVII
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| @liubai_615 |
À l’approche de la fin de l’année, Luo Cheng était, contre toute attente, plus occupé que jamais.
Mu Xiaoqing était partie en déplacement pour donner une conférence, le laissant seul. Dîner en solitaire lui pesait ; il se contentait donc de grappiller quelque chose à la cantine du bureau.
Lorsqu'il fut déposé devant chez lui par son chauffeur, il était près de vingt et une heures. C'est alors qu'il découvrit son fils sur le pas de sa porte.
Luo Wenzhou attendait là depuis un bon moment déjà. Fort de sa jeunesse et de sa santé de fer, il faisait fi du froid. Il avait enfilé sa doudoune de travers, donnant l'impression qu'il serrait un énorme coussin contre lui. Assis sur les marches, la tête baissée et les yeux rivés sur son téléphone, il arborait des cheveux qu’il n’avait manifestement pas fait couper depuis quelque temps. À ses pieds, un sac à dos dressé à la verticale lui donnait l’allure d’un réfugié en pleine famine.
Les mains dans le dos, Luo Cheng l'observa de haut en bas. Trouvant le spectacle particulièrement disgracieux, il s’approcha et lui donna un léger coup de pied.
— « Hé, pourquoi tu ne vas pas voir ailleurs ? Je n’ai rien à manger pour toi aujourd’hui. »
Luo Wenzhou leva la tête et lui adressa un miaulement.
Luo Cheng en eut la chair de poule. En y regardant de plus près, il s’aperçut que le « coussin » dans les bras de son fils était une créature vivante.
— « Tu attends depuis combien de temps ? Pourquoi ne m'as-tu pas passé un coup de fil ? »
—
« Ça va, je ne me plains pas », répondit Luo Wenzhou d'un ton détaché. «
Se les geler un peu aide à apprécier la valeur de la vie. »
Le regard de Luo Cheng tomba par inadvertance sur le téléphone que tenait son fils. Il découvrit alors comment ce dernier « appréciait la valeur de la vie » : l’écran affichait des photos de lui prises sous tous les angles.
Pris d'une soudaine indigestion, il songea que Luo Wenzhou devenait chaque jour un peu plus éhonté.
Cinq minutes plus tard, Luo Cheng avait fait entrer dans la maison le fils qui campait sur son perron ainsi que le chat qui, lui, était bel et bien sa propre chair et son propre sang. Puis, retroussant ses manches et chaussant ses lunettes de lecture, il s’attela au montage d’un arbre à chat pour Luo Yiguo, en suivant scrupuleusement la notice.
— « Je n'ai pas apporté de boîtes ni de friandises. Contente-toi de lui donner des croquettes. Et surtout, ne lui achète pas ces saloperies. Cette grosse boule de graisse doit faire un régime. Elle a réussi à faire sauter la fermeture éclair de mon manteau avec son poids. »
Débarqué dans un environnement inconnu, Luo Yiguo se montrait un peu intimidé. Installé sur une pantoufle que Luo Wenzhou avait portée, il s’était roulé en une énorme boule de poils de sept kilos et demi tout en surveillant les lieux avec une méfiance prudente.
Luo Cheng leva les yeux par-dessus ses lunettes de lecture.
— « Tu n'as pas peur de ne jamais récupérer ton chat ? »
—
« Arrête de te la raconter, papa. Si maman avait été d’accord, ça
ferait belle lurette que tu aurais transformé la maison en zoo, et tu
n'aurais pas besoin de venir mendier un peu de compagnie auprès de mon
chat. »
Luo Cheng resta un instant sans voix devant tant de délicatesse.
Sans la moindre gêne, Luo Wenzhou fouilla dans le réfrigérateur, en sortit un reste de riz frit, l'enfourna dans le micro-ondes, le récupéra et l'engloutit à toute vitesse.
