Silent Reading : Chapitre 130 - Edmond Dantès II
— « Les forces de l'ordre ont officiellement investi le siège du clan Wei. Pour obtenir des informations plus précises, il faudra attendre l'avancée de l'enquête. Selon les renseignements recueillis par notre reporter, l'influence du clan Wei s'étend sur plus de trente ans et deux générations. D'abord implanté dans le secteur de la restauration, le groupe s'est progressivement développé pour devenir un géant de l'industrie alimentaire et des boissons. Ces dernières années, il s'est reconverti dans l'immobilier, voyant sa notoriété croître jusqu'à compter parmi les entreprises les plus prospères de la ville. L'an dernier, il figurait même parmi les candidats au titre d'entreprise modèle de la municipalité. Son dirigeant, Monsieur Wei Zhanhong, a toujours cultivé une grande discrétion, apparaissant rarement en public, bien qu'il soit souvent présenté comme un homme engagé au service du bien commun. Jusqu'à présent, son image était irréprochable. Dès lors, quelles raisons auraient pu... »
À l'écran, les lèvres de la journaliste s'agitaient comme montées sur ressorts, son débit crépitant à une vitesse effrénée. Toute l'attention médiatique était désormais focalisée sur l'annonce de l'enquête visant Wei Zhanhong.
Au même moment, le terme « assassinat », après avoir brièvement déchaîné les passions sur Internet, avait été discrètement relégué au rang de mot interdit par les principaux portails du pays. Partout, il était remplacé par diverses formes de censure plus ou moins créatives.
Tandis que Tao Ran enchaînait les heures supplémentaires au Commissariat Central, Xiao Haiyang, lesté d'impressionnantes cernes sous les yeux, était assis sur le canapé de Luo Wenzhou, une tasse entre les mains. Son regard vide restait fixé sur l'écran de télévision. Il ne remarqua même pas que Luo Yiguo s'était approché en douce pour laper le contenu de sa tasse.
Au moment où les publicités commencèrent, Xiao Haiyang lâcha soudain, sans transition :
— « Oncle Gu n'avait pas d'autre famille. J'en suis absolument certain. Alors qui a bien pu nettoyer sa tombe ? »
Luo Wenzhou donna une légère tape sur l'arrière-train de Luo Yiguo pour le faire déguerpir, puis récupéra la tasse de Xiao Haiyang, où flottaient déjà quelques poils de chat. Il l'emporta dans la cuisine, la rinça et lui servit un verre d'eau propre.
— « Tu connaissais ses anciens collègues ? Ses indics ? Ses amis de l'époque ? »
Xiao Haiyang hésita un instant avant de secouer lentement la tête.
— « Lorsque la vieille dame s'occupait des funérailles de l'Oncle Gu, quelques personnes sont effectivement venues frapper à sa porte les unes après les autres. Mais elle les a toutes renvoyées. Aucun n'est revenu plus d'une ou deux fois. Ils défilaient comme les lanternes d'un manège. Je ne me souviens d'aucun visage. »
Plus de dix ans s'étaient écoulés depuis.
À l'époque, Xiao Haiyang n'était encore qu'un enfant. Même avec sa mémoire exceptionnelle, capable de lui restituer les moindres détails de son enfance, reconnaître le visage d'une personne aperçue une seule fois restait une tout autre affaire. Quant aux relations de Gu Zhao, à ses amis ou à ses indicateurs, l'homme n'aurait évidemment jamais abordé ce genre de sujets devant un garçon de huit ou neuf ans.
Luo Wenzhou demeura pensif un moment.
—
« Si la concession a été achetée légalement, il doit forcément en
exister une trace écrite », murmura-t-il. « Pour quelqu'un ayant accès
aux archives administratives, il n'aurait pas été bien difficile de la
retrouver... »
— « Non, Capitaine Luo », l'interrompit Xiao Haiyang
en se redressant légèrement. « Ce cimetière est très bien administré.
