Silent Reading : Chapitre 145 - Edmond Dantès XVII

 

Retour au Sommaire     


 

 

 

 

Il est tout à fait naturel pour un adulte de n’avoir aucun souvenir de ce qui s’est produit avant ses dix ans.

À ce sujet, Luo Wenzhou restait intimement persuadé que les anecdotes ridicules circulant à son sujet, comme celle où, enfant, il aurait pris d'assaut un tas de charbon armé d'un pistolet en plastique, n'étaient que de pures inventions de la camarade Mu Xiaoqing destinées à ternir sa réputation.

Le cas de Fei Du, en revanche, sortait de l’ordinaire : le jeune homme se rappelait avec une netteté absolue tout le contexte de l’époque, jusqu’au ton exact employé par Fei Chengyu.

Pour quelle obscure raison avait-il occulté ce seul fragment de mémoire ?

Néanmoins, l’état actuel de Fei Du ne se prêtant visiblement plus à un interrogatoire, le Capitaine Luo dut se résoudre à battre en retraite.

Tout en vérifiant sa température, il commença à culpabiliser, soupçonnant leurs ébats passionnés de tout à l'heure d'être à l'origine de ce coup de froid. Pourtant, le thermostat affichait près de vingt-sept degrés ; une température à laquelle on ne risquait pas de frissonner, même en manches courtes.

Après mûre réflexion, Luo Wenzhou ne trouva qu'une seule explication rationnelle : Fei Du devait appartenir à la même catégorie que les poissons tropicaux, ces créatures d'une constitution désespérément fragile.

Mais si son corps pliait sous la fatigue d’un effort excessif, l’esprit du Président Fei refusait catégoriquement de s’accorder le moindre répit. Tandis qu'il sombrait dans le sommeil, ses pensées s'éparpillèrent en tous sens.

Il rêva d'abord qu’il avait sorti une boîte de pâtée pour chat sans penser à l'ouvrir pour Luo Yiguo. Puis son esprit dériva vers un autre songe où Luo Wenzhou, contrarié pour une raison obscure, l'ignorait superbement malgré toutes ses tentatives pour l'amadouer. Enfin, il se retrouva projeté au jour où Tao Ran avait été transporté d’urgence à l’hôpital.

Dans la réalité, lorsqu’avec son amant ils étaient arrivés sur place, leur ami se trouvait déjà au bloc opératoire. Ils n’avaient pu l’apercevoir brièvement qu'après la stabilisation de son état, lors de son transfert dans une chambre classique. Dans les méandres de ce cauchemar décousu, cependant, Fei Du vit un Tao Ran couvert de sang, les chairs déchirées laissant entrevoir des os brisés qui perçaient la peau. Son visage avait pris une teinte violacée inquiétante et ses yeux exorbités offraient le spectacle terrifiant d'une lente asphyxie.

Fei Du ouvrit brusquement les yeux, arraché à son sommeil par un sursaut de terreur.

Ses paupières lui semblaient lourdes, mais à l'instant même où elles se soulevèrent, ses pensées tumultueuses furent aussitôt remises en ordre par des années d'un contrôle de soi quasi parfait. Les sourcils froncés, il entreprit d'analyser ce cauchemar où quelque chose clochait.

Tao Ran avait été blessé dans un accident de voiture. Dès lors, pourquoi son subconscient lui avait-il attribué les symptômes d'une strangulation ?

Cela n'avait aucun sens.

Mais même Stephen Hawking n'aurait pu exiger de ses rêves une cohérence irréprochable et cette interrogation s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue, remplacée par un profond inconfort physique. Tout son corps lui semblait douloureusement raide, comme après être resté trop longtemps dans une position inconfortable.

Fei Du écarta délicatement les bras de Luo Wenzhou qui l'enlaçaient avec une possessivité toute instinctive. Il tenta de se retourner, mais le matelas, d'ordinaire si moelleux, lui parut aussi dur qu'une dalle de béton. Quel que soit le côté sur lequel il se couchait, la surface semblait meurtrir ses os. Bien qu'il ne fût recouvert que d'une légère couette, celle-ci lui pesait sur la poitrine au point de gêner sa respiration. Impossible de trouver une position confortable.

Alors qu'il changeait de posture pour la troisième fois avec d'infinies précautions, Luo Wenzhou, que même un coup de tonnerre peinait habituellement à réveiller, alluma soudain la lampe de chevet.

— « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Fei Du n'avait pas la force de répondre.

