Silent Reading : Chapitre 146 - Edmond Dantès XVIII

 

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Xiao Haiyang esquissa un sourire pour détendre l'atmosphère, mais le résultat fut si raide et maladroit qu'il produisit un effet plutôt étrange. Quoi qu'il en soit, à cette vue, le teint de Ma Xiaowei vira au vert.

Le jeune officier de police resta un instant décontenancé.

Il finit par renoncer à toute tentative de cordialité et reprit son masque professionnel, aussi impassible qu'une enseigne de magasin.

— « Tu te souviens de moi ? »

Ma Xiaowei acquiesça avec une prudence teintée d'appréhension.

— « Bonjour, Officier Xiao. »
— « J'ai été muté au Commissariat Central », annonça Xiao Haiyang. « Si je suis venu aujourd'hui, c'est pour revenir sur certains points avec toi. »

Ma Xiaowei entrecroisa ses doigts, les jointures blanchies par la tension.

Perché au bord de sa chaise, la tête basse, il avait l'air d'un accusé ramené une nouvelle fois en salle d'interrogatoire.

Xiao Haiyang observa attentivement chacune de ses réactions.

— « Tu as déjà collaboré avec nous. Nous t'avons sauvé la vie et innocenté du meurtre dont on t'accusait. Sans aller jusqu'à te réjouir de me voir, tu ne devrais pas être aussi nerveux. » Il marqua une pause. « Ma Xiaowei, au fond, tu sais très bien pourquoi je suis là, n'est-ce pas ? »

Les veines saillirent sur le dos des mains du jeune homme.

— « Dans la nuit du vingt mai de cette année », poursuivit Xiao Haiyang, « tu as volé le téléphone portable de He Zhongyi pour le revendre à des trafiquants de drogue. Peu après, He Zhongyi a été assassiné et son corps abandonné sur le lieu même de la transaction. Le lendemain matin, un passant découvrait son cadavre. Alors que la police menait des enquêtes de voisinage, tu t'es disputé avec des riverains, ce qui t'a conduit avec eux au Sous-Bureau du Marché aux Fleurs. C'est là que tu as laissé échapper que tu te trouvais sur les lieux au moment du crime et qu'il s'y était produit quelque chose d'anormal. »

Ma Xiaowei balbutia :

— « Oui… Je vous ai déjà raconté tout ça. »
— « Je sais. » Le regard de Xiao Haiyang, amplifié par les verres épais de ses lunettes, se fixa sur lui. « Ce que je veux savoir, c'est si cette erreur venait de toi ou si quelqu'un t'avait soufflé quoi dire. »

Un frisson parcourut Ma Xiaowei.

— « Tu es timide, peureux et tu mens facilement », lâcha Xiao Haiyang sans détour.

Voyant l'adolescent ouvrir la bouche pour protester, il l'interrompit aussitôt.

— « Inutile de nier. Le vol et le mensonge sont monnaie courante chez les toxicomanes. N'as-tu pas toi-même reconnu avoir volé He Zhongyi avant de lui mentir en face ? »

Il s'adossa légèrement à son siège.

— « C'est justement ce que je ne comprends pas. Tu n'es pas quelqu'un incapable de mentir. Alors pourquoi as-tu craqué après quelques questions de routine ? Était-il si difficile de répondre simplement "je ne sais pas" ? Tu savais que les hommes de Wang Hongliang étaient présents cette nuit-là. En laissant entendre ce que tu savais, n'as-tu jamais eu peur qu'ils te fassent disparaître pour éliminer un témoin gênant ? »

Ma Xiaowei garda le silence, le regard obstinément baissé.

Xiao Haiyang comprit aussitôt qu'il touchait juste. Le jeune homme paraissait écrasé par la culpabilité, incapable de trouver la moindre excuse.

— « La personne qui t'a briefé t'avait-elle assuré que Wang Hongliang et les siens paieraient bientôt pour leurs crimes, et que tu n'avais rien à craindre ? »

Les yeux de Ma Xiaowei s'écarquillèrent imperceptiblement.

Après tout, ce n'était encore qu'un adolescent.

Cette fugace expression de stupeur suffit à le trahir.