Puis il reprit :
—
« Mettre un animal en pension dans une boutique coûte une fortune à la
fin de l'année. En plus, il faut qu’il se batte pour son territoire avec
les autres chats et, plus grave encore, cette mauviette ne tiendrait
pas une seconde. Je me suis dit que mon portefeuille et mon chat
risquaient tous deux d’y laisser des plumes. »
— « Alors je te le garderai jusqu’au Nouvel An », trancha son père. « Pas plus longtemps. Ta mère ne voudra jamais. »
Luo Wenzhou marqua une pause. Il eut soudain l'impression que le riz froid qu’il venait d'avaler lui restait coincé dans la poitrine, refusant obstinément de descendre.
Il attrapa une tasse, avala une gorgée de thé froid, toussa, puis lança :
— « Très bien, nous passerons le récupérer pour le Nouvel An. »
En entendant cela, Luo Cheng ne demanda ni pourquoi il avait besoin de faire garder le chat, ni pourquoi Fei Du ne l'avait pas accompagné.
D’un ton factuel, comme s’il avait déjà tout compris, il déclara :
— « À part m'occuper du chat, as-tu autre chose à me demander ? »
Luo Wenzhou resta assis un instant, songeur. Finalement, il serra les dents sans répondre, se leva et alla laver son bol.
Son père ne le pressa pas. L'arbre à chat, qui n’était encore qu'un amas de pièces détachées quelques instants plus tôt, prenait rapidement forme. Incapable de résister à sa curiosité, Luo Yiguo finit par abandonner prudemment sa pantoufle et s'approcha, tournant autour du pied de la structure en la reniflant.
— « Papa », dit soudain Luo Wenzhou, « est-ce que tu as dû supporter beaucoup de ragots à cause de moi ? »
Luo Cheng le dévisagea avec perplexité.
— « As-tu perdu la raison pour venir jusqu'ici faire ton mea culpa ? »
Luo Wenzhou s'assit à ses côtés, l'air sombre.
— « Tu ne m’as jamais rien dit à ce sujet. »
— « Si je t’avais dit quelque chose, m’aurais-tu écouté ? »
Luo Wenzhou y réfléchit un instant.
— « … Non, pas vraiment. Quoi qu'il en soit, Fei Du est à moi. »
Luo Cheng resta un instant sans voix, comme étranglé par cette réponse.
Alors que son fils s'attendait à le voir exploser, il esquissa un sourire.
— « Ce n'est pas en buvant du lait que tu es devenu aussi grand. À ton âge, si tu avais encore besoin de mon aval pour une broutille comme le choix de ton compagnon, à quoi bon vivre ? Les autres peuvent bien dire ce qu’ils veulent. De toute façon, ils n’osent pas ouvrir la bouche devant moi. Et puis, peut-être que leurs exigences sont anormalement élevées… même si, pour ce qui te concerne… »
Luo Cheng marqua une pause, et Luo Wenzhou ressentit une nervosité irrationnelle.
Les lunettes de lecture déformaient les yeux du vieil homme, les faisant paraître immenses, ce qui atténuait sa solennité habituelle. Il lui lança un regard dénué de toute sévérité et pinça les lèvres.
— « Je pense que tu feras l’affaire. Tu as réussi à devenir quelqu'un qui ressemble, à peu près, à un être humain. »
Depuis l'adolescence, Luo Wenzhou avait toujours choisi une voie que ses aînés, comme tant d'autres avant eux, désapprouvaient. Il y avait tout misé, sans jamais se ménager d'échappatoire. Pourtant, malgré son refus obstiné de reconnaître ses erreurs, le doute venait parfois le ronger. Avait-il pris la mauvaise direction ? S'était-il cru plus solide, plus capable qu'il ne l'était réellement ? Lorsque les épaules qui l'avaient abrité jusque-là disparaîtraient, serait-il encore capable de tenir debout seul, ou découvrirait-il qu'il n'avait fait que courir vers un échec annoncé ?
Là où tant de ses aînés avaient fini par tomber, les uns après les autres, il lui revenait désormais de porter l'histoire jusqu'à son terme. Mais serait-il réellement capable d'en écrire la conclusion ?
Lorsqu'il était rentré chez lui pour récupérer le chat avant de l'amener ici, il avait eu l'impression de marcher dans une boue glaciale qui lui agrippait les jambes et alourdissait chacun de ses pas. Mais en entendant cette appréciation qui ne pouvait guère passer pour un compliment chaleureux, il eut le sentiment qu'une fenêtre venait brusquement de s'ouvrir dans une pièce étouffante. La peur, l'hésitation et le malaise qui l'accompagnaient depuis plusieurs jours se dissipèrent d'un seul coup.