Il enfouit la moitié de son visage dans l'oreiller pour fuir la lumière et secoua faiblement la tête.

Luo Wenzhou tendit aussitôt la main pour lui toucher le front avant de se redresser d'un bond.

— « Tu es brûlant comme un fourneau et tu trouves encore le moyen de secouer la tête ! »

Fei Du entrouvrit les yeux d'un air vague, observant Luo Wenzhou se précipiter hors de la chambre à la recherche d'un antipyrétique.

À l'époque où il vivait seul, la pharmacie de Luo Wenzhou se résumait essentiellement à de l'huile de carthame1 et à de la poudre de Yunnan Baiyao2. Il possédait une réserve quasi inépuisable de pansements et d'éosine, mais le reste de ses armoires ne contenait guère que des médicaments périmés.

Il fouilla les boîtes et retourna les tiroirs avec acharnement.

À côté de lui, Luo Yiguo refusait catégoriquement de coopérer.

Le félin avait mis la patte sur une boîte de conserve encore fermée et s'employait à la traîner à travers l'appartement, la griffant et la mordant avec application. Chaque fois qu'elle roulait sur le parquet, elle produisait un vacarme infernal.

Luo Wenzhou lui lança un regard noir.

— « Continue ton cirque et je t'enferme sur le balcon ! »

Pour toute réponse, Luo Yiguo repoussa la boîte du bout de la patte, releva le museau et soutint son regard avec une défiance farouche, manifestement prêt à mener cette guerre jusqu'au bout.

Luo Wenzhou n'avait cependant pas le luxe de céder à ses caprices.

Il finit par mettre la main sur une boîte de fébrifuge, vérifia la notice ainsi que la date de péremption et, constatant qu'elle était toujours valable, retourna aussitôt auprès de Fei Du.

Alors qu’il lui tendait le médicament, Luo Wenzhou ne put s’empêcher de pousser un soupir de résignation.

— « Président Fei, il va vraiment falloir qu'on discute. Est-ce qu'on pourrait se mettre au sport dès demain et essayer d'instaurer une véritable hygiène de vie ? »

Fei Du n’avait plus la force de plaisanter.

Il se contenta de marmonner d’une voix un peu vague :

— « Demain, ça me va. »

Il se força à avaler quelques gorgées d’eau, repoussa le verre d’une main tremblante, puis tapota deux fois le dos de la main de Luo Wenzhou en guise de remerciement avant de se recroqueviller sans plus bouger.

En temps normal, Fei Du excellait dans l'art de faire tourner son entourage en bourrique. Mais lorsqu'il finissait par admettre qu'il était malade, il devenait d'un calme presque déconcertant. On aurait dit qu'il procédait méthodiquement à l'inventaire de ses ressources déclinantes pour réduire intelligemment toutes les fonctions non essentielles de son organisme, réservant la moindre parcelle d'énergie à son système immunitaire.

Luo Wenzhou l'observa longuement, non sans inquiétude, avant de constater que ce patient-là savait parfaitement se gérer tout seul.

Il n'avait ni la mauvaise habitude de repousser sa couverture ni celle de s'agiter dans tous les sens.

Pris d'un élan de tendresse, Luo Wenzhou passa doucement la main dans ses cheveux.

— « Qui s'occupait de toi, autrefois, quand tu tombais malade ? »

Fei Du voulut lui répondre que les petits maux ne méritaient pas qu'on s'y attarde et que les plus graves se réglaient à l'hôpital. Mais ses lèvres remuèrent à peine sans parvenir à former le moindre son.

L'effet soporifique de l'antipyrétique commençait déjà à l'engourdir. Les bruits de pas de Luo Wenzhou autour du lit lui parvenaient comme à travers une épaisse cloison, toujours plus lointains. Bientôt, tout se dissipa dans un brouillard cotonneux.

Emportant avec lui cette réponse restée en suspens, Fei Du sombra dans le sommeil.

Cette question sans réponse quitta peu à peu sa conscience pour s'infiltrer jusque dans ses rêves.

Dans son sommeil, il revit sa chambre d'enfant.

Toute la villa avait été aménagée selon les goûts exclusifs de Fei Chengyu, y compris les appartements de sa femme et de son fils. Les meubles aux teintes sombres et opulentes dégageaient une atmosphère pesante qui semblait écraser la personnalité de leurs occupants jusqu'à n'en laisser aucune trace. Tout y paraissait froid et austère.