La veille au soir, Xiao Haiyang avait passé des heures à préparer cet entretien. Ses efforts n'avaient pas été vains. Conforté par la réaction de son interlocuteur, il poursuivit méthodiquement :

— « Laisse-moi t'apprendre quelque chose. Tu te souviens du soir où je t'ai transféré au Commissariat Central ? Cette nuit-là, les complices de Wang Hongliang ont envoyé un message à leur homme de main sur place. Les consignes étaient simples : éliminer au plus vite le témoin oculaire que tu étais. Si je ne t'avais pas sorti de là avant qu'ils passent à l'action, tu serais mort depuis longtemps. »

Le visage de Ma Xiaowei se vida de ses couleurs.

— « Ce… ce n'est pas possible… »
— « En réalité, tu n'étais déjà plus indispensable », poursuivit Xiao Haiyang sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits. « Les enquêteurs disposaient déjà de pistes solides et s'apprêtaient à récupérer les enregistrements compromettants visant Wang Hongliang. Que tu vives ou que tu meures n'aurait rien changé à l'affaire. Cela aurait simplement ajouté une accusation de plus à son dossier. Ceux qui t'utilisaient se moquaient complètement de ton sort. Ils t'ont abandonné. »

Ces révélations frappèrent Ma Xiaowei de plein fouet.

Xiao Haiyang ne lui accorda aucun répit.

— « Alors parle. Qui t'a donné ces instructions ? »

Les lèvres de Ma Xiaowei se mirent à trembler. Après un long silence, il parvint enfin à articuler quelques mots :

— « C'était… c'était Zhao… Zhao-ge. »
— « Quel Zhao-ge ? » Xiao Haiyang marqua un temps d'arrêt avant de fouiller dans ses souvenirs. « Tu parles du Zhao-ge qui partageait votre appartement et prétendait venir de la même province que He Zhongyi ? Zhao Yulong ? »

Ma Xiaowei se mordit la lèvre et hocha la tête.

Xiao Haiyang fronça les sourcils.

Il se souvenait parfaitement de la manière dont Wang Hongliang avait tenté de faire porter le chapeau à Ma Xiaowei, en le présentant comme le suspect idéal afin d'offrir au Commissariat Central une résolution rapide de cette étrange affaire. Convaincu que quelque chose clochait, il avait pris l'initiative, avec Tao Ran qui partageait ses doutes, d'interroger discrètement plusieurs proches de la victime, dont Zhao Yulong.

À l'époque, cet homme n'avait éveillé aucun soupçon. Il était censé avoir regagné sa province natale pour assister à des funérailles la nuit du meurtre. Ce n'est qu'après l'appel de Xiao Haiyang qu'il avait appris la mort de He Zhongyi et était revenu en urgence à Yancheng. À vrai dire, il ne pouvait même pas être considéré comme un témoin ; cet entretien n'avait été qu'une visite de routine destinée à mieux cerner la victime et son entourage.

Hormis Tao Ran et lui, il était probable que personne dans l'équipe ne se souvienne même de son existence.

Pourtant, avec le recul, les informations fournies par ce Zhao Yulong, qui semblait n'être qu'un personnage secondaire, s'étaient révélées essentielles. C'est après son témoignage que l'enquête s'était orientée vers l'origine du mystérieux téléphone blanc de He Zhongyi et vers son altercation avec Zhang Donglai. Plus important encore, Zhao Yulong avait révélé que He Zhongyi s'était habillé avec soin pour se rendre au Manoir Chengguang afin d'y rencontrer Zhao Haochang, et que les chaussures retrouvées à ses pieds lui appartenaient. Il connaissait donc manifestement très bien les intentions de la victime.

Certes, le premier à avoir mis les pieds au manoir avait été Fei Du, qui y avait croisé He Zhongyi par pur hasard alors que celui-ci cherchait son chemin. Mais même sans cette rencontre fortuite, les déclarations de Zhao Yulong auraient inévitablement conduit les enquêteurs jusque-là. Ils auraient alors compris que la « scène de crime » dont Ma Xiaowei refusait obstinément de parler n'en était pas une, et que l'affaire cachait quelque chose de bien plus vaste.