Luo Wenzhou resta interdit un moment, puis s’essuya brusquement le nez, se leva et déclara :
— « Bon, j’y vais. »
— « Attends », reprit Luo Cheng. « Tu n'as vraiment pas bes… »
—
« Non », coupa Luo Wenzhou en changeant de chaussures, avant de se
pencher pour en nouer les lacets. « Quand j'ai rejoint la police,
n'as-tu pas dit que je devais gravir seul le chemin que j’avais choisi,
et que tout ce qui m'arriverait ensuite ne serait plus ton problème ?
Alors qu’est-ce que c’est que ça ? Tu te ramollis avec l'âge, papa ? »
— « Fiche le camp, petit morveux ! » tempêta Luo Cheng.
Luo Wenzhou se redressa, fit deux bonds, ramassa le téléphone qui avait tant indisposé son père, le porta à ses lèvres et y déposa un baiser.
— « Ce n'est pas en buvant du lait que je suis devenu aussi grand. »
Puis il rabattit la capuche de son manteau et s’élança dehors, rapide comme le vent.
À l’époque, Lao-Yang avait estimé que le Capitaine Luo ne serait pas capable d’encaisser la vérité. Jusqu’à sa mort, il ne lui avait soufflé aucun indice, allant même jusqu’à laisser un testament sommant Shiniang de garder le silence.
S'il avait appris à devenir « raisonnable » quelques années plus tôt, s'il avait pu alléger plus tôt le fardeau que portaient ses aînés, Shiniang en serait-elle arrivée là ?
Mais, dans les circonstances actuelles, ressasser ces regrets ne servait à rien. Au moins, il avait encore Fei Du. Il avait ses frères d’armes. Et il tenait toujours entre ses mains ces injustices que la génération précédente n’avait pas réussi à réparer.
Puisque le vieil homme lui-même avait fini par reconnaître qu'il était « quelqu'un qui ressemble à un être humain », alors il devait, d’une manière ou d’une autre, se montrer à la hauteur de cette appréciation.
— « C’est moi », dit Luo Wenzhou en appelant Lu Jia. « Votre Président Fei vous a confiés à moi. Où êtes-vous en ce moment ? »
⸻
Lu Jia, accompagné de Zhou Huaijin, arriva devant un ensemble résidentiel privé.
— « Ici », dit l’héritier en consultant l'adresse qu'il tenait en main. « C’est là que Yang Bo et sa mère vivaient autrefois ! »
Lu Jia gara la voiture et passa la tête par la fenêtre pour inspecter les environs. Le gardien de la résidence se tourna immédiatement vers eux, l'air méfiant, mais reconnaissant la marque de leur véhicule, son expression s’adoucit.
Lu Jia esquissa un sourire, entra dans une supérette située près du portail, acheta quelques articles au hasard et engagea la conversation avec le caissier.
— « C’est quoi, cette résidence ? Elle a l’air plutôt chic et très discrète. »
Le caissier jeta un œil dans la direction indiquée.
—
« Oh, le Village de la Voie Lactée. Bien sûr que c’est discret… Vous
cherchez à acheter un appartement ou quoi ? Si c’est pour un achat, je
vous déconseille vivement d’aller là-bas. »
— « Pourquoi ça ? » demanda Lu Jia.
—
« Ce n'est pas vraiment une résidence ordinaire. La sécurité est en
place vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec trois niveaux de
contrôle : aux portes de la résidence, aux entrées des immeubles et aux
portes des halls. C’est un défilé permanent de voitures de luxe là-bas.
Si votre bagnole est un peu trop ordinaire, les vigiles vous arrêtent et
vous cuisinent pendant une éternité. Vous voyez le genre ? »
Le caissier adressa à Lu Jia un clin d’œil entendu.
— « On appelle aussi ça la "Tour des Maîtresses".