C'est un site fermé et la sécurité y est stricte. Toute personne venant
entretenir une tombe doit obligatoirement signer un registre. Pendant
les périodes de forte affluence, comme la fête de Qing Ming1, il faut même prendre rendez-vous à l'avance. »
Il marqua une brève pause.
— « Je suis allé consulter le registre dès la première heure ce matin. En dehors de moi, aucun visiteur n'a été enregistré ces derniers jours. Cette personne n'a donc pu entrer qu'en escaladant le mur au beau milieu de la nuit, exactement comme je l'ai fait hier soir. » Ses sourcils se froncèrent. « Si c'était l'un des nôtres, pourquoi aurait-il eu besoin d'agir de cette façon ? »
Luo Wenzhou fronça les sourcils.
En effet, que Gu Zhao ait été victime d'une injustice ou qu'il ait réellement commis un crime de son vivant, la mort d'un homme revenait à une lampe qui s'éteint. Avec le temps, le bien et le mal, le vrai et le faux de toute une existence finissaient par se dissoudre.
Si d'anciens collègues ou amis étaient venus lui rendre hommage par nostalgie, il n'y aurait eu là rien de répréhensible. Il n'y avait donc aucune raison de se faufiler dans le cimetière en pleine nuit.
Surtout à un moment pareil.
Au moment précis où cette vieille affaire s'apprêtait à refaire surface.
— « Ce planificateur A13 dont parle Lu Guosheng, ce mystérieux vigile disparu du Longyun Center, ainsi que le correspondant en ligne de Wei Wenchuan et de Feng Bin... Jusqu'à présent, nous n'avons aucun moyen de retrouver leur trace. »
Xiao Haiyang pinça ses lèvres desséchées jusqu'à en faire tomber quelques peaux mortes, puis vida d'un trait la moitié de son verre d'eau, comme un âne assoiffé penché sur une auge.
Après avoir repris son souffle, il poursuivit avec difficulté :
— « Tout cela me donne l'impression... L'impression que quelqu'un nous pousse délibérément à rouvrir cette vieille affaire. J'ai le sentiment que... »
Luo Wenzhou releva les yeux vers lui.
— « Qu’ils cherchent à venger Gu Zhao. »
La voix venait de derrière eux.
Fei Du s'était approché sans bruit, faisant sursauter le Petit Binoclard.
Son visage était un peu pâle, mais ses lèvres semblaient, pour une raison mystérieuse, plus rouges qu'à l'ordinaire. Lorsqu'il s'assit, ses sourcils se froncèrent légèrement. Ses paupières paraissaient lourdes, comme s'il n'avait pas tout à fait la force de garder les yeux ouverts, et il s'enfonça paresseusement dans les coussins moelleux du canapé.
— « Ils ont d'abord pris Wei Wenchuan pour cible. Ils se sont discrètement rapprochés de lui sous prétexte d'analyser son état psychologique afin de lui fournir les conseils appropriés. »
Luo Wenzhou l'interrompit :
— « Y compris en lui expliquant comment faire régner sa propre loi dans ce dépotoir qu'est le lycée Yufen ? »
— « Wei Wenchuan aurait agi ainsi même sans qu'on le lui souffle. »
Tout en parlant, Fei Du tendit la main vers les canettes de bière posées sur la table basse. Luo Wenzhou lui donna aussitôt une petite tape sur les doigts avec son stylo.
Fei Du poussa un soupir contrarié si évident qu'il attira même l'attention de Xiao Haiyang, pourtant absorbé par ses réflexions. Il resta figé une seconde, affectant l'indifférence face à cette réprimande parfaitement injustifiée à ses yeux. Puis, comme si rien ne s'était passé, il se pencha pour récupérer le dossier détaillé de Wei Wenchuan posé sur la table et réajusta ses lunettes avec toute la dignité dont il était capable.
