Silent Reading : Chapitre 142 - Edmond Dantès XIV

 

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Les oreilles du Capitaine Luo semblaient travailler de concert avec ses yeux. Sans même tourner la tête, il remarqua aussitôt que l'expression de Fei Du venait de changer.

— « Qu'est-ce qu'il y a ? »
— « Il y a treize ans… » murmura Fei Du d'une voix si basse qu'elle sembla se dissiper dès qu'elle franchit ses lèvres.

Après un court silence, il ajouta :

— « Le tout premier projet de l'Album Photos remonte lui aussi à treize ans. »

Zhou Huaijin et Luo Wenzhou l'interrogèrent en même temps.

L'un ignorait totalement ce dont il parlait ; l'autre comprenait le sujet sans parvenir à en saisir le lien.

Pour une fois pourtant, Fei Du ne répondit pas immédiatement. Lui qui se montrait d'ordinaire si accommodant se mura dans le silence. Les mains jointes sous le menton, il resta longtemps plongé dans ses pensées, comme s'il cherchait son chemin au fond d'un souvenir enfoui.

Pendant ce temps, à l’Hôpital numéro 2...

Xiao Haiyang bloquait fermement l'entrée de la chambre, observant le faux aide-soignant qui maintenait l'infirmière par le cou comme s'il ne tenait qu'un vulgaire poulet entre ses mains.

— « Tu ne pourras pas t'enfuir », lança-t-il.

Ses poumons semblaient sur le point d'exploser et chaque respiration lui arrachait un souffle saccadé, mais sa voix demeurait étonnamment ferme.

— « Le bâtiment est cerné. Même si tu prends un otage et que tu réussis à quitter cette chambre, tu n'iras pas loin. »

Le regard de l’agresseur s'agitait dans tous les sens, trahissant une nervosité grandissante.

De fines gouttes de sueur perlaient sur son front.

— « Faites-moi amener une voiture ! »
— « L’hôpital est à deux pas du centre-ville. Il y a des caméras partout », répliqua Xiao Haiyang en avançant d'un pas prudent. « Même avec une voiture, tu te feras arrêter avant d'avoir quitté Yancheng. »
— « Recule ou je l'égorge ! »

C'est à ce moment-là que Lang Qiao arriva en renfort.

En voyant les jambes de Xiao Haiyang trembler encore comme des roseaux sous le vent, elle l'attrapa par l'arrière de sa veste et le tira sans ménagement derrière elle.

— « Si tu la tues, tu es fini », déclara-t-elle. « Réfléchis bien. Si tu te rends maintenant, ce ne sera qu'une tentative. Il restera encore une marge de manœuvre. Mais si tu lui fais du mal, tu deviendras un meurtrier. Et là, il n'y aura plus rien à négocier. Pense un peu à ton avenir. »

Tout en parlant, elle adressa un rapide coup d'œil à son collègue derrière elle.

Profitant de l'occasion, elle se plaqua discrètement contre le mur et commença à progresser à l'intérieur de la chambre.

L'agresseur se repositionna aussitôt pour lui faire face.

— « Stop ! Ne fais pas un pas de plus ou je... »
— « Tu as bien vu dans quel état est Yin Ping », le coupa Xiao Haiyang depuis l'entrée. « Même sans que je te dise quoi que ce soit, tu peux le constater toi-même. Son opération a échoué. On ignore s'il survivra. Et même s'il s'en sort, il restera probablement dans un état végétatif. Quant à l'hypothèse où il se réveillerait un jour, il serait paralysé et sénile. Tu crois vraiment qu'il pourra dénoncer qui que ce soit ? Pour le reste de sa vie, sa bouche ne lui servira qu'à baver... en admettant qu'il lui reste encore une vie à vivre. »

Le criminel vacilla malgré lui.

— « Pose ce couteau », ordonna Lang Qiao.
— « Tu n'as toujours pas compris ? » reprit Xiao Haiyang sans lui laisser le temps de réfléchir. « Celui qui t'a envoyé ici t'a raconté n'importe quoi. On t'a roulé. »

En entendant cela, Lang Qiao comprit à son tour ce que Xiao Haiyang venait de réaliser.

Une sueur glacée lui parcourut instantanément l'échine.

— « C'est vrai », enchaîna-t-elle sans hésiter.
— « Exactement », confirma Xiao Haiyang, les yeux rivés sur la main armée du couteau. « Pourquoi risquer ta peau pour quelqu'un qui est déjà pratiquement condamné ? »

Positionnés à deux extrémités de la pièce, les deux policiers coordonnaient leurs paroles avec une précision remarquable. Tantôt ils semblaient se contredire, tantôt ils reprenaient exactement le fil de la pensée de l'autre. Pris entre eux, le criminel avait l'impression d'être enfermé au sommet d'un triangle dont il ne pouvait s'échapper.

Ses yeux passaient frénétiquement de l'un à l'autre.

— « Fermez-la ! Fermez-la tous les deux ! »

Xiao Haiyang profita de cette hésitation pour avancer encore.

Au même instant, plusieurs policiers accourus après l'alerte pénétrèrent dans la chambre derrière lui, renforçant encore la pression.

Pris de panique, le criminel recula instinctivement vers l'espace le moins encombré, entraînant l'infirmière avec lui.

— « Reculez ! »
— « Impossible », répondit Xiao Haiyang.

Son regard ne quittait pas le poignet qui tenait le couteau.

Il remarqua les tremblements de plus en plus violents qui l'agitaient et décida de porter l'estocade.

— « C'est pourtant évident. Quelqu'un t'a envoyé ici pour te faire porter le chapeau. On t'a poussé droit dans un piège. La situation est limpide. Tu ne comptes pas dénoncer celui qui t'a manipulé ? Tu es vraiment prêt à commettre un enlèvement et un meurtre pour quelqu'un qui t'abandonnera dès que les choses tourneront mal ? »

La main du criminel se mit à trembler de plus en plus violemment.

Il avait pesé chaque mot et devait bien admettre que les affirmations de Xiao Haiyang n'avaient rien d'un bluff.

Ce dernier soutint son regard sans ciller et afficha un rictus méprisant d'un naturel presque déconcertant.

— « T'es complètement idiot ou quoi ? »

L'agresseur se figea.

C'est précisément à cet instant que la jeune infirmière, habituée par son métier à gérer les patients agressifs et les familles en crise, saisit l'occasion. Faisant preuve d'un sang-froid remarquable, elle choisit le moment parfait pour planter ses dents dans la commissure charnue entre le pouce et l'index de son agresseur.

Déjà ébranlé par la réalité de l'état de Yin Ping, bien différente de ce qu'on lui avait laissé croire, et assommé par les attaques psychologiques incessantes de Xiao Haiyang, le criminel avait l'esprit complètement désorganisé. Pris au dépourvu par cette morsure féroce, il poussa un hurlement de douleur et relâcha sa prise par pur réflexe.

Elle ne laissa pas passer sa chance, lui écrasant violemment le pied de son talon.

— « Baisse-toi ! » hurla aussitôt Lang Qiao.

L'infirmière se laissa tomber sans hésiter.

Au même instant, un plateau médical fendit l'air avant de s'abattre lourdement sur le suspect, projetant son couteau au loin dans un fracas métallique. Le projectile passa si près de la tête de la jeune femme qu'elle laissa échapper un cri de frayeur, tandis que plusieurs inspecteurs de la brigade criminelle se ruaient simultanément sur l'agresseur.

Le fil des réflexions profondes et inhabituelles de Fei Du fut brusquement interrompu par une sonnerie de téléphone.

Dans la voiture, Luo Wenzhou décrocha l'appareil relié à l'habitacle.

À travers une communication hachée par les interférences, Lang Qiao lui annonça brièvement que le suspect avait été maîtrisé et placé en détention.

— « Je suis désolée, Capitaine. C'est de ma faute. Je n'ai pas été assez vigilante. L'état de Yin Ping s'est brusquement aggravé. Les médecins ont dû le transférer en réanimation pour une raison que nous ignorons encore. Ils sont tous très pessimistes quant à son pronostic. Il y a un va-et-vient incessant dans le service, tout le monde s'affaire pour tenter de le sauver, alors nous n'avons pas... »
— « Je ne vous avais pas répété que Yin Ping était un témoin clé ? » gronda Luo Wenzhou entre ses dents. « Il suffit que je tourne le dos cinq minutes pour que tout parte en vrille. Magnifique. J'imagine que vous avez tous décidé de renoncer à vos primes de fin d'année ? Depuis quand êtes-vous devenus aussi soucieux de faire économiser l'argent public ? »

Lang Qiao n'osa pas se justifier.

Elle se contenta d'encaisser la réprimande en silence.

— « Ramenez-le immédiatement au Commissariat Central », ordonna froidement Luo Wenzhou. « Ne vous imaginez pas que l'absence des directeurs signifie que je ne garde plus un œil sur vous. Vous n'avez manifestement pas encore rédigé assez d'autocritique. »

Sans lui laisser l'occasion de répondre, il coupa la communication.

Puis il donna un brusque coup de volant et s'engagea avec humeur sur la bretelle de changement de direction.

Fei Du noua puis dénoua machinalement son écharpe, tandis que ses doigts revenaient sans cesse frotter la peau de son cou. Son front se creusait de rides de plus en plus marquées.

À leur arrivée au Commissariat Central, Zhou Huaijin fut naturellement pris en charge en tant que témoin clé. Luo Wenzhou lui trouva un agent pour l'escorter à l'intérieur, puis alla garer la voiture à sa place habituelle.

Après avoir coupé le moteur, il ne se hâta pas de descendre. Profitant encore de la chaleur résiduelle de l'habitacle, il se tourna vers Fei Du et écarta doucement sa main, qui s'acharnait à lui irriter le cou au point de presque lui arracher la peau.

— « Dis-moi ce qui te tracasse. »
— « Imaginons que je sois le cerveau qui a orchestré le piège ayant coûté la vie à Gu Zhao il y a treize ans », commença Fei Du d'une voix étonnamment froide. « Ma première étape consiste à exploiter la confiance absolue que Gu Zhao me porte pour suivre l'avancée de son enquête et identifier ses informateurs. Ces gens-là vivent toujours dans les zones grises de la société. Ils savent qu'ils ne finiront probablement pas leur vie dans leur lit et poursuivent chacun leurs propres intérêts. Avec suffisamment de menaces ou d'appâts, les faire plier n'est pas très compliqué. »

Il marqua une pause.

— « Mais cette méthode comporte un risque considérable. Que se passe-t-il si l'un d'eux décide soudainement d'aller tout raconter à Gu Zhao ? Il suffirait d'un seul mot pour qu'il remonte jusqu'à moi. »

Luo Wenzhou laissa échapper un sifflement discret.

— « Alors quelle serait la solution ? » poursuivit calmement Fei Du.

Ses doigts effleurèrent sa lèvre supérieure.

Son visage demeurait impassible, mais une étrange distance teintait sa voix, comme s'il observait les événements à travers les yeux de celui qui tirait toutes les ficelles.

— « Il faut pousser la cible à trahir Gu Zhao avant même de révéler ses véritables intentions. »

Luo Wenzhou suivit aussitôt son raisonnement.

— « Par exemple, faire croire à l'informateur que tu fais partie du Louvre et que l'enquête de Gu Zhao a déjà éveillé les soupçons. Pris de panique, il te livre alors toutes les informations qu'il possède pour sauver sa peau. »
— « Exactement. Puisque je suis le partenaire de Gu Zhao, je connais chacun de ses mouvements. Il devient alors très facile de distinguer les loyaux des traîtres. »

Fei Du poursuivit :

— « En tant que policier, je connais également tous les indicateurs qui gravitent autour du Commissariat Central. Yin Chao et Yin Ping étaient de vrais jumeaux, mais leur personnalité n'avait rien de commun. Alors pourquoi personne ne s'est-il aperçu que Vieilles Cendres avait été remplacé ? »
— « Parce que le véritable responsable n'avait probablement jamais eu de contact direct avec Yin Ping », répondit aussitôt Luo Wenzhou, les yeux soudain éclairés par une intuition. « Ses subordonnés ne connaissaient peut-être même pas personnellement Vieilles Cendres. Et une fois le piège refermé, le faux était devenu leur complice. Même s'ils avaient remarqué certains changements dans son comportement, ils n'auraient pas jugé utile d'approfondir. »
— « Ensuite, pour verrouiller définitivement l'affaire, j'élimine les témoins gênants. Certains disparaissent à l'étranger, d'autres disparaissent tout court. Tout est envisageable. » Fei Du leva légèrement les yeux. « Le faux Vieilles Cendres est le seul à avoir échappé au nettoyage. Yin Ping a probablement senti le danger. Une fois l'affaire terminée, il n'a pas cherché à profiter davantage de la situation. Il a fait disparaître Yin Chao, coupé tous les ponts et repris sa vie de simple chauffeur de chaudière couvert de suie. »

Son regard se posa sur Luo Wenzhou.

— « Ce qui nous amène à une question essentielle : pourquoi aurais-je laissé disparaître Yin Chao sans jamais m'intéresser à sa famille ? »

Luo Wenzhou demeura figé une seconde.

— « Tu veux dire que l'instigateur du complot était convaincu que Vielles Cendres ne détenait aucune preuve susceptible de le compromettre. »
— « C'est probablement le cas. Yin Ping s'est caché parce qu'il avait peur, pas parce qu'il possédait des preuves. Quand on reconstitue froidement les événements, il aurait même été très difficile pour lui d'en obtenir. »

Fei Du abandonna alors le ton hypothétique qu'il employait jusque-là pour revenir à sa voix habituelle.

— « Dans ce cas, pourquoi cet homme agit-il avec une telle précipitation aujourd'hui ? Pourquoi brûler sa propre couverture en sacrifiant un contact déjà compromis ? Pourquoi envoyer un autre homme se faire arrêter à l'hôpital ? »

Les tempes du Capitaine Luo étaient parcourues de lancinements douloureux.

D'un ton calme, Fei Du énonça :

— « Si mon intuition est juste, vous allez probablement mettre la main sur un personnage de premier plan aujourd'hui même. Cette personne occupe nécessairement une position très élevée. Dès que l'affaire éclatera au grand jour, elle provoquera un véritable séisme qui ébranlera jusqu'aux fondements de la confiance du public envers notre institution. »

Les paroles de Fei Du s'avérèrent prophétiques.

À cet instant précis, tandis que l'équipe d'inspection concentrait toute son attention sur le Commissariat Central, le faux aide-soignant arrêté à l'hôpital finit par passer aux aveux.

— « J'ai vraiment travaillé là-bas comme aide-soignant autrefois… Je connais donc les lieux par cœur. J'ai désespérément besoin d'argent et pas d'autre issue... J'ai... j'ai été aveuglé par l'appât du gain. Au départ, on m'a simplement demandé de surveiller ce Yin Ping. Cet après-midi, j'ai entendu dire qu'il allait bientôt reprendre connaissance et qu'il avait tué quelqu'un. On racontait que dès que son état se stabiliserait, la police viendrait le chercher. Quand j'ai appris ça, j'ai trouvé un moyen de prévenir ceux qui m'employaient. Et ils m'ont dit de... ils m'ont dit de... »
— « Tout ça pour de l'argent ? » Lang Qiao referma son carnet d'un geste sec et le dévisagea avec un mélange de mépris et d'incrédulité. « As-tu seulement conscience de ce qu'implique une tentative de meurtre ? »

L'homme baissa la tête et se mit à bredouiller des explications incohérentes.

Xiao Haiyang prit la parole :

— « Qui t'a chargé de surveiller Yin Ping ? Qui t'a donné l'ordre de le tuer ? As-tu vu cette personne de tes propres yeux ? »
— « Deux hommes sont venus chez moi avec des liasses de billets. Ils m'ont dit qu'ils travaillaient pour leur patron. J'ai... j'ai aperçu une voiture garée dehors. »

Dans la salle voisine, un inspecteur qui suivait l'interrogatoire derrière les écrans de contrôle se tourna vers Luo Wenzhou.

— « Capitaine Luo, il faut coordonner les services au plus vite. Nous avons besoin des enregistrements des caméras de surveillance situées aux abords du domicile du suspect. »

À ce stade de l'affaire, Luo Wenzhou n'avait d'autre choix que d'obtempérer.