Fort heureusement, la chambre était orientée plein sud et baignait dans une lumière généreuse.

Fei Du se revit vaguement, un jour où un refroidissement brutal l'avait cloué au lit avec une forte fièvre. Adossé à sa tête de lit, il laissait les rayons du soleil réchauffer son corps.

Profitant de l'absence de Fei Chengyu, il avait sorti en cachette une bande de papier dissimulée dans sa trousse.

Trois séries de chiffres y étaient griffonnées.

S'introduire clandestinement dans un lieu interdit était le genre d'expérience qui appelait inévitablement une récidive. Pendant près de six mois, Fei Du avait observé le moindre geste de Fei Chengyu, collectant en secret tous les codes qu'il utilisait dans son quotidien. Il avait ensuite dressé un inventaire méthodique de ses habitudes de chiffrement afin d'en dégager la logique sous-jacente, dans l'espoir de reconstituer le code d'accès du sous-sol.

Il n’avait pas le droit à l’erreur : la moindre tentative infructueuse déclencherait l’alarme et Fei Chengyu en serait immédiatement averti sur son téléphone, où qu’il se trouvât. Après d’infinis calculs, Fei Du était parvenu à isoler trois combinaisons potentielles, mais il lui était absolument impossible de déterminer laquelle était la bonne.

C’est alors que l’on frappa à la porte.

Fei Du venait tout juste de dissimuler en catastrophe son morceau de papier au fond de sa trousse lorsque sa mère entra dans la chambre, un verre de fébrifuge soluble à la main.

Avec une infinie douceur, elle remplaça la serviette brûlante et détrempée qui lui ceignait le front, puis utilisa un linge humide pour lui rafraîchir le corps. Tout au long de l'opération, elle agit comme un automate, accomplissant chaque geste avec une application méthodique tout en se refusant à croiser son regard, comme si le moindre contact superflu risquait d'attirer le malheur sur leurs têtes.

Il voulut murmurer “maman”, mais le mot resta douloureusement bloqué dans sa gorge. Ses lèvres ne firent que s'entrouvrir.

Une fois sa tâche accomplie, elle parut s'alléger de sa noirceur habituelle ; sa démarche retrouva même un semblant de vivacité.

Le petit Fei Du brûlait de lui parler, mais il ignorait par où commencer. Voyant qu'elle s'apprêtait à quitter la pièce, il tendit précipitamment le bras pour la retenir par la manche. Dans son mouvement, la trousse restée ouverte sur ses genoux glissa et se renversa sur le sol, laissant échapper la fameuse bande de papier.

L’air sembla se figer.

Après un silence interminable, sa mère se baissa pour ramasser la trousse ainsi que le petit morceau de papier. Instinctivement, Fei Du retint son souffle.

La jeune femme leva enfin les yeux vers lui.

L'expression qui traversa son regard était si complexe qu'il lui fut impossible de l'interpréter. Paniqué, il crispa ses doigts sur sa couette.

Allait-elle tout rapporter à Fei Chengyu ? Allait-elle sombrer dans une nouvelle crise de folie ?

Tandis que son angoisse grandissait, sa mère fit mine de n'avoir rien compris à ces alignements de chiffres. Elle replaça délicatement le papier dans la trousse, qu’elle déposa sur ses jambes. Puis elle se pencha pour déposer un baiser sur le sommet de son crâne avant de quitter la chambre.

Lorsque le déclic de la porte retentit enfin, Fei Du ressortit la bande de papier d'une main hésitante.

C'est alors qu'il remarqua une marque d'ongle très nette imprimée juste sous l'une des trois combinaisons.

Trois jours plus tard, profitant d’un déplacement professionnel de Fei Chengyu, il composa ce code et vit la lourde porte blindée du sous-sol s’ouvrir devant lui.

L'endroit ressemblait à un sanctuaire interdit.

L'escalier étroit en colimaçon s'enfonçait dans des profondeurs dont il était impossible de distinguer le terme depuis le sommet. La lumière blafarde des appliques vacillait le long des murs décorés de dragons. On aurait dit qu'un monstre demeurait tapi dans l'ombre, la gueule grande ouverte.

Dans son rêve, tandis qu'il descendait les marches une à une, il crut apercevoir sa mère qui l'observait depuis le premier étage.

Lorsqu'il poussa la porte de la pièce, une étrange brume violacée semblait flotter autour du bureau et des armoires. Il s'approcha du sous-main d'un pas hésitant et y découvrit une pile de mémoires imprimés.