— « Lu Guosheng a reconnu que Wei Wenchuan l'avait rencontré à La Ruche. Cela signifie qu'il accompagnait probablement son père dans ce genre d'endroits depuis son plus jeune âge. Il est fort possible que Wei Zhanhong n'ait jamais cherché à lui dissimuler ses activités. »
Du bout des doigts, Fei Du fit glisser quelques feuilles.
—
« Si vous regardez attentivement, vous remarquerez que le langage
corporel de Wei Wenchuan reproduit presque trait pour trait celui de son
père. Il l'imite dans tous les aspects de sa vie, y compris dans sa
manière d'interagir avec les autres. Quant à ses méthodes, il les a
probablement apprises auprès de ce mystérieux correspondant en ligne.
Cette forme de cruauté méthodique, soutenue par une véritable logique et
une construction intellectuelle cohérente, ressemble davantage à
l'œuvre d'un adulte. »
— « Mais... » hésita Xiao Haiyang. « Comment
pouvait-il être certain que Wei Wenchuan suivrait ses conseils jusqu'à
commettre un meurtre ? »
— « Pour une personne ordinaire, tuer
représente une ligne rouge absolue. C'est un point de non-retour qu'on
ne franchit généralement qu'en étant acculé. » Fei Du marqua une pause. «
Mais pour Wei Wenchuan, c'était différent. À ses yeux, tuer faisait
partie du monde des adultes. C'était une prérogative réservée à son
père, une sorte de privilège suprême. Les adolescents éprouvent souvent
une fascination presque maladive pour l'univers des adultes. Pour le
pousser à agir, il suffisait de lui donner deux choses : l'illusion
exaltante d'être devenu un homme et le moyen de mettre cette illusion en
pratique. »
Son doigt s'arrêta sur la photographie de Wei Wenchuan.
— « En imposant ses propres règles au sein de l'école, il a goûté à cette sensation de puissance. Puis, en croisant la route de Lu Guosheng, il a trouvé l'outil dont il avait besoin. » Il tapota légèrement le cliché. « C'était un enfant jouant avec des braises. Tôt ou tard, il était inévitable qu'il finisse par provoquer un incendie. »
Luo Wenzhou marqua une pause, son esprit s'égarant malgré lui.
Le raisonnement de Fei Du était irréprochable. Et c'était précisément ce qui le mettait mal à l'aise.
Lorsqu'un enfant est encore une page blanche, il ne distingue pas le bien du mal ; il se contente d'imiter ses parents. Sa vision du monde commence à prendre forme alors même qu'il apprend à peine à parler, et une fois ces fondations posées, il devient extrêmement difficile pour l'éducation ou les expériences futures de les modifier en profondeur.
Dès lors, rien d'étonnant à ce que Wei Wenchuan soit devenu ce qu'il était.
Mais en y réfléchissant bien, Fei Du avait grandi dans un environnement presque identique.
Alors qu'est-ce qui l'avait poussé à se dresser avec une telle obstination contre Fei Chengyu ?
Luo Wenzhou avait du mal à croire que la réponse se résumait simplement à l'influence de sa mère.
Si la plupart des gens considéraient le mot « maman » comme quelque chose de chaleureux et de sacré, c'était parce qu'en apprenant à le prononcer, ils l'avaient associé à la personne qui les avait élevés, protégés et guidés. Avec le temps, leur affection avait fini par donner à ce simple mot une signification irremplaçable.
Pourtant, d'après les quelques bribes que Fei Du avait laissées échapper au fil des ans, son premier contact avec ce mot avait été tout autre.
Dans ses souvenirs, « maman » désignait une femme brisée et hystérique, punie jour après jour pour ses prétendues fautes, mentalement instable et reléguée à un rang inférieur à celui d'une simple gouvernante au sein de sa propre maison.
Une femme pareille pouvait-elle réellement lui avoir laissé assez de force pour effacer l'empreinte brûlante que Fei Chengyu avait gravée en lui ?
Une telle marque pouvait-elle vraiment disparaître ?