L’ambiance y est malsaine. Après, si vous ne comptez pas y habiter
vous-même, ça peut être intéressant d’investir pour louer. »
— « Les loyers doivent être assez élevés ? » hasarda Lu Jia.
—
« Surtout les charges de copropriété. Il y a dix ans, c’était déjà cinq
yuans le mètre carré. Évidemment, le loyer est encore plus exorbitant. »
Le caissier lui rendit la monnaie avec un rire mesquin. « Il faut avoir
de l’argent pour jouer à ce genre de petit jeu. »
Lu Jia et Zhou Huaijin échangèrent un regard.
Après avoir déménagé à Yancheng, la mère de Yang Bo n’avait jamais occupé d’emploi stable et vivait en recluse. Comment avait-elle pu se permettre un appartement dans un endroit pareil ?
— « Apparemment, elle tenait ici un restaurant privé », expliqua Zhou Huaijin. « Le genre d'établissement où le chef cuisine lui-même et n'accepte qu'une seule table à la fois. Il fallait réserver des semaines à l'avance. Certains mois, elle n'avait même pas deux réservations. À l’époque où les relations entre mon petit frère et Yang Bo étaient au plus mal, mon frère a tenté de se renseigner, mais il n’a jamais réussi à obtenir une réservation. Elle refusait catégoriquement de le recevoir. Zheng Kaifeng, en revanche, était presque un habitué, même si… hum… »
Zhou Huaijin baissa les yeux vers la photographie affichée sur son téléphone.
Sans pouvoir être qualifiée de laide, cette femme n’avait rien d’une beauté remarquable. Plus jeune, elle se serait fondue dans la foule sans attirer le moindre regard ; avec l’âge, elle n’en était devenue que plus ordinaire.
Même Zhou Huaijin avait du mal à l’imaginer correspondre aux goûts de Zheng Kaifeng.
—
« Elle est morte de maladie, et le moment de son décès est plutôt
troublant », observa Lu Jia en faisant signe à Zhou Huaijin de remonter
en voiture. « C’était précisément au moment où Dong Qian commençait à
entrer en contact avec le faux livreur et à préparer le meurtre de Zhou
Junmao… Si Yang Bo n’est pas le fils illégitime de Zheng Kaifeng, alors
une autre hypothèse me vient à l’esprit. »
— « Laquelle ? »
— «
Celle d’un intermédiaire. » Lu Jia redémarra. « Zheng Kaifeng n’était
pas comme Wei Zhanhong. Son réseau n'était pas implanté dans le pays. Si
les choses se sont déroulées comme le suppose le Président Fei et qu’il
communiquait avec ce groupe local par l’intermédiaire de Su Hui, alors
il lui fallait forcément quelqu’un sur place pour entretenir le contact
et transmettre les instructions par la suite. Su Hui est tombée malade
il y a plus de dix ans et est morte prématurément. Cette intermédiaire
aurait-elle pu être la mère de Yang Bo ? »
Zhou Huaijin laissa échapper :
—
« Tu veux dire que Zheng Kaifeng et Zhou Junmao gardaient son fils
auprès d’eux comme une forme de garantie pour s’assurer de sa loyauté ? »
— « Si c’est bien le cas et qu’elle a travaillé pour Zheng Kaifeng
pendant plus de dix ans, alors il est probable qu’elle ait laissé
derrière elle une forme d’assurance. C’est sans doute pour cette raison
que, même après sa mort, ils n’ont jamais osé maltraiter Yang Bo et ont
même laissé courir la rumeur du "fils illégitime" », développa Lu Jia. «
Cette femme devait être d’une fiabilité absolue. Voilà pourquoi ce
n’est qu’après sa disparition que le faux livreur a trouvé une ouverture
pour jouer des tours à Zheng Kaifeng… Mais la question demeure :
pourquoi elle ? Qu’avait-elle de si particulier… »
Au milieu de sa phrase, Lu Jia s’interrompit brusquement.
Son passager attendit plusieurs secondes sans voir la suite venir. Il finit par lui jeter un regard incertain.
— « Monsieur Zhou », dit Lu Jia à voix basse, « avez-vous bien mis le gilet pare-balles que je vous ai préparé tout à l’heure ? »
Zhou Huaijin sursauta et scruta les alentours avec nervosité.