Une multitude de pensées traversèrent l'esprit de Xiao Haiyang. Il humidifia ses lèvres gercées avant de demander :

— « Tu avais pourtant dit que Zhao Yulong était parti dans sa ville natale pour assister à des funérailles la nuit du meurtre ? »
— « C'est ce qu'il avait dit avant de partir. Mais le lendemain, avant même le lever du jour, il est revenu sans prévenir. Zhongyi n'était pas rentré et les autres colocataires étaient absents, alors j'étais seul dans l'appartement », expliqua Ma Xiaowei entre deux sanglots. « Il m'a secoué pour me réveiller et m'a montré les photos qui circulaient sur internet, celles que vous n'aviez pas encore fait supprimer. Il m'a demandé ce qui s'était passé. Dès que j'ai ouvert les yeux, j'ai vu… j'ai vu Zhongyi-ge… Je… je… »

Submergé par le souvenir, Ma Xiaowei fut incapable d'aller plus loin. Après quelques tentatives avortées, il enfouit son visage dans ses mains et éclata en sanglots.

Xiao Haiyang resta silencieux.

Assis bien droit sur sa chaise, il s'efforçait de conserver la distance d'un observateur impartial. Puis, dans un élan de compassion maladroit, il tendit la main et tapota prudemment l'épaule du jeune homme du bout des doigts.

Il la retira presque aussitôt, comme s'il avait touché quelque chose de brûlant.

— « Zhao-ge m'a demandé ce qui s'était passé », reprit Ma Xiaowei après avoir retrouvé un semblant de calme. « Il m'a dit que le corps de Zhongyi-ge avait été retrouvé en bas et que le quartier était rempli de policiers. Je refusais d'y croire, alors j'ai regardé par la fenêtre. C'est là que j'ai compris que c'était vrai. J'avais la tête qui tournait quand j'ai entendu Zhao-ge dire : "On dirait qu'ils ont retrouvé Zhongyi sur le terrain vague du triangle." »

Il frissonna.

— « En entendant ça, j'ai été terrifié. C'était justement là que j'avais acheté ma dose la veille au soir. Pourquoi Zhongyi-ge se serait-il retrouvé mêlé à ces gens-là ? Il ne touchait jamais à cette cochonnerie, j'en étais certain. Ma première pensée a été : "C'est fini... tout ça est arrivé parce que j'ai vendu son téléphone." »
— « Tu as donc pensé que He Zhongyi avait découvert le vol de son téléphone, qu'il était allé retrouver les trafiquants pour le récupérer et qu'ils l'avaient tué ? » demanda Xiao Haiyang. « Cette idée t'est-elle venue toute seule, ou quelqu'un t'a-t-il orienté dans cette direction ? »

Ma Xiaowei le dévisagea, complètement décontenancé.

Face à son incompréhension manifeste, Xiao Haiyang sentit poindre une profonde lassitude. Ce pauvre gamin n'avait visiblement jamais réalisé qu'il n'avait été qu'un pion entre les mains de quelqu'un d'autre.

— « D'accord », soupira-t-il. « Et ensuite ? »
— « Zhongyi-ge était tellement gentil avec moi… Si je n'avais pas été en manque, je ne lui aurais jamais volé ses affaires ! » balbutia Ma Xiaowei. « J'étais terrorisé. Alors je lui ai tout raconté et je lui ai demandé ce que je devais faire. Mais Zhao-ge m'a répondu : "Si c'est Wang Hongliang et sa bande qui l'ont tué, alors Zhongyi-ge est mort pour rien." »

Xiao Haiyang se raidit aussitôt.

— « Attends. Tu es en train de me dire que Zhao Yulong connaissait déjà les activités de Wang Hongliang et de ses hommes ? » Son regard s'assombrit. « Il se droguait lui aussi ? »

Ma Xiaowei secoua la tête.

— « Non. Il n'était pas comme nous. Mais ça faisait beaucoup plus longtemps qu'il vivait là. Il était au courant de tout. »

Xiao Haiyang fronça de nouveau les sourcils.

Lors de leur unique entretien, Zhao Yulong ne leur avait pourtant pas donné l'impression d'un homme particulièrement bien renseigné. Au contraire, il avait joué le rôle du provincial fraîchement arrivé, jurant qu'il ignorait tout des circonstances de la mort de He Zhongyi.

Un frisson glacé lui parcourut l'échine.

— « Qu'est-ce qu'il t'a demandé de faire ? »
— « Il a regardé dehors discrètement », répondit Ma Xiaowei à voix basse. « Puis il m'a dit qu'il y avait une voiture de police qu'il n'avait jamais vue dans le quartier, ainsi que des policiers en civil. Il avait aussi remarqué que le chef du sous-bureau faisait des courbettes devant quelqu'un d'important. D'après lui, l'affaire avait pris une telle ampleur que de hauts responsables étaient descendus en personne. Il disait que c'était peut-être notre seule chance de rendre justice à Zhongyi-ge. »
— « Attends une seconde... » le coupa Xiao Haiyang, incrédule. « Tu veux dire qu'il était capable de reconnaître un véhicule qui ne dépendait pas du sous-bureau du district ? Et qu'il connaissait Wang Hongliang de vue ? »

Ma Xiaowei hocha la tête, comme si cela allait de soi.

— « Il connaissait énormément de monde. Il pouvait obtenir des renseignements sur n'importe quoi. »

Xiao Haiyang resta silencieux.

Ces jeunes livrés à eux-mêmes, projetés trop tôt dans la jungle de la rue, nourrissaient souvent une confiance quasi mystique envers les fameux « réseaux ». À leurs yeux, tout phénomène inhabituel s'expliquait par l'existence de relations haut placées. Et lorsque cela ne suffisait pas, il restait toujours la théorie des « gars infiltrés partout ».

— « Il m'a dit que la police finirait forcément par interroger les colocataires de Zhongyi-ge », poursuivit Ma Xiaowei. « Mais que les meurtriers et les enquêteurs appartenaient à la même maison, alors leurs questions ne serviraient qu'à sauver les apparences devant leurs supérieurs. Selon lui, si on voulait vraiment obtenir justice, il fallait attirer l'attention de plus haut. Pour ça, il fallait aller faire un scandale directement dans leurs bureaux. »

Il déglutit péniblement.

— « Mais comme c'était leur territoire, ça revenait à les dénoncer en face. Il m'a demandé si j'avais le courage de le faire. Si j'acceptais, je devais suivre ses instructions à la lettre. Il m'a assuré qu'il ne m'arriverait rien. Au pire, je passerais deux ou trois jours au dépôt avant d'être relâché, parce qu'une personne très puissante veillait sur moi dans l'ombre. Et si je refusais, il ne m'en voudrait pas. Après tout, Zhongyi-ge n'était ni un membre de ma famille ni un ami proche, et je ne l'avais pas tué volontairement. »

Ma Xiaowei marqua une pause.

— « Il m'a aussi dit beaucoup de choses... » murmura-t-il en baissant les yeux. « Il m'a raconté qu'il avait vu passer des tas de jeunes comme moi. Qu'ils finissaient tous enterrés sous terre ou brûlés à la sortie de la ville, enveloppés dans une simple natte de paille. Les plus chanceux avaient encore une famille à prévenir. Les autres disparaissaient sans laisser de trace, comme des chiens errants, sans que personne ne sache jamais ce qu'ils étaient devenus. »

Ses doigts tremblaient.

— « Il m'a promis que si je suivais son plan, ce serait considéré comme une coopération méritoire avec la justice. Mes petits vols et ma consommation de drogue seraient oubliés. Je ne serais pas arrêté, je pourrais entrer gratuitement dans un centre de désintoxication et recommencer une vie normale une fois sorti. Personne n'apprendrait jamais que j'avais mal tourné. »

Ma Xiaowei essuya ses larmes, l'air profondément meurtri.

Xiao Haiyang sentit poindre une compassion inhabituelle et, pour une fois, ravala la remarque aussi cruelle que lucide qui lui venait spontanément à l'esprit :

« Il s'est simplement servi de toi comme d'un fusible. »

Il lui fallut encore plus d'une heure pour démêler complètement le vrai du faux dans le récit de Ma Xiaowei. Lorsqu'il prit enfin congé, un détail lui revint soudain en mémoire au moment de franchir la porte.

Remontant ses lunettes sur son nez, il se retourna :

— « Même si Zhao Yulong t'a raconté un tas de mensonges, il ne t'a jamais poussé à commettre un crime. Alors pourquoi avais-tu l'air si terrifié quand je suis entré tout à l'heure ? »

Ma Xiaowei leva vers lui un visage livide.

— « Ma Xiaowei a raconté qu'une voiture l'avait suivi pendant son transfert entre le Commissariat Central et le centre de rééducation », rapporta Xiao Haiyang d'un ton officiel, assis bien droit sur le canapé de Luo Wenzhou. « À un moment, le conducteur lui a montré le message "Tu as fait du bon boulot." Il portait des lunettes noires et ce n'était pas Zhao-ge. Ça l'a terrifié. Il a cru que quelqu'un avait découvert ses échanges avec Zhao Yulong et qu'un survivant de la bande de Wang Hongliang venait lui faire comprendre qu'il était surveillé. Pour lui, ce message ressemblait davantage à une menace qu'à un compliment. »

Le canapé de Luo Wenzhou était si moelleux qu'on s'y enfonçait aussitôt assis.

Mais Xiao Haiyang semblait déterminé à résister à toute forme de confort. Assis au bord du coussin, le dos parfaitement droit, il paraissait raide comme un piquet, offrant un contraste saisissant avec Fei Du installé à ses côtés.

Le menton posé sur l'accoudoir, Fei Du était pratiquement affalé sur toute la longueur du canapé, aussi dépourvu d'ossature qu'une méduse. Luo Yiguo, fidèle à lui-même, imitait parfaitement cette posture. Étendu contre sa jambe, la tête de travers, le chat dormait profondément, répandant généreusement ses poils sur le pantalon hors de prix du Président Fei.

Fei Du, Xiao Haiyang, Lang Qiao et Luo Wenzhou s'étaient réunis autour de la table basse, transformant temporairement le salon en quartier général improvisé. Au centre, le téléphone placé en mode haut-parleur maintenait Tao Ran, toujours immobilisé à l'hôpital, au cœur de la discussion.

— « Je me souviens de ce Zhao Yulong », intervint sa voix à travers le haut-parleur. « Sans parler de Xiao Haiyang, même moi je n'ai rien remarqué d'anormal chez lui. Si tout ça est vrai, c'est franchement effrayant... Allô ? Il y a un problème de réseau ? Pourquoi ça grésille autant ? »

Luo Wenzhou se leva sans un mot et souleva délicatement Luo Yiguo, qui ronronnait de contentement contre la jambe de Fei Du, avant d'aller le déposer dans son panier.

— « J'ai vérifié les informations d'identité enregistrées à l'époque », poursuivit Xiao Haiyang. « Un homme nommé Zhao Yulong existe bien et est effectivement venu travailler à Yancheng. Mais il est retourné dans sa province natale il y a cinq ans déjà, et son mandarin est loin d'être irréprochable. Il n'a rien à voir avec l'homme que nous avons interrogé. Il s'agit manifestement d'une usurpation d'identité : le véritable Zhao Yulong avait signalé la perte de ses papiers quelque temps auparavant. »
— « Les occupants de ces logements exigus étaient pour la plupart de jeunes ouvriers sans ressources venus tenter leur chance en ville », observa Tao Ran à travers le haut-parleur. « Ce faux Zhao Yulong se fondait parfaitement dans le décor, mais avec le recul, il se distinguait quand même des autres. Comment dire... Il dégageait quelque chose de particulièrement soigné, une forme de dignité naturelle. »

Il marqua une pause.

— « J’ai commis une erreur. Je n'ai pas approfondi à l'époque. J'ai simplement pensé qu'il traversait une période difficile à cause du décès d'un proche. »
— « Mais alors, qu'est-ce qu'il faisait là ? » demanda Lang Qiao en fronçant les sourcils. « Il s'était infiltré pour recueillir des preuves contre le trafic de drogue de Wang Hongliang et de sa bande ? Une sorte de justicier solitaire décidé à faire le ménage ? »

Fei Du prit la parole d'une voix basse :

— « D'après le récit de Ma Xiaowei, cet homme semble être resté dans l'ombre pendant de nombreuses années. S'il avait réellement voulu démanteler ce réseau criminel, il s'y serait pris autrement, au lieu de... »
— « Au lieu de rester spectateur pendant toutes ces années, en regardant les autres courir à leur perte sans intervenir », acheva Luo Wenzhou en lançant un regard appuyé à Fei Du. « Et toi, arrête de parler. Entendre ta voix dans cet état me donne mal à la gorge par procuration. »

Lang Qiao resta figée un instant.

Elle eut soudain la sensation d'avoir posé la question de trop. Incapable de savoir où regarder, elle chercha instinctivement du soutien auprès de Xiao Haiyang, qui affichait exactement la même expression ; celle d’une personne regrettant d'être présente.

— « Alors qui était vraiment ce faux Zhao Yulong ? »

 

 

 

 

 

 


 Moi aussi je veux ronronner contre Fei.... *vu le regard de Wenzhou je vais me taire*

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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