Silent Reading : Chapitre 98 - Verhovensky IX

 

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Luo Wenzhou était parti à la hâte ce matin-là et avait pris un taxi pour se rendre dans le District de Gulou. Lorsqu’il sortit des grilles du Commissariat Central, un taxi vide passait justement devant lui.

Ses doigts, enfouis dans sa poche, frémirent mais, sans trop savoir pourquoi, il ne leva pas la main pour l’arrêter. Il attendit plutôt que le feu passe au vert, puis traversa la rue en direction du parking en face. À peine sur le passage piéton, son regard s’était déjà transformé en scanner, balayant le parking d’est en ouest.

À mi-parcours, ce « haut fonctionnaire » autoproclamé se mit à se moquer de lui-même. Le cœur humain était faible, dès qu’il obtenait quelque chose, il en voulait davantage. Fei Du était venu le chercher une fois sur un coup de tête et voilà que la deuxième fois, il se mettait à espérer, à guetter qu’il revienne encore.

Et s’il ne venait pas ?

S’il ne venait pas… Cela ne voulait rien dire.

Luo Wenzhou avait deux bras et deux jambes, il était en parfaite santé, avec un solide appétit. Il pouvait mettre à terre une classe entière de voyous à mains nues. Deux ou trois kilomètres jusqu’à chez lui ? Un aller-retour en courant ne l’épuiserait même pas.

Espérer que quelqu’un vienne le chercher, c’était franchement ridicule.

Après tout, Fei Du n’avait jamais dit qu’il viendrait.

Il n’avait même pas clairement défini ce qu’il y avait entre eux.

Luo Wenzhou était humain. Et parfois, un humain ne pouvait s’empêcher de convoiter, d’être insatiablement avide. Au début, Fei Du avait été comme une plante dangereuse au parfum rare, attirant indistinctement tous ceux qui passaient. Plus son instinct sonnait l’alarme, plus il était attiré. Toutes les choses dites « séduisantes » dans ce monde étaient probablement ainsi ; tu sais que c’est du poison, mais tu veux quand même y goûter.

Puis il y avait eu la catastrophe de la bombe, cette quasi-séparation définitive ; comme une main sombre invisible, elle l’avait poussé dans le marécage nommé « Fei Du ». Il avait voulu l’aimer, prendre soin de lui, déplier lentement son cœur complexe et insondable comme on ouvre un paquet délicatement emballé. Luo Wenzhou s’était engagé sur cette voie avec une déclaration unilatérale, prêt pour un long voyage ardu, un sac de patience sur le dos.

Mais à peine quelques jours à ses côtés que ce salaud l’avait déjà fait dévier de sa trajectoire. Comme s’il était ensorcelé.

Cette proximité physique soudaine avait fait voler en éclats toutes ses défenses, remplissant son cœur de désirs profondément enracinés. Elle l’avait aussi propulsé sur des montagnes russes. Tout ce qu’il comptait prendre lentement, il brûlait maintenant de le précipiter.

Brûlait d’entendre ce que Fei Du avait pensé au moment de l’explosion sur ce camion frigorifique, et pourquoi il l’avait attrapé. D’ouvrir cette poitrine labyrinthique, de voir jusqu’où il avait avancé. D’entendre quelques vérités sortir de sa bouche, de le voir reconnaître les faits.

Mais c'était une erreur. Luo Wenzhou le savait.

Affronter un criminel demandait de la vivacité d’esprit, du courage et de la force. Affronter Fei Du demandait une patience et une persévérance colossales.

En se livrant à cette autocritique presque sévère, ses attentes diminuèrent à chaque pas sur le passage piéton. Une fois la route traversée, il parvint à ramener sur terre ce cœur qui flottait dans les airs. Il se prépara mentalement ; même s’il rentrait chez lui et découvrait que Fei Du s’était volatilisé après avoir couché avec lui, il pensait pouvoir l’accepter comme un phénomène normal.

Quant à la raison pour laquelle il avait laissé filer ce taxi pour traverser la rue…

Il s’en trouva une. Il allait simplement acheter un sachet de châtaignes grillées.

À cette pensée, son regard se posa avec intensité sur le petit stand, comme s’il voulait avaler toute la marmite. Puis, l’instant d’après, il aperçut sa propre voiture derrière l’étal.

