Silent Reading : Chapitre 125 - Verhovensky XXXVI

 

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Le couteau du Borgne n’eut même pas le temps de briller.

Un bras surgit brusquement derrière lui et lui verrouilla la gorge. Pris de court, il pivota violemment pour contre-attaquer. Son agresseur fut obligé de se décaler pour éviter la lame, mais dans le même mouvement, il leva un bâton et frappa sèchement le côté de son cou.

Au même instant, le bras qui bloquait l’attaque rencontra le couteau. Un léger bruit métallique retentit. La lame venait de glisser sur une plaque d’acier fixée sous la chair épaisse du bras.

Le Borgne n’eut même pas le temps d’insulter cette méthode sournoise. Le bâton, épais comme un poignet, s’abattit avec une précision terrifiante sur son artère cervicale. Sa main se relâcha immédiatement.

Puis tout devint noir.

Au même moment, Luo Wenzhou sortait du sous-sol avec Lu Guosheng inconscient chargé sur son épaule. Il n’avait même pas encore eu le temps de s’habituer au changement de luminosité qu’il aperçut un éclat métallique froid suivi du bruit d’un couteau à cran d’arrêt tombant au sol.

Il leva les yeux, surpris, et croisa le regard sombre de Lu Jia.

Le gros homme repoussa le corps évanoui du Borgne sur le côté.

— « Il n’est pas mort », déclara-t-il.

Puis son regard s’arrêta un instant sur Lu Guosheng.

Une haine meurtrière traversa ses yeux avant qu’il ne détourne difficilement le regard.

— « Je comprends encore le langage humain. »

Luo Wenzhou haussa légèrement les sourcils.

— « Pas mal, tes compétences. »

Lu Jia baissa les yeux vers les couches de graisse tremblant sur son ventre avant de sourire avec amertume.

— « Quand j’étais gosse, je rêvais d’entrer dans les forces spéciales. » Il eut un petit rire bref. « Enfin… C’est une longue histoire. »

À cet instant précis, la voix de Fei Du grésilla dans leurs oreillettes, légèrement déformée par le brouillage.

— « Je vous inviterai tous les deux à boire un verre ce soir. Vous pourrez discuter de vos rêves d’enfance à ce moment-là. » Puis son ton se fit plus sérieux. « Pour l’instant, attention : à droite du portail, deux maisons plus loin, à environ cinquante mètres. Ils sont en train de se regrouper pour une patrouille. »

Luo Wenzhou jura entre ses dents et fit signe à Lu Jia de récupérer le Borgne inconscient.

— « Dans une situation pareille, ils ne devraient pas commencer par vérifier le système électrique ou la vanne principale ? »
— « Peut-être qu’ils sont moins disciplinés que toi. » La voix de Fei Du gardait cette nonchalance tranquille qui semblait ne jamais le quitter. « Il ne fait pas encore nuit, ce n’est pas une période de forte consommation électrique. Des rats qui vivent dans les égouts depuis des années réagissent d’abord à la peur avant de réfléchir. »

Il marqua une légère pause.

— « Mes images aériennes ont un léger décalage, mais je vois qu’ils commencent déjà à compter leurs effectifs. Ils vont bientôt remarquer l’absence de Monsieur le Borgne. »

Puis, avec un calme presque déplacé :

— « Au fait, c’est quoi déjà le record moyen du cinquante mètres chez un adulte ? »

Porter Lu Guosheng sur son épaule ne semblait absolument pas ralentir Luo Wenzhou. Après quelques foulées, il prit appui d’une main sur un muret et le franchit d’un bond fluide.

Lu Jia le suivit immédiatement sans perdre de temps. Malgré sa corpulence, il bougeait avec une agilité étonnante, prêt à bondir à tout instant ; un véritable “Guerrier Dragon” version Kung-Fu Panda.

Luo Wenzhou lui lança un rapide coup d’œil. Voyant qu’il n’avait pas besoin de l’aider, il repartit aussitôt en courant tout en répondant à Fei Du :

— « En tout cas, avec tes performances, toi qui mettrais une minute entière à escalader ce mur, tu n’es pas près de battre un record. »

Lu Jia en trébucha presque.

Il avait soudain l’impression d’être devenu totalement invisible.