Puis le rêve bascula.

Les caractères imprimés sur les feuilles se mirent à enfler, s'étalant sur le papier comme des traînées de sang. L'espace autour de lui vacilla brutalement. Le sol et le plafond volèrent en éclats.

Un vacarme assourdissant l'assaillit : verre brisé, bruits de pas précipités, hurlements de femme.

Une sensation d'étouffement lui broya soudain la gorge, lui arrachant jusqu'à son souffle.

Au même instant, il lui sembla entendre la voix d'un homme murmurer tout près de son oreille :

— « Mon projet, l’Album Photos, va lui aussi pouvoir voir le jour… »

Fei Du se réveilla en sursaut, baigné d'une sueur glacée.

Il se redressa brusquement mais, saisi d'un violent vertige qui fit tanguer toute la pièce autour de lui, retomba aussitôt en arrière, directement dans les bras protecteurs de Luo Wenzhou.

— « Ne repousse pas encore tes couvertures. »

Son amant le ramena doucement contre lui et essuya la sueur qui perlait à ses tempes.

Soulagé de constater que sa température avait enfin chuté, il déposa un baiser apaisant sur son front.

— « Tu as fait un cauchemar ? C’est fréquent de s'agiter après avoir pris des fébrifuges. J’ai passé la nuit à attendre que tu te réfugies dans mes bras. Viens là, laisse-moi te consoler un peu. »

Le sifflement strident qui lui vrillait les oreilles commença peu à peu à s'estomper.

Après une brève hésitation, Fei Du murmura :

— « Ce n’était pas vraiment un cauchemar. C’était plutôt… une intrigue totalement rocambolesque. »
— « … Une intrigue rocambolesque ? » s'étonna Luo Wenzhou. « Tu t'envolais à bord d'un train spatial ? »

Taquiner un malade dès le saut du lit était d’un goût douteux. À court de répartie, Fei Du lui asséna un petit coup de coude.

— « J'ai déchiffré le code dès ma première tentative parce que ma mère m'a soufflé un indice », expliqua Fei Du. « Et aussi… il me semble avoir entendu Fei Chengyu parler de “son Album Photos”… »

Luo Wenzhou marqua un temps d'arrêt.

— « Tu ne te rappelles donc plus comment tu as ouvert cette porte blindée ? »
— « Si, je me souviens avoir isolé plusieurs combinaisons possibles avant de tenter ma chance et, par un coup de veine phénoménal, le premier essai s'est avéré être le bon… »

Fei Du s'interrompit brusquement.

Il venait de déceler une anomalie flagrante.

En analysant avec le recul son propre fonctionnement d'enfant, il savait qu’il n’aurait jamais pris le risque de déclencher la fureur de Fei Chengyu en saisissant au hasard un code dont il n'était pas certain.

Sa mère lui avait-elle réellement fourni cet indice ?

Pourquoi son esprit n'en avait-il conservé aucun souvenir conscient ?

Luo Wenzhou posa doucement sa main sur ses yeux pour lui masquer la lumière.

— « Rendors-toi. Nous aurons tout le temps de démêler ces vieilles histoires lorsque tu iras mieux. »

Une fois Fei Du rendormi, Luo Wenzhou se glissa hors du lit sans bruit, fit réchauffer le petit-déjeuner et le transvasa dans un récipient isotherme.

Puis, après lui avoir laissé un mot, il se rendit seul aux archives du Commissariat Central.

En temps normal, la consultation de documents officiels, et plus encore de dossiers classés secrets, exigeait une procédure administrative stricte. Mais en cette période de crise inédite, s'il avait choisi la voie réglementaire, il n'aurait trouvé aucun supérieur disponible pour signer son autorisation. Heureusement, le responsable des archives avait fumé un nombre incalculable de cigarettes offertes par le Capitaine Luo ; il ferma donc les yeux et le laissa fouiner tout son saoul.

Luo Wenzhou passa les rayonnages au peigne fin mais, comme il s'y attendait, ses recherches ne donnèrent rien de probant.

Le dossier consacré au projet de l’Album Photos se réduisait à un mince livret contenant quelques informations générales. On y trouvait également plusieurs études superficielles qui s'apparentaient à de simples compilations réalisées à la hâte.

Pourtant, le directeur officiel du projet n'était autre que le professeur Fan Siyuan de l'Université de Sécurité Publique de Yancheng. Or, parmi les documents conservés, sa signature n'apparaissait nulle part, ni comme auteur ni comme directeur de recherche.