Les perquisitions menées au domicile du tueur permirent de découvrir cinq millions de yuans en espèces. Dans le même temps, l'exploitation des caméras de surveillance du quartier confirma la présence d'une berline de luxe à l'heure et à l'endroit indiqués par le suspect. Les déclarations de ce dernier permirent d'établir avec certitude qu'il s'agissait bien du véhicule stationné au pied de son immeuble.

Les images haute définition avaient capturé l'instant précis où le chauffeur s'était retourné pour s'adresser à son passager arrière. Celui-ci s'était légèrement penché vers l'avant, révélant un visage parfaitement identifiable.

Zhang Chunjiu.

L'ancien directeur général du Commissariat Central, muté en début d'année à un poste de conseiller.

Plus troublant encore, cette berline, dont la valeur dépassait les six millions de yuans, était un véhicule de fonction appartenant au conglomérat dirigé par son frère aîné, Zhang Chunling.

Zhang Chunjiu et Gu Zhao avaient intégré le Commissariat Central à la même époque et avaient toujours entretenu d'excellentes relations. Au moment où Gu Zhao avait été piégé, Zhang Chunjiu constituait l'un des piliers de la Brigade Criminelle. Il avait donc eu tout le loisir de dissimuler le moule d'empreintes digitales et les liasses de billets à l'insu de tous.

Après la mort de Gu Zhao, Yang Zhengfeng avait assumé la responsabilité en tant que supérieur direct et subi une sanction disciplinaire. Zhang Chunjiu lui avait alors succédé, devenant le principal bénéficiaire de cette tragédie.

De plus, les systèmes de transmission des rapports de terrain soupçonnés d'avoir été compromis, tout comme les équipements de surveillance altérés, avaient tous été installés sous son mandat.

Plus important encore, l'examen de son dossier de carrière révéla que s'il avait obtenu une dérogation exceptionnelle pour intégrer le Commissariat Central, c'était grâce à un exploit retentissant accompli dans sa juridiction d'origine.

À lui seul, il avait démantelé un gang de braqueurs et de meurtriers recherché dans plus de vingt provinces.

Ces criminels étaient particulièrement dangereux. Recherchés dans tout le pays depuis six mois, ils avaient systématiquement échappé à toutes les tentatives d'arrestation. Pourtant, par un extraordinaire concours de circonstances, ils étaient tombés entre les mains de Zhang Chunjiu, qui n'était alors qu'un jeune inspecteur sans renom.

Était-il doté d'un instinct hors du commun ? Ses compétences professionnelles étaient-elles à ce point exceptionnelles ?

S’il s’était montré aussi brillant dans sa jeunesse, comment expliquer qu’il ait pu devenir aussi aveugle avec les années ? Sous son mandat à la tête du Commissariat Central, le sous-bureau du district du Marché aux Fleurs avait presque été transformé en repaire de trafiquants de drogue sans qu’il ne s’en aperçoive jamais.

Tout semblait enfin s’emboîter et au sein de l’équipe d’inspection, l’excitation atteignit son paroxysme.

Deux inspecteurs furent immédiatement dépêchés afin d’escorter personnellement Luo Wenzhou et ses hommes pour aller « inviter » l’ancien Directeur Zhang à les suivre depuis sa résidence.

Et la surprise fut totale une fois sur place.

Le vieux Directeur Zhang vivait désormais dans l’un des domaines les plus prestigieux de Yancheng, un complexe résidentiel réputé pour son luxe ostentatoire. Les deux véhicules stationnés dans la cour représentaient à eux seuls une valeur de plus de dix millions de yuans. Même les tasses à thé provenaient d’une grande maison de luxe. Sans parler de toute une rangée d’articles de maroquinerie exposés dans une vitrine, chacun valant plus de cent mille yuans.

Le contraste avec l’image qu’il avait autrefois donnée de lui-même au Commissariat Central était saisissant.

Ses habitudes d’antan, cette réputation d’homme qui ne jurait que par son uniforme, apportait toujours son propre thermos et refusait même d’utiliser un smartphone, n’apparaissaient plus désormais que comme une mise en scène grotesque, un numéro soigneusement entretenu pendant des années.

 

 

 

 

 

 


 On s'est bien fait avoir 😭

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

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