Les deux hommes s’élancèrent à toute vitesse. Mais au même instant, plusieurs individus forcèrent l’entrée de la cour du sous-sol. En découvrant la porte de la cellule ouverte, ils balayèrent immédiatement les lieux à la lampe torche comme avec un projecteur de prison et réalisèrent aussitôt que Lu Guosheng avait disparu.

Quelques hommes aux réflexes aiguisés échangèrent un regard avant d’escalader le muret à leur tour et de commencer à fouiller rapidement les petites maisons voisines.

Et c’est précisément à ce moment-là, par une malchance absolue, que le Borgne reprit connaissance.

Il ne se précipita pas, restant parfaitement immobile, suspendu comme une carcasse morte, feignant l’inconscience avec un calme effrayant. Puis, lentement, il commença à travailler sur ses liens. Dans la confusion, Lu Jia ne les avait pas suffisamment serrés.

Quelques instants plus tard, le Borgne parvint à se libérer discrètement. Il accompagna soigneusement les mouvements de Lu Jia, gardant les mains derrière son dos et dissimulées dans ses manches.

Une petite lame cachée dans la doublure de sa manchette glissa silencieusement dans sa paume.

Puis il explosa soudainement.

Avec une violence fulgurante, il frappa en direction de la gorge de Lu Jia. Au moment exact où il prit son élan, l’autre homme sentit instinctivement qu’un danger approchait et projeta le corps qu’il portait sur le côté.

Le Borgne roula au sol.

Avant même d’avoir retrouvé son équilibre, il bondit de nouveau vers sa cible. Sa lame fendit l’air avec un sifflement aigu et presque animal. Lu Jia dégaina immédiatement le bâton accroché à sa taille. Clang. Le métal heurta le métal.

Le criminel secoua sa main engourdie par le choc.

— « Vous n’êtes pas des flics… Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous… Bordel… »

Il n’eut jamais le temps de finir.

Un coup de pied monstrueux s’abattit dans son dos, il sentit ses organes vibrer sous l’impact et, le souffle coupé, il fut projeté droit contre le bâton de Lu Jia. Sans perdre une seconde, ce dernier verrouilla aussitôt son cou avec son arme, le tirant violemment sur le côté. Le Borgne se débattit quelques secondes, puis son corps se relâcha de nouveau. Avant de sombrer dans l’inconscience, il entendit vaguement la voix de l’homme qui venait de le frapper par derrière déclarer, sans la moindre honte :

— « Désolé. Moi, je suis vraiment flic. »

Mais ce bref retard avait suffi.

Les poursuivants les plus rapides avaient déjà contourné le mur d’enceinte et venaient de les repérer.

Luo Wenzhou lança immédiatement :

— « Tu peux porter deux personnes ? »

Lu Jia savait se battre. Il savait courir. Normalement, le poids de deux hommes n’aurait pas dû poser problème.

Pourtant, en entendant cette question, il marqua un temps d’arrêt.

— « Vous… »
— « Si tu ne peux pas les porter, traîne-les. Ça ne les tuera pas. »

Tout en parlant, Luo Wenzhou lui balança directement le corps inconscient de Lu Guosheng.

— « Souviens-toi juste d’une chose : s’il meurt, tout ce qu’on a fait jusqu’ici ne servira plus à rien. »

Par réflexe, Lu Jia rattrapa le corps.

Sous les couches de graisse, tous ses muscles se tendirent brutalement. On aurait dit une pierre sur le point de se fissurer.

Il fixa Luo Wenzhou avec ses petits yeux presque noyés dans ses joues épaisses.

— « Vous n’avez pas peur que je détourne la marchandise ? »
— « Arrête de bavarder et cours », ordonna le capitaine de la criminelle.

Sans répondre davantage, Lu Jia s’élança, traînant les deux corps avec lui.

Depuis qu’il était enfant, il rêvait d’intégrer les forces spéciales. Il dévorait tout ce qui touchait au domaine militaire et avait collectionné chaque numéro de Qīng Bīngqì1 pendant cinq ans. Mais son grand frère pensait qu’être soldat était un métier ingrat, car épuisant, dangereux et sans avenir. Il voulait que Lu Jia fasse des études et mène une vie stable.

Treize années les séparaient.