Luo Wenzhou ne put s'empêcher de repenser au jour où ils traquaient Lu Guosheng, lorsque Fei Du avait avancé cette déduction aussi étrange qu'exacte à propos du bus des employés. Il n'avait pas eu le temps d'approfondir la question sur le moment, mais les doutes qu'elle avait semés refaisaient surface.
Il devait le fixer depuis trop longtemps.
Fei Du lui adressa un regard légèrement interrogateur, et Luo Wenzhou remarqua soudain que la rougeur au coin de ses yeux n'avait pas encore complètement disparu.
Son fil de pensée, pourtant méthodiquement déroulé, trébucha aussitôt.
Comme s'il avait marché trop près du bord et aperçu, en baissant les yeux, l'abîme qui s'étendait juste en dessous.
Il détourna précipitamment le regard, s'éclaircit la gorge et se redressa avec toute la dignité dont il était encore capable.
— « Lorsque Feng Bin a fugué avec les autres, il a laissé derrière lui une lettre publiée en ligne qui a mystérieusement attiré l'attention générale », poursuivit Fei Du. « Le système éducatif et la santé mentale des adolescents sont des sujets particulièrement sensibles ; à l'époque, personne ne s'est donc interrogé sur cet engouement soudain. Mais avec le recul, l'ampleur de l'indignation suscitée était tout à fait anormale. Il y avait forcément eu une forme de manipulation derrière tout cela. »
Il marqua une pause avant de poursuivre :
—
« Puis, alors que l'opinion publique commençait à passer à autre chose,
Feng Bin est mort. Le harcèlement scolaire à Yufen a aussitôt éclaté au
grand jour. Le sujet était sur toutes les lèvres et l'émotion
collective a atteint un niveau considérable. Par ailleurs, le meurtrier
s'est révélé être un fugitif recherché depuis quinze ans, obligeant le
Commissariat Central à reprendre en main une affaire qui, dans des
circonstances normales, n'aurait été qu'un simple homicide parmi
d'autres. »
— « Attends une minute. » Un souvenir traversa soudain
l'esprit de Luo Wenzhou. « La veille de la mort de Feng Bin, cette
affaire de fugue m'a été attribuée sans raison apparente... Autrement
dit, il est fort probable que ce ne soit pas une coïncidence. »
Fei Du haussa légèrement les épaules.
—
« Lorsque nous avons accidentellement alerté l'ennemi, tu as toi-même
estimé que nous avions peu de chances de capturer Lu Guosheng vivant.
Pourtant, même si Lu Guosheng était mort, l'existence du parc écologique
aurait fini par être découverte. Les images de surveillance montrant
Wei Wenchuan en train de le rencontrer au Centre Longyun auraient suffi à
lancer une enquête sur la famille Wei. En suivant cette piste, vous
auriez fini par remonter jusqu'à eux malgré tout. »
— « Sauf que
quelqu'un a pris le risque de modifier une seconde fois les
enregistrements du Longyun Center afin de ralentir les hommes de Wei
Zhanhong », fit remarquer Luo Wenzhou d'un ton pensif. « J'ai même le
sentiment que, quand bien même nous aurions été suffisamment
incompétents pour ne pas arriver à temps malgré tous les feux verts du
trajet, ce mystérieux A13 disparu dans la nature aurait probablement
sauvé Lu Guosheng de ses propres mains. »
Xiao Haiyang intervint :
— « Attendez... Attendez une minute. Pourquoi aurait-il fait ça ? »
—
« Parce que tant que Lu Guosheng restait en vie, il pouvait confirmer
de sa propre bouche, devant tout le monde, que l'empreinte laissée par
le criminel recherché quatorze ans plus tôt n'était pas une invention.
Qu'elle n'avait pas été fabriquée de toutes pièces par Gu Zhao pour
extorquer un pot-de-vin. Et qu'une terrible injustice avait bel et bien
eu lieu lors de l'incendie du Louvre. » Du bout des doigts, Fei Du
tapota légèrement la table. « Je vais demander à mes équipes de passer
au crible toutes les images aériennes de cette journée. Cet A13 se
trouvait forcément à proximité du parc écologique. »
Luo Wenzhou acquiesça avant de se tourner vers Xiao Haiyang.
— « Sous couvert de l'enquête sur le complot de meurtre de Wei Wenchuan, retourne au premier poste de police qui a reçu le signalement. Je veux savoir qui a fait remonter ce dossier jusqu'à mon bureau. »
Xiao Haiyang pinça les lèvres. Son expression hésitante laissait entendre qu'il retenait encore quelque chose.
— « Le département de médecine légale du Commissariat Central a personnellement pratiqué l'autopsie de l'Officier Gu. Sous les yeux de tant de collègues et de spécialistes, personne ne s'est trompé d'identité. Le rapport est au dossier. »
Luo Wenzhou semblait avoir deviné où il voulait en venir.
— « Xiao-Xiao, je ne crois pas aux fantômes qui reviennent emprunter le corps des vivants. »
Xiao Haiyang le regarda longuement, une émotion difficile à déchiffrer dans les yeux. Puis il poussa un soupir qui ressemblait à la fois à du soulagement et à de la déception.
— « Oui. Je sais. »
—
« Quant à l'identité réelle de cet A13, aux raisons pour lesquelles il
nous a aidés dans l'ombre et à ce qu'il cherche au bout du compte, c'est
précisément ce que nous devons découvrir. » Luo Wenzhou leva un index
d'un air sévère. « Mais il y a une chose dont nous sommes certains : il
reste l'un des suspects dans le meurtre de Feng Bin. C'est bien compris ?
»
Xiao Haiyang se redressa aussitôt.
— « Reçu, Capitaine ! »
— « Alors au travail. »
Luo Wenzhou se frotta les tempes.
— « Avec toutes ces taupes qui ont transformé le Central en véritable passoire, les gens de confiance deviennent une denrée rare. Je vais aller voir... »
Il n'était qu'à la moitié de sa phrase lorsque son téléphone vibra brusquement.
C'était un message envoyé à un groupe.
En baissant les yeux vers l'écran, il découvrit que l'expéditrice n'était autre que Yang Xin, la fille de Lao-Yang.
« Ma mère a été opérée aujourd'hui. Le médecin a dit que l'intervention ne s'était pas bien passée. Elle est toujours en soins intensifs. Merci à tous nos proches et amis pour leur soutien. Les appels sont trop nombreux, alors je réponds à tout le monde en une seule fois. Je vais faire de mon mieux pour prendre soin d'elle. Vieillir, tomber malade... cela fait partie de la vie. Prenez soin de vous. »
Le cœur de Luo Wenzhou se serra.
Il fixa l'écran sans bouger pendant un long moment.
Puis il se leva brusquement.
— « J'ai… j'ai une urgence. On se voit cet après-midi. »
Il prit congé à la hâte et se précipita vers l'hôpital.
Luo Wenzhou savait faire preuve de diplomatie, mais son tempérament demeurait entier. Au fond de lui subsistaient encore les manières un peu brusques d'un jeune maître élevé sans contraintes. L'affection qu'il portait à leur shifu n'avait rien à envier à celle de Tao Ran. À chaque fête, il ne manquait jamais de faire parvenir cadeaux et attentions à la famille Yang par l'intermédiaire de Yang Xin. Si cette dernière avait eu besoin de quoi que ce soit, un simple message lui aurait suffi pour le voir accourir sans la moindre hésitation. Mais sachant pertinemment que leur shiniang, Fu Jiahui, ne pouvait pas le voir en peinture, il n'était pas du genre à ravaler sa fierté pour lui imposer sa présence, contrairement à Tao Ran.
En y réfléchissant bien, depuis la mort de leur mentor, il n'avait plus eu le moindre contact avec elle.
Il était loin d'imaginer que leurs retrouvailles auraient lieu devant les portes austères d'un service de réanimation.
Après son arrivée à l'hôpital, Luo Wenzhou prit d'abord le temps de réconforter Yang Xin, puis s'entretint avec le médecin responsable. En quittant son bureau, il aperçut au loin la jeune femme en pleine conversation avec une silhouette familière.
Il marqua un temps d'arrêt avant de s'approcher.
— « Directeur Lu. »
Lu Youliang lui adressa un bref signe de tête avant de se tourner vers Yang Xin.
— « Tout ira bien, ma grande. Tes oncles sont là. Si tu as besoin d'aide ou d'argent, laisse-nous nous en occuper. Ne t'inquiète pas. Je vais demander à ta tante de rester avec toi quelques jours. Et si tu as cours, inutile de passer tes journées à tourner en rond ici. On veillera sur elle à ta place. »
Les yeux rougis, Yang Xin acquiesça silencieusement.
Lu Youliang pointa alors Luo Wenzhou du doigt.
— « Parfait. Ton dage va te raccompagner à l'université. »
Puis il ajouta avec un sourire :
— « Quant à moi, je profite de l'occasion pour lui réquisitionner une course aujourd'hui. »
Le sourcil de Luo Wenzhou tressaillit imperceptiblement, mais il ne fit aucun commentaire.
Après avoir déposé Yang Xin devant son campus, il jeta un regard à Lu Youliang dans le rétroviseur.
Le directeur avait l'air épuisé. Les traits tirés par la fatigue, les yeux fermés, il se massait lentement l'arête du nez.
Il repensa alors à ce que Tao Ran lui avait soufflé la veille au soir sur le ton de la plaisanterie : « J'ai suivi le Directeur Lu pendant toute l'opération ce jour-là. Je ne pense pas que ce soit lui. »
— « Wenzhou. »
La voix de Lu Youliang le tira brusquement de ses pensées.
— « Oui ? Je vous dépose au bureau ou chez vous ? »
Pendant quelques secondes, Lu Youliang ne répondit pas.
Puis il ouvrit les yeux.
— « Roule un peu. » Sa voix était basse. « N'importe où. J'ai quelque chose à te dire. »
Wenzhou et Fei Du sont tellement amoureux l'un de l'autre ça me 🥺
Je ne veux plus que mon bébé chat souffre !!!! 😭
- La fête de Qingming (清明节, Qīngmíng jié) / Fête de la pureté et de la clarté : La fête de Qingming est l'une des fêtes traditionnelles les plus importantes en Chine. Elle a lieu chaque année le 4 ou 5 avril, au début du printemps, lorsque le ciel est clair et la nature se réveille ; d'où son nom.
- Origine et sens : C'est à l'origine une fête agricole marquant le début des semailles, mais elle est surtout devenue la fête du souvenir des morts.
Les familles se rendent sur les tombes de leurs ancêtres pour :- Nettoyer la sépulture (enlever les mauvaises herbes, balayer la pierre).
- Offrir de la nourriture, de l'encens, du papier-monnaie (brûlé en offrande).
- Se recueillir devant les défunts, parfois en déposant des fleurs.
- Date et calendrier : Qingming est l'une des 24 périodes solaires du calendrier agricole chinois. Contrairement au Nouvel An chinois (lié à la lune), sa date est solaire, ce qui explique sa variation mineure d'une année à l'autre (entre le 4 et le 6 avril).
- Ambiance et coutumes : Malgré son lien avec la mort, Qingming n'est pas une fête lugubre. Le printemps est là, et la tradition inclut aussi des promenades champêtres, des cerfs-volants, et parfois des pique-niques. Certaines régions préparent des boulettes de riz vertes à l'absinthe (qingtuan) à cette occasion.
- Origine et sens : C'est à l'origine une fête agricole marquant le début des semailles, mais elle est surtout devenue la fête du souvenir des morts.



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