— « Qu… Qu’est-ce qui se passe ? Quoi donc ? Nous sommes en ville, ils n’oseraient quand même pas… »
— « Arrêtez de regarder partout », l’interrompit Lu Jia. « C’est la berline noire qui nous suit. Ils sont capables de tout. »
Il envoya sa position à ses compagnons ainsi qu'à Luo Wenzhou, puis donna brusquement un coup de volant, bifurquant à une intersection sans le moindre avertissement.
— « Si je ne parviens pas à les semer, je ne prendrai pas le risque de vous ramener à l’hôtel. Monsieur Zhou, attachez votre ceinture. Vous n’avez pas le mal des transports, j’espère ? »
Avant même que Zhou Huaijin ne puisse répondre, la berline noire comprit qu’elle avait été repérée. Loin de battre en retraite, elle accéléra brutalement pour rester à leur contact.
En cette veille de fête du Printemps1, les grandes artères de Yancheng étaient aussi désertes qu'un village perdu au fin fond de l'Australie. Sans la moindre retenue, Lu Jia pilotait ce véhicule de luxe comme une monoplace de Formule 1. Les pneus poussèrent un cri strident dans un virage serré. Zhou Huaijin agrippa la poignée de maintien, convaincu que la voiture allait se retourner.
C’est alors qu’un SUV blanc surgit en sens inverse et alluma soudainement ses pleins phares. Une lumière crue inonda leur champ de vision, rendant presque impossible de garder les yeux ouverts. Dans le même temps, sans ralentir d'un iota, le véhicule fonça droit sur eux.
Refusant de se laisser déstabiliser, Lu Jia écrasa l’accélérateur dans un vacarme assourdissant, comme s'il était résolu à périr dans une collision frontale. Zhou Huaijin ferma les yeux par pur réflexe. Il entendit un choc violent, puis le grincement atroce d’un rétroviseur raclant un mur.
Dans un moment de pur danger, Lu Jia était parvenu à s'engouffrer dans une ruelle d'une étroitesse absurde. Il avait balayé le vélo stationné à son entrée, négocié un virage à haute vitesse et réussi à faire passer la voiture dans un passage à peine assez large.
Le SUV blanc, arrivé trop vite, réagit avec une fraction de seconde de retard. Son conducteur écrasa les freins, mais il était déjà trop tard pour éteindre les phares. La berline noire, toujours lancée aux trousses de Lu Jia et Zhou Huaijin, fut aveuglée par cette lumière soudaine ; les deux véhicules se percutèrent de plein fouet, projetant une gerbe d’étincelles qui illumina la nuit !
Zhou Huaijin tourna vivement la tête vers Lu Jia, persuadé de voir dans la carrure de cet homme corpulent l’élégance d’un agent secret tout droit sorti d’un film.
— « Vous… vous… »
Lu Jia haussa les épaules, alluma une cigarette et la porta à ses lèvres.
— « Heureusement, c’est le Président Fei qui paiera les réparations. Monsieur Zhou, ce n'est que le début. Vous allez tenir le coup ? »
Zhou Huaijin prit plusieurs inspirations saccadées et essuya la sueur froide qui perlait à son front.
Au cœur de ce moment de péril absolu, il déclara :
— « Alors cela signifie forcément que je suis quelqu'un de très important, n'est-ce pas ? Il semblerait que toutes ces choses que j’ai découvertes… Su Hui, Zheng Kaifeng, toute cette sale affaire… ce soit bel et bien une piste capitale ! »
Lu Jia le dévisagea avec stupeur.
Il vit alors l’élégant héritier du clan Zhou esquisser un sourire inattendu.
— « Quel soulagement ! »
- Fête du Printemps (春节, Chūnjié) : Souvent appelée à tort « Nouvel An chinois » en Occident. Cette fête ne se limite pas au passage à la nouvelle année lunaire ; elle marque, comme son nom l'indique, le renouveau du printemps et le début d'un nouveau cycle agronomique. C'est l'événement social le plus important en Chine, caractérisé par des réunions de famille obligatoires et une suspension quasi totale de l'activité professionnelle.



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