Leurs parents étaient morts quand Lu Jia était encore petit. Aussi loin que remontaient ses souvenirs, c’était son frère qui l’avait élevé. Très jeune, ce dernier avait commencé à conduire des camions pour gagner sa vie. À l’époque, c’était un métier relativement bien payé, mais il était resté célibataire toutes ces années pour pouvoir économiser suffisamment et offrir à Lu Jia une bonne école, un avenir respectable, une vie meilleure. Seulement, le cadet n’avait jamais compris les efforts silencieux de son aîné. Par esprit de rébellion, il avait fini dans une université médiocre, passant ses journées dans une salle de boxe proche du campus au lieu d’étudier sérieusement.

À cette époque, les salles de boxe étaient rares et quasiment sans réglementation. Celle-ci venait juste d’être rénovée avec des matériaux bon marché. Pendant un entraînement intensif, Lu Jia avait inhalé des vapeurs toxiques et était tombé gravement malade.

Il avait abandonné ses études, puis passé deux ans à l’hôpital. Et il était devenu un poids immense pour son frère. Les traitements hormonaux nécessaires à sa survie l’avaient fait gonfler comme un ballon tout en vidant complètement les économies familiales.

Pour lui, son frère avait couru partout afin de trouver de l’argent.

Jamais une plainte.
Jamais un reproche.

Puis, quinze ans plus tôt, il avait été abandonné à jamais sur la Route Nationale 327.

Il était mort sans même laisser derrière lui un corps intact.

Et maintenant, le meurtrier qu’il avait rêvé pendant quinze ans de réduire lui-même en morceaux pendait inconscient entre ses mains, traîné comme un sac de viande.

Lu Jia sentit peu à peu son esprit s’engourdir.

Il ne lui restait plus qu’à courir.

Courir en suivant les indications de Fei Du dans son oreillette, un pas après l’autre, comme une machine poussée jusqu’à la rupture.

Chaque fois qu’il sentait le poids de Lu Guosheng entre ses mains, il avait l’impression de marcher pieds nus sur le fil d’une lame. À un moment, il s’aperçut qu’il pleurait.

Les larmes ruisselaient silencieusement sur ses joues épaisses.

Mais il n’osait pas laisser échapper le moindre sanglot. Les complices de l’organisation pouvaient surgir à tout instant. Alors il se contenta d’ouvrir grand la bouche dans un cri muet, les veines gonflées à éclater sous sa peau tandis qu’il réprimait un désir de meurtre si violent qu’il lui déchirait presque la poitrine.

En arrière, Luo Wenzhou assurait leur couverture, le visage fermé.

Parmi les hommes qui convergeaient vers eux, il reconnaissait plusieurs figures familières.

Qu’ils aient autrefois volé, agressé ou assassiné, après plus de dix années passées dans l’ombre, ils avaient tous fini par devenir la même chose : des criminels acculés.

Des gens qui n’avaient plus rien à perdre.

Luo Wenzhou effleura son téléphone du doigt. Comme si son cœur battait au même rythme que le sien, la voix de Fei Du résonna aussitôt dans l’oreillette :

— « Le parc écologique entier est couvert par les images aériennes. Pour l’instant, aucun civil n’approche de la zone. »
— « Reçu », répondit doucement Luo Wenzhou. « J’ai l’habitude des bagarres, mais les explosions, c’est moins mon truc. Si je finis vraiment transformé en pop-corn, qu’est-ce que tu feras ? »
— « Je te noierai dans du beurre fondu avant de te manger devant le prochain blockbuster américain », répondit son amant avec un calme parfaitement inhumain.

Mais loin des yeux de Luo Wenzhou, Fei Du venait de garer la voiture dans un angle soigneusement dissimulé d’où il pouvait surveiller directement la station-service.

Pour maintenir des criminels recherchés dans un endroit pareil, il fallait forcément quelqu’un chargé de les surveiller. Et puisque ce « gardien » n’était pas dans le parc écologique, alors il devait se trouver ici. La station-service se situait suffisamment loin du parc pour que la coupure de signal ait temporairement rompu leur communication.

À travers une paire de jumelles miniatures, Fei Du observa les quelques ouvriers désœuvrés qui traînaient devant les pompes.

Puis il déclara tranquillement :

— « Ne t’inquiète pas, je garde les yeux ouverts. Si quelqu’un agit de façon suspecte, je préfère tuer un innocent plutôt que de laisser filer les vrais coupables. » Il marqua une pause. « Tu veux que j’envoie quelqu’un t’aider ? »
— « Non. Les renforts ne vont plus tarder, je peux tenir un moment. »

Luo Wenzhou perçut immédiatement le danger caché dans le ton de Fei Du et ajouta aussitôt :

— « Et dis à tes hommes de ne surtout pas se montrer. Toi non plus. »

À peine avait-il terminé sa phrase que les deux premiers poursuivants surgirent.

Il en abattit un à mains nues.

L’autre leva un gourdin et le fit descendre droit vers sa tête.

Luo Wenzhou s’accroupit brusquement, sortit une paire de menottes et les utilisa comme un nunchaku improvisé pour frapper violemment la main tenant l’arme.

— « P-police ! C’est un flic ! »
— « Putain, il sort d’où, celui-là ?! »
— « Dépêchez-vous… Bordel, pourquoi y a toujours pas de réseau ?! »

Ces hommes craignaient la police comme les rats craignent les chats.

C’était un réflexe profondément ancré.

Mais un rat terrifié restait capable de déchiqueter un chat… À condition d’être assez nombreux.

— « Pourquoi vous hurlez comme ça ? » lança Luo Wenzhou en reprenant son souffle. « Voir un policier, c’est si rare que ça ? Bande de campagnards. »

Il fit tourner les menottes autour de ses doigts avant de se caresser distraitement le menton avec.

Puis il sourit.

— « Sérieusement, je ne comprends pas. Expliquez-moi la différence entre votre vie ici et la prison. En prison, au moins, quelqu’un protège encore vos droits légaux. Mais ici ? Qu’est-ce que vous faites exactement ? Vous attendez qu’on vous paie pour mourir à la place des autres ? »

Ses paroles étaient parfaitement raisonnables. Son ton, en revanche, était d’une arrogance insupportable. Et cela suffit à déclencher autour de lui une attaque furieuse venue de toutes parts.

Fait assez ironique, Luo Wenzhou remarqua rapidement une chose : tout comme lui craignait d’attirer davantage de complices, les criminels semblaient eux aussi redouter de faire venir d’autres policiers.

Après tout, un officier de police ne débarque jamais seul sur un terrain pareil.

Eux voulaient le réduire au silence le plus vite possible avant de s’enfuir.

Lui cherchait simplement à gagner du temps.

Ainsi, dans une sorte d’accord tacite et absurde, les deux camps s’affrontèrent presque sans un bruit.

Fei Du, de son côté, ignora complètement les provocations théâtrales de Luo Wenzhou.

Il attrapa un second canal de communication.

— « C’est moi. Approchez-vous de l’angle nord-ouest du parc écologique. À une trentaine de mètres des dortoirs, il y a Lao-Lu et mon ami. Envoyez quelqu’un les aider… »

Il s’interrompit brusquement.

Dans l’oreillette, son amant venait de jurer violemment.

Fei Du releva immédiatement la tête.

— « Qu’est-ce qu’il y a ? »

Luo Wenzhou venait de bloquer un coup de pelle avec son épaule et avait perdu l’équilibre. Au même instant, un instinct de survie brutal lui traversa l’échine. Il roula immédiatement sur le côté. L’instant d’après, quelque chose frappa le sol avec violence, soulevant une gerbe de terre.

— « Merde… Quelqu’un tire avec un silencieux », lança rapidement Luo Wenzhou. « J’ai pas bien vu si c’était une carabine à air comprimé ou… »

Il n’eut pas le temps de finir.

Un sifflement fendit soudain l’air derrière lui.

Sans réfléchir, Luo Wenzhou plongea en avant et se jeta derrière un petit chariot rempli de boue. Le véhicule encaissa à sa place l’impact brutal d’une hache lancée à pleine force.

Le regard de Fei Du perdit instantanément de nombreux degrés.

Il changea de canal et lança d’une voix glaciale à ses hommes :

— « Accélérez. À part Lu Guosheng, peu importe qu’ils soient morts ou vivants. »
— « Fei Du, petit con, j'ai dit non ! » hurla aussitôt Luo Wenzhou, inquiet.