Le dossier personnel de Fan Siyuan s'avérait tout aussi maigre. Seuls ses états de service et l'historique de ses publications y figuraient, avant de s'interrompre brutalement treize ans plus tôt.

Plus étrange encore, sa date officielle de décès ne remontait qu'à dix ans.

Par le passé, Lao-Yang l'avait vaguement évoqué devant lui, se contentant de mentionner qu'il était mort. Luo Wenzhou avait toujours supposé qu'il s'était suicidé pour échapper aux sanctions après le scandale de l’Album Photos, ou qu'il avait trouvé la mort dans quelque accident survenu lors de son arrestation.

Il n'aurait jamais imaginé découvrir qu'il n'en était rien.

C’était la première heure de la matinée. Le responsable du service le héla avant de s’absenter un instant pour se rendre aux toilettes. Saisissant aussitôt l’occasion, avec la dextérité d’un voleur chevronné, il copia en un éclair l’intégralité des dossiers répertoriés ayant servi à la première version de l’Album Photos.

Au moment de quitter les lieux, son regard s’attarda une dernière fois sur les états de service de Fan Siyuan, et une illumination soudaine lui traversa l’esprit.

Mais bien sûr !

Le Directeur Lu lui avait confié jadis qu’après son entrée dans la police, Gu Zhao avait suivi un cursus de second cycle à l’Université de Sécurité Publique de Yancheng !

Xiao Haiyang s’était rendu au centre de rééducation dès l’aube.

Un tel établissement n’avait rien d’un jardin public où l’on pouvait entrer et sortir à sa guise ; le jeune homme dut prendre son mal en patience durant ce qui lui sembla une éternité avant de voir enfin apparaître Ma Xiaowei.

Il poussa intérieurement un soupir de soulagement.

Avec la série de catastrophes qui s’abattait sur leurs enquêtes ces derniers temps, il avait craint qu’au moment même où il touchait au but, on lui annonce que le toxicomane avait lui aussi été réduit au silence.

Ma Xiaowei avait repris un peu de poids et ne présentait plus l’aspect squelettique d’un homme en manque, mais son attitude demeurait particulièrement apathique.

Cette léthargie s’évanouit toutefois à l’instant même où ses yeux croisèrent ceux de Xiao Haiyang.

Il se crispa aussitôt de la tête aux pieds.







Moi je suis sûre que c'est les souvenirs et le fait de réveiller sa mémoire sur cet événement particulier qui rend mon chaton malade... 🥹​😢​😭​

 

 

 

 

  1. Huile de carthame (红花油, hónghuā yóu) : L'huile de carthame est un liniment traditionnel chinois à base d'huile essentielle extraite des fleurs de carthame (Carthamus tinctorius), souvent mélangée à d'autres plantes médicinales (menthe, camphre, cannelle, etc.). Elle est utilisée en application externe pour soulager les douleurs musculaires, les entorses, les ecchymoses, les rhumatismes et les gonflements. On la trouve dans toutes les pharmacies chinoises et dans la plupart des foyers. 

    Son odeur est très caractéristique (forte, camphrée, un peu âcre) et immédiatement reconnaissable. Dans la culture populaire chinoise, l'huile de carthame est souvent mentionnée comme le remède de grand-mère par excellence.

  2. Poudre de Yunnan Baiyao (云南白药, Yúnnán báiyào) : Le Yunnan Baiyao (littéralement « poudre blanche du Yunnan ») est un médicament traditionnel chinois extrêmement célèbre, dont la formule est tenue secrète et classée comme trésor national. Il est principalement utilisé comme hémostatique : il arrête les saignements, réduit l'inflammation, soulage la douleur et accélère la cicatrisation. Il se présente souvent sous forme de poudre (à appliquer directement sur une plaie) ou de capsules. 

    Développé au début du XXe siècle par un médecin militaire du Yunnan nommé Qu Huanzhang, il a été utilisé pendant les guerres et reste aujourd'hui un incontournable de toute trousse de secours chinoise, un peu comme la Bétadine ou l'Arnica en France, mais avec une aura quasi mythique.

 

 

 

 

 


 

 

 

Vous pouvez me retrouver sur : Instagram - TikTokWattpad  - AO3 -Tumbler

 

Retour au sommaire 

 

 

Commentaires

Populaires

Silent Reading : Chapitre 115 - Verhovensky XXVI

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR