Silent Reading : Chapitre 139 - Edmond Dantès XI

 

Retour au Sommaire   




Au fil de ses paroles, la voix de Luo Wenzhou s'éteignit peu à peu, usée par la fatigue.

Il se pencha en avant, les coudes appuyés sur ses genoux, serrant distraitement la main de Fei Du de temps à autre.

Désormais, il n'avait plus personne vers qui se tourner pour faire son rapport, plus aucun supérieur à qui demander des instructions. Au Commissariat Central, chacun vivait dans une anxiété latente, allant et venant machinalement, préoccupé avant tout par sa propre survie.

Personne n'était en mesure de lui dire quoi faire.

Il n'avait nulle part où déverser son amertume non plus. Tao Ran était hors d'état de l'aider, et Lang Qiao manquait encore trop d'expérience ; lorsqu'elle ne paniquait pas, elle se montrait emportée, observant chacune de ses réactions comme si elles seules pouvaient la rassurer.

Luo Wenzhou resta silencieux un long moment.

Face à ce mutisme inhabituel, Fei Du releva légèrement le menton et l'observa attentivement.

— « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Luo Wenzhou leva les yeux vers lui.

Son regard s'attarda un instant sur son visage tandis que ses pensées dérivaient.

Fei Du ne ressemblait à personne d'autre.

Les jeunes gens simples et sincères étaient comme des bouteilles en plastique transparentes : au premier regard, on savait s'ils contenaient du jus de fruits ou du soda. Les personnes plus mûres, plus complexes, ressemblaient davantage à des flacons de verre dépoli remplis d'un liquide sombre ; sans les ouvrir pour en humer le contenu, difficile de savoir s'il s'agissait de sauce soja ou de vinaigre.

Mais Fei Du n'appartenait à aucune de ces catégories.

Il évoquait plutôt un kaléidoscope composé de milliers d'éclats de verre imbriqués les uns dans les autres, reflétant la lumière sous d'innombrables angles. Une fois la lumière entrée à l'intérieur, elle s'y réfractait à l'infini, sans qu'il soit possible d'en suivre le chemin.

Bien qu'il lui tînt la main. Bien qu'il puisse désormais toucher chaque parcelle de son corps sans retenue, il ignorait encore souvent ce qui se passait dans son esprit.

De toutes les personnes compliquées qu'il avait rencontrées dans sa vie, Fei Du occupait incontestablement la première place. Que ce soit autrefois, lorsqu'ils ne pouvaient pas se supporter et se disputaient à la moindre occasion, ou aujourd'hui, alors qu'il aurait voulu le protéger de tout et le couvrir d'attentions.

Si quelqu'un lui avait annoncé, un an plus tôt, qu'il finirait cette année isolé au milieu d'un désert de glace et de neige, sans personne sur qui s'appuyer, trouvant son unique réconfort temporaire en serrant le poignet de Fei Du, il aurait juré que son interlocuteur avait perdu la raison.

— « Rien de particulier. »

Luo Wenzhou secoua la tête avec un sourire amer.

— « Je découvre simplement les joies d'une crise de la quarantaine en avance sur le programme. »

Fei Du cligna des yeux, puis se pencha soudain vers son oreille, un sourire insolent au coin des lèvres.

— « Qu'y a-t-il, Shixiong ? Tu te rends enfin compte que tes capacités ne sont pas à la hauteur de tes ambitions ? Tu aurais dû me le dire plus tôt. Je peux parfaitement prendre soin de toi. »

Luo Wenzhou resta un instant interdit devant tant d'aplomb. Puis il lui pinça aussitôt la taille.

— « Tu cherches encore les ennuis ? Je ne t'ai même pas encore demandé des comptes pour avoir passé ton temps à tripoter d’autres mains tout à l'heure. »

Les paupières de Fei Du demeuraient à demi closes. Son regard semblait filtrer paresseusement entre ses cils.

Il humecta légèrement ses lèvres.

— « Vraiment ? Et comment comptes-tu me faire régler cette dette ? »

Luo Wenzhou ne sut plus s'il devait rire ou pleurer.

— « Mon cœur est déjà dans un état suffisamment lamentable aujourd'hui. Épargne-moi au moins une mort prématurée. »

Voyant qu'il avait retrouvé assez d'énergie pour répondre, Fei Du se redressa lentement avant de revenir au sujet qui les préoccupait.

— « Qu'est-ce qui t'inquiète autant ? »

Luo Wenzhou expira lentement, et le sourire qui flottait encore sur ses lèvres s'effaça peu à peu.

— « Tu sais à quoi tout ça me fait penser ? »
— « Oui. Les liens entre Kong Weichen et le Directeur Zhang, ce coup de téléphone passé juste avant l'attaque... tout est à la fois trop facile à découvrir et trop évident. Comme si quelqu'un avait soigneusement disposé ces indices sous nos yeux », répondit Fei Du sans même relever la tête. « Tes propres collègues qui commencent à se soupçonner mutuellement, le témoin principal qui tombe dans le coma avant d'avoir pu parler, des éléments à charge qui apparaissent les uns après les autres au moment le plus opportun... Tu as l'impression d'assister à une rediffusion de ce qui s'est passé il y a quatorze ans. Comme si l'histoire recommençait. »

Luo Wenzhou répondit d'un ton plat :

— « Je te posais juste une question. Était-il vraiment nécessaire d'y répondre avec autant de détails ? » Puis il ajouta : « À force, tu vas finir par me faire perdre tout sentiment de sécurité. »

Fei Du choisit délibérément d'entrer dans son jeu. Prenant un air profondément choqué, il demanda :

— « Tu es avec moi et tu éprouves encore un sentiment de sécurité ? Capitaine Luo, est-ce de l'excès de confiance ou mon charme qui commence à décliner ? »

Luo Wenzhou lui donna une légère tape sur le dos de la main.

— « Sois sérieux. »
— « Très bien, revenons aux faits. » Fei Du s'exécuta de bonne grâce. « Si ma mémoire est bonne, en mai dernier, pendant l'affaire He Zhongyi, lorsque je suis venu dans ton bureau pour être interrogé... »

Luo Wenzhou laissa échapper un rire narquois.

— « Pour coopérer avec l'enquête. Quel interrogatoire ? Pourquoi faut-il toujours que tu racontes ça comme si j'étais un tortionnaire ? »
— « D'accord, pour coopérer avec l'enquête », corrigea docilement Fei Du. « Je t'avais alors averti que cette affaire attirait une attention anormalement forte en coulisses. Quelqu'un vous guidait déjà pas à pas. »

Il marqua une pause avant de poursuivre :

— « Depuis la mort de He Zhongyi, quelqu'un utilisant le pseudonyme du Récitant n'a cessé d'envoyer des messages à cette émission de radio que Tao Ran écoute. Si l'on remonte ce fil... »

Il glissa la main sous le manteau de Luo Wenzhou et en sortit le petit carnet rangé dans sa poche intérieure.

— « ... alors nous pouvons reprendre toute la chaîne des indices depuis le commencement. Je vais t'aider à te rafraîchir la mémoire. »

Luo Wenzhou demeura silencieux quelques instants.

Puis il attrapa l'écharpe que Fei Du portait davantage comme un accessoire que comme une véritable protection contre le froid et l'enroula plusieurs fois autour de son cou, jusqu'à lui couvrir presque le menton.

— « Est-ce qu'il t'est déjà arrivé d'avoir vraiment peur ? »

Fei Du s'interrompit.

Pendant une fraction de seconde, quelque chose traversa son esprit : une porte de cave à moitié distinguée dans l'obscurité, des pas qui se rapprochaient lentement...

Puis le souvenir disparut aussi vite qu'il était venu.

Il haussa légèrement les épaules et répondit avec la douceur la plus trompeuse du monde :

— « Oui. Quand j'ai eu peur que tu me quittes. »

Luo Wenzhou resta sans voix.

Face à ce genre de déclaration, il se sentait toujours complètement désarmé.

Il songea que si un jour il parvenait réellement à apprivoiser un phénomène comme Fei Du, cela tiendrait autant du miracle que d'une chance insolente.

Et cette pensée, contre toute logique, allégea un peu le poids qui pesait sur son cœur.

— « Si le Commissariat Central s'est retrouvé impliqué dans l'enquête sur le meurtre de He Zhongyi dès le départ, c'est parce que nous avons reçu un signalement transmis par Chen Zhen, le frère de Chen Yuan », expliqua Luo Wenzhou. « Tu vois la différence ? Cette dénonciation ne nous était pas adressée directement. Elle avait été envoyée aux échelons supérieurs, qui nous ont ensuite ordonné d'ouvrir une enquête approfondie. À partir de là, que nous en ayons envie ou non, nous n'avions plus le choix. »

Il marqua une pause, le regard perdu dans ses souvenirs.

— « Chen Zhen n'avait pas d'emploi fixe. Il gagnait sa vie comme chauffeur clandestin. Lors de notre première rencontre, il s'est montré extrêmement méfiant envers moi. À l'époque, ça m'avait paru suspect : c'était lui qui avait dénoncé Wang Hongliang, mais dès que la police se présentait, il refusait de coopérer. Maintenant, avec le recul, c'est facile à comprendre. Sous l'effet de la colère, il avait probablement signalé Wang Hongliang à de nombreuses reprises, sans jamais obtenir la moindre réponse. Ses plaintes avaient disparu dans la nature comme des pierres jetées au fond de l'océan. Avec le temps, il avait fini par ne plus croire que qui que ce soit viendrait un jour lui rendre justice. »

Fei Du hocha la tête.

— « Sans preuves solides pour étayer une accusation aussi explosive que l'implication d'un district de police entier dans un trafic de stupéfiants, ses lettres de dénonciation devaient passer pour les élucubrations d'un déséquilibré. Les administrations reçoivent chaque jour des montagnes de courriers similaires. Chen Zhen n'avait ni statut particulier ni relations influentes. Personne n'avait de raison de prendre son signalement au sérieux. »
— « Exactement. Lorsque le Directeur Zhang m'a confié l'affaire, il considérait ces accusations comme mensongères. En revanche, il estimait qu'il n'y avait jamais de fumée sans feu. Wang Hongliang passait son temps les pieds sur son bureau sans rien faire, et son comportement laissait présager d'autres problèmes. Il n'était donc pas étonnant que quelqu'un cherche à le salir. Comme enquêter sur un cadre supérieur d'un district de police était toujours délicat et qu'il faudrait ensuite gérer le plaignant si l'affaire était classée sans suite, il m'a demandé de m'en charger personnellement. Seulement... »
— « Seulement, il ne s'attendait pas à ce que le contenu du signalement soit entièrement véridique », acheva Fei Du. « Mais d'un point de vue logique, Wang Hongliang te connaissait. Dès l'instant où Tao Ran et toi vous êtes présentés devant lui, il aurait dû comprendre pourquoi vous étiez là. Le district du Marché aux Fleurs faisait tourner son petit commerce en toute discrétion depuis des années. Comment leur secret a-t-il pu être exposé aussi facilement ? »
— « Ce n'est pas parce que j'ai été particulièrement brillant. C'est parce que quelqu'un poussait volontairement les événements dans cette direction », répondit Luo Wenzhou. « Zhao Haochang a abandonné le corps d'une manière complètement absurde, précisément à l'endroit qui constituait leur point faible. C'est lui qui a déclenché toute la réaction en chaîne. »
— « Un criminel ordinaire n'aurait jamais pu prévoir la manière dont raisonnait un psychopathe comme Zhao Haochang », poursuivit Fei Du. « Si Wang Hongliang avait agi rationnellement, il aurait dû coopérer pleinement avec le Commissariat Central sur l'affaire He Zhongyi. Il lui suffisait de démontrer que le terrain vague du Triangle d'Or n'était pas la scène de crime originelle afin d'écarter rapidement les soupçons de leur plaque tournante du trafic. Les éléments n'étaient pas particulièrement difficiles à trouver. Tao Ran et moi avons tous les deux découvert plus tard que la victime s'était rendue au Manoir Chengguang la veille au soir. »

De la pointe de son stylo, Fei Du traça une ligne dans le carnet de Luo Wenzhou et inscrivit un nom :

Ma Xiaowei.

— « Mais avant cela, un autre imprévu est venu bouleverser la situation. »
— « Le témoignage de Ma Xiaowei était tellement incohérent qu'il donnait l'impression d'avoir affaire à un déficient mental. Du coup, il est devenu le suspect idéal dans le meurtre de He Zhongyi », se rappela Luo Wenzhou. « En même temps, il a servi de point d'ancrage et a concentré toute notre attention sur le lieu exact de la transaction de drogue. Oui... Maintenant que tu en parles, je me souviens. Tout est parti de cette altercation entre Ma Xiaowei et les habitants du quartier. De vieilles rancœurs ont refait surface et la situation a dégénéré en bagarre générale. Les patrouilles sont intervenues et ont embarqué tout le monde. »
— « Ce qui signifie que cette rixe qui a attiré l'attention de la police n'avait probablement rien de fortuit », conclut Fei Du en penchant légèrement la tête. « Même si Wang Hongliang se retrouvait alors dans une position délicate, il disposait encore d'une porte de sortie. Le test urinaire de Ma Xiaowei s'était révélé positif aux stupéfiants, et tout le monde sait qu'un toxicomane en manque peut raconter n'importe quoi. Il lui suffisait d'arrêter quelques boucs émissaires en prétendant qu'ils lui avaient vendu sa drogue ce soir-là. Il récoltait les honneurs d'une opération réussie tout en vous fournissant des coupables tout trouvés. Pour se sortir de ce mauvais pas, il n'avait besoin d'aucun exploit. Il lui suffisait de faire disparaître quelques témoins gênants. »

Mais c’est précisément à ce moment-là que Chen Zhen, qui refusait pourtant d’accorder sa confiance à la police, avait agi de manière inconsidérée pour se retrouver pris au piège dans l’immeuble de la Grande Fortune.

Lorsque Luo Wenzhou, alerté, s’était précipité sur les lieux, il était tombé nez à nez avec Huang Jinglian et ses sbires en train d’assassiner le jeune homme. Acculé et prêt à tout, l’adjoint avait alors tenté de l’éliminer par la même occasion.

Une folie furieuse qui s’était transformée en une preuve flagrante et irréfutable, entraînant le naufrage complet de tout le commissariat du district du Marché aux Fleurs.

Le seul hic dans cet enchaînement, c’est que Huang Jinglian n’avait ni planifié ni eu besoin de liquider Chen Zhen avec une telle précipitation.

— « À vrai dire, il y avait déjà un détail louche à l'époque », analysa Luo Wenzhou après mûre réflexion. « Quand j’ai fait irruption là-bas, la réceptionniste m’a glissé un mot d'avertissement en douce. Elle s'est arrangée pour m’attribuer une chambre dotée d'une fenêtre dérobée, afin que je puisse sauter et m'enfuir immédiatement si les choses tournaient mal. »

Il fronça les sourcils.

— « Nous étions de parfaits inconnus, c'était la première fois qu'elle me voyait, et cette fille a pris d'énormes risques pour me venir en aide », poursuivit-il. « Tout laisse à penser qu’elle savait à l’avance que Huang Jinglian et les autres chercheraient à me tuer. Quand j'ai voulu creuser cette piste par la suite, cette employée s’était volatilisée sans laisser de traces. »

Il poursuivit, le regard fixé sur le carnet :

— « Si Chen Zhen n’était pas mort, Huang Jinglian n’aurait sans doute pas poussé l’audace jusqu’à tenter de m’éliminer. Mais si Chen Zhen n’a pas été exécuté par sa bande, alors qui l’a tué ? »

Luo Wenzhou regarda Fei Du inscrire le nom de Chen Zhen dans le carnet avant de continuer :

— « La troisième figure clé est cet individu mystérieux, celui qui a envoyé le fameux SMS sur le téléphone de He Zhongyi. Nous avions conclu à l’époque que Zhao Haochang avait manigancé cela tout seul. Mais et si ce n’était pas lui ? Et si Zhao Haochang s'était débarrassé du corps dans le district ouest du Marché aux Fleurs uniquement parce que cet inconnu lui avait indiqué la marche à suivre ? Voilà les trois points névralgiques de l’enquête et, pour Wang Hongliang, autant de coïncidences fatales. »

Il y avait bien trop de hasards pour que cela paraisse crédible.

De plus, comme Zhang Donglai s’était retrouvé impliqué de manière totalement imprévue, le Directeur Zhang, en tant que proche parent, avait dû se récuser immédiatement pour éviter tout conflit d'intérêts, se retrouvant dans l'incapacité de réagir tout au long du processus.

— « La première étape consistait à écarter la pièce maîtresse de cette zone d'influence. Le fil conducteur est remarquablement clair du début à la fin », poursuivit Fei Du en traçant un cercle autour de ses notes. « La fois suivante où Le Récitant a refait surface, c’était lors de l’affaire du réseau de trafic de fillettes. En dehors de son ampleur et de son caractère particulièrement sordide, cette affaire n’avait rien de très complexe. Tout est parti du moment où Su Luozhan a imité la signature de Su Xiaolan, révélant du même coup l'identité de l'ensemble des complices ainsi que l'emplacement des corps. Su Luozhan était une sadique née. Il ne fait aucun doute qu'après avoir découvert ce que Su Xiaolan avait fait subir aux familles des victimes, elle a cherché à reproduire ces atrocités, voire à les surpasser. Mais une question demeure : qui lui a révélé les détails de cette ancienne affaire ? »
— « Ensuite, il y a eu l'affaire du clan Zhou », reprit Luo Wenzhou. « Zheng Kaifeng a manipulé Dong Qian pour faire tuer Zhou Junmao. Mais l'élément le plus troublant reste ce colis adressé à Dong Xiaoqing au nom de Dong Qian. C'est lui qui l'a poussée à poignarder Zhou Huaixin. Les véritables responsables ont alors dû la réduire au silence, exposant du même coup le fait que le soi-disant accident de voiture était en réalité un meurtre. Le jour même, quelqu'un a piraté le téléphone de Dong Xiaoqing pour envoyer un message à Xiao Haiyang, attirant la police sur place avant de mettre le feu à la maison. »

Luo Wenzhou laissa échapper un soupir las.

— « Enfin, il y a eu l'affaire où Wei Wenchuan a engagé un tueur à gages. D’après ses aveux, il était en contact avec ce mystérieux correspondant en ligne depuis plusieurs années. Cet individu a échafaudé un plan de longue haleine pour nous guider pas à pas, depuis le site côtier de Binhai où les corps avaient été rejetés jusqu’au repaire de criminels recherchés, nous permettant de capturer Lu Guosheng vivant et de débusquer sa cachette. »

Une fois dissipée la poussière qui brouillait jusqu'alors leur jugement, la succession d'événements autrefois si confuse commençait enfin à prendre forme. Alignée noir sur blanc dans ce vieux carnet de notes, la vérité apparaissait soudain avec une netteté presque troublante.

— « Plusieurs possibilités se dessinent », analysa Fei Du en repliant ses doigts engourdis par le froid autour de son téléphone. « Première hypothèse : comme l'a suggéré le Borgne, nous assistons à une lutte de pouvoir au sein même de l'organisation. Une faction particulièrement influente tenterait d'accomplir ce que Fei Chengyu n'est jamais parvenu à réaliser de son vivant : éliminer tous les autres soutiens afin de prendre le contrôle exclusif du réseau. Deuxième hypothèse : leur véritable cible se trouve au Commissariat Central, et toute cette affaire n'aurait pour but que de faire remonter à la surface le dossier Gu Zhao. »

Il marqua une courte pause, tandis que la lumière de l'écran éclairait faiblement son visage.

— « Exactement comme dans le texte envoyé cette semaine par le Récitant : une histoire de vengeance. Laquelle de ces deux pistes te paraît la plus plausible ? »

À cet instant précis, un appel provenant d'un numéro inconnu s'afficha sur son écran, interrompant l'application de lecture.

Fei Du jeta un regard à Luo Wenzhou avant de décrocher.

— « Allô ? »
— « C'est moi, Zhou Huaijin. » La voix à l'autre bout du fil était basse, presque étouffée. « Je viens de rentrer au pays. Est-ce que nous pourrions nous voir ? »

Fei Du abaissa lentement son téléphone avant de se tourner vers Luo Wenzhou, un sourire amusé flottant au coin des lèvres.

— « Shixiong, un homme mystérieux me demande un rendez-vous. »

Son sourire s'élargit imperceptiblement.

— « Tu m'autorises à y aller ? Ou bien est-ce que je risque de finir à genoux en rentrant à la maison ? »

 

 

 

 

 

 

 

 


Haha, Wenzhou qui fait son jaloux car son chaton a touché les mains d’autres personnes et Fei Du qui s’amuse de sa jalousie à la fin ! Je les aime trop😂🥺​😻













Vous pouvez me retrouver sur : Instagram - TikTokWattpad  - AO3 -Tumbler

 

Retour au sommaire 


Commentaires

Populaires

Silent Reading : Chapitre 115 - Verhovensky XXVI

Top Edge : Chapitre 10 - Il faudra payer pour continuer à mater

Bienvenue sur Danmei Traduction FR