Au même instant, la voix haletante de Lu Jia coupa la communication :

— « Président Fei, du monde qui arrive ! »

Fei Du réajusta immédiatement son oreillette.

Ils n’étaient pas arrivés avec fracas. Au contraire. Le groupe avançait à une vitesse impressionnante, silencieux comme des ombres, surgissant depuis l’immense terrain sauvage derrière le parc écologique. Les images aériennes ne couvraient pas complètement la zone et souffraient d’un léger décalage ; au moment où Lu Jia les aperçut, il était déjà trop tard pour se cacher.

Il venait à peine de sortir du parc qu’il se retrouva nez à nez avec eux.

Dans son oreillette, il n’y avait plus que les bruits étouffés du combat de Luo Wenzhou. Plusieurs canons se levèrent immédiatement vers lui. Il observa rapidement les hommes qui lui faisaient face, puis il relâcha lentement les corps inconscients de Lu Guosheng et du Borgne avant de lever les mains.

— « C’est moi qui ai signalé l’affaire. Mon ami est encore à l’intérieur. »

La Police Armée du Peuple2 était enfin arrivée.

Comme Luo Wenzhou les avait prévenus à l’avance de la présence possible d’explosifs et d’informateurs infiltrés dans la zone, ils avaient choisi d’approcher par l’ouest du parc.

Cette partie était déserte.

La seule caméra de surveillance installée près d’un vieux verger avait déjà cessé de fonctionner à cause de la coupure de courant.

En moins d’une minute, la situation fut entièrement reprise en main.

Les renforts étant enfin arrivés, Luo Wenzhou se retira aussitôt du combat, ménageant tant bien que mal son corps fraîchement blessé.

Il laissa échapper un long souffle, s’adossa contre un mur puis se laissa lentement glisser jusqu’au sol avant d’allumer une cigarette.

Il était épuisé.

Physiquement, bien sûr.

Mais mentalement encore davantage.

Avec l’arrivée précise et méthodique de la police, la « main » de Fei Du, celle qui tenait jusque-là la lame invisible prête à trancher des vies, s’était déjà discrètement repliée dans l’ombre.

Pendant un moment, l’oreillette de Luo Wenzhou resta silencieuse.

Avant qu’il ait terminé sa cigarette, la Police Armée du Peuple avait déjà neutralisé et embarqué la vingtaine de criminels avec une efficacité fulgurante. Dans le même temps, ils fouillèrent méthodiquement le campement improvisé.

Un officier s’approcha alors de Luo Wenzhou.

— « Vous devez être notre collègue de la Sécurité Publique ? »

L’homme le salua brièvement avant de poursuivre :

— « Il y a bien un engin explosif en dessous. Vous disiez qu’ils pouvaient avoir des complices ; avez-vous des informations plus précises ? Et retirer la bombe maintenant, est-ce dangereux ? » Il marqua une pause. « Au fait, vous avez prévenu vos supérieurs ? Vos collègues arrivent quand ? »

Luo Wenzhou se figea légèrement.

Quelque chose clochait.

Logiquement, les hommes du Centre Longyun auraient déjà dû tomber sur la séquence montrant Lu Guosheng rencontrant Wei Wenchuan dans le restaurant panoramique.

Ils auraient dû réagir immédiatement.

Même si le brouillage du signal mobile empêchait temporairement toute activation à distance, l’autre camp aurait dû bouger.

Alors pourquoi rien ? Pourquoi ce silence ?

L’analyse des vidéos leur prenait-elle réellement autant de temps ?

À cet instant, la voix de Fei Du résonna de nouveau dans son oreillette après un long silence :

— « Je n’ai demandé à personne de modifier les enregistrements du Centre Longyun. Ça aurait été beaucoup plus risqué que de juste les subtiliser. »

Puis, après une légère pause :

— « Mais tu te souviens de cette mystérieuse émission de radio ? »

Les pensées se mirent brusquement à tourbillonner dans l’esprit de Luo Wenzhou.

Il bondit aussitôt sur ses pieds.

— « Tout le monde recule ! Cachons-nous. J'ai une idée ! »

Dès l’arrivée de la Police Armée du Peuple, Fei Du leva discrètement le brouillage du signal dans toute la zone.

Luo Wenzhou sortit immédiatement son téléphone et appela Tao Ran.

Avant de raccrocher, il ajouta délibérément :

— « La situation est trop urgente. Je ne sais plus comment gérer ça. Va prévenir l’ancienne direction. »

Il appuya lourdement sur le mot « ancienne ».

Tao Ran, qui avait relu encore et encore le testament de Lao-Yang, comprit aussitôt ce que cela signifiait. Et presque au même moment où la police recevait l’information, le téléphone du Borgne se remit à sonner. De façon absurde. Et pourtant parfaitement prévisible.

Réveillé brutalement par une demi-bouteille d’eau jetée au visage, il fut forcé, tremblant de tous ses membres, de répondre à un appel puis d’en passer un autre sous les yeux d’un cercle entier de policiers armés.

Tandis que l’écho de l’explosion résonnait encore dans le parc écologique, le « chien de berger » fut ainsi pris la main dans le sac alors qu’il tentait de disparaître proprement, sans laisser la moindre trace.

À ce stade, ce bastion clandestin en perpétuelle fuite venait enfin d’être arraché jusqu’aux racines.

Et surtout… l’existence d’une taupe au sein même du Commissariat Central ne pouvait désormais plus être niée par personne.

Escorté par plusieurs policiers armés, Luo Wenzhou réapparut devant les agents encore hébétés du sous-bureau.

Avec un bleu déjà visible sur la pommette, il leur adressa un sourire parfaitement tranquille.

— « Une équipe de la brigade de lutte contre la pornographie vient de mettre la main sur un joli paquet de suspects au Centre Longyun de Beiyuan. Ils pourraient être liés à cette affaire. » Il désigna calmement le Borgne derrière lui. « Alors, est-ce que je pourrais vous demander un petit coup de main pour les récupérer ? »

 

 

 

 

 

 

 


J’aime tellement les MC comme Fei Du, qui, lorsqu’ils disent qu’ils vont buter tout le monde, tu sais qu’ils sont parfaitement sérieux !😂🥰

Puis il a raison, on ne touche pas à son homme ! 😡

 

 

 

 

  1. Qīng Bīngqì (轻兵器, littéralement « Armes légères ») : revue spécialisée mensuelle chinoise consacrée aux armes de petit calibre et aux équipements militaires légers. Créée en 1978 et toujours publiée aujourd'hui, elle est éditée par l'Institut de recherche No. 208 de l'industrie de l'armement chinoise sous l'autorité du groupe d'État China South Industries Group. 

    • Contenu et lectorat : La revue traite de sujets variés : actualité des armements, analyses techniques, histoire militaire, équipements pour les forces de l'ordre, modélisme, etc. . Elle se destine aux passionnés d'armes, aux militaires, aux policiers, ainsi qu'aux professionnels de la défense . C'est la seule revue du genre en Chine, ce qui lui confère un statut unique auprès des amateurs d'armement. 
  2. Police Armée du Peuple (中国人民武装警察部队): Contrairement aux policiers classiques (qui relèvent du Ministère de la Sécurité Publique), la PAP est une force paramilitaire qui fait partie intégrante des forces armées chinoises, au même titre que l'Armée Populaire de Libération (APL) . 

    Voici ses principales caractéristiques :

    • Statut et commandement : Depuis 2018, elle est placée sous le commandement unifié et centralisé de la Commission Militaire Centrale, ce qui renforce son rôle militaire.
    • Effectifs : Elle compte environ 660 000 hommes, ce qui en fait une force très conséquente.
    • Armement : Contrairement aux policiers municipaux, ses membres sont systématiquement armés (pistolets, fusils, véhicules blindés, etc.) . 

    La PAP n'intervient que pour des menaces graves dépassant les capacités de la police classique.

    Elle remplit trois rôles clés dans ce type de contexte : 

    • Contre-terrorisme et maintien de l’ordre : Gestion des prises d'otages, émeutes majeures ou attaques armées.
    • Sécurité intérieure lourde : Protection des infrastructures critiques (centrales, barrages) et intervention lors de catastrophes naturelles.
    • Application de la force létale : Lorsque les suspects sont lourdement armés, la PAP prend le relais des forces de police conventionnelles. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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