Cette fois, Fei Du avait allumé le chauffage et ouvert la fenêtre. Le coude posé dehors, il semblait perdu dans ses pensées. De profil, on aurait dit qu’il fixait les châtaignes.

Toutes les précautions mentales de Luo Wenzhou s’effondrèrent instantanément. Il resta immobile, comme cloué au sol.

Il avait été trop pressé ce matin ; il n’avait pas eu le temps de réfléchir à tout ça. En revoyant Fei Du après une journée, toutes ces sensations qu’il n’avait pas eu le loisir d’examiner, le contact de sa peau, ses expressions à la lumière de la lampe, leurs souffles mêlés… Tout se mit à tourner dans son esprit comme un manège de lanternes. Sa gorge se serra légèrement ; il sentit même sa tension monter.

Les choses dont on ne se lasse pas après y avoir goûté, voilà l’une des grandes tortures de ce monde.

À cet instant, la spatule du vendeur s’arrêta, et il se mit à crier pour attirer les clients. Sa voix claire résonna au loin, les tirant tous deux de leur rêverie.

L’esprit vagabond de Fei Du revint enfin. Il fouilla dans sa poche, sortit un billet et s’apprêta à le tendre par la fenêtre.

— « Excusez-moi, je voudrais…»

Il n’eut pas le temps de finir.

— « Si tu manges ça maintenant, tu comptes encore dîner ? C’est quoi ton problème ? » Luo Wenzhou apparut comme par enchantement, repoussant sa main d’un geste naturel. Puis, sans lui laisser le temps de répondre, il dit au vendeur : « J’ai de la monnaie. Donnez-m’en deux jin1. »

Il prit le paquet de châtaignes bien emballé et monta dans la voiture.

Prenant un air volontairement mécontent, il déclara :

— « Ne viens pas exprès demain. Ce n’est pas loin, je peux rentrer à pied. Si je n’étais pas venu acheter quelque chose, j’aurais pris un taxi au portail. On se serait ratés, non ? »

Fei Du répondit tranquillement :

— « Oh, d’accord. »

Luo Wenzhou regretta immédiatement.

Était-il trop tard pour retirer ce qu’il venait de dire ?

Il se sentit soudain morose, sans pouvoir le montrer. Alors qu’il avait insisté sur l’interdiction de grignoter avant le dîner, il éplucha une châtaigne, en mangea plusieurs, puis en tendit une à Fei Du avec magnanimité :

— « Ce n’est pas bon pour la digestion d’en manger trop. Je t’en donne juste une pour goûter. Pas plus. »

Le jeune homme ne releva pas cette hypocrisie flagrante ; sévère avec les autres, indulgent avec lui-même. Profitant d’un feu rouge, il baissa la tête et prit la châtaigne directement avec la bouche, effleurant au passage ses doigts de la langue.

— « C’est sucré. »

L’« ennemi » lançait encore une attaque sans prévenir. Luo Wenzhou encaissa de plein fouet, presque à en cracher du sang tant son désir restait inassouvi.
— « Tu cherches vraiment les ennuis ? Qui est-ce qui s’est évanoui hier soir ? »

Fei Du n’en tint aucun compte. Prêt à poursuivre, il fut coupé net :

— « La ferme. »

Il perçut une pointe d’embarras dans cette colère. Sur le terrain de l’impudence, il était clairement supérieur. Esquissant un sourire silencieux, il obéit.

Le seul bruit dans la voiture était désormais celui de la radio, qui débitait d’une voix monotone les axes engorgés par les embouteillages du soir.

Ils restèrent silencieux un moment. Une atmosphère indescriptible remplissait chaque recoin de l’habitacle, mêlée au ronronnement du chauffage, au point qu’il devenait difficile de rester en place.

Du coin de l’œil, Luo Wenzhou observait le profil de Fei Du, envahi par l’impression soudaine de revenir à une époque lointaine de son enfance, la première fois où, ignorant tout, il avait tenu la main d’un garçon qu’il aimait.

Il ne se souvenait plus si cette main était rugueuse ou fine. Mais la sensation d’un feu d’artifice explosant dans sa poitrine, elle, restait vive.

Avec les années et l’expérience, il avait fini par penser que les échanges physiques n’étaient rien de plus que des fonctions corporelles banales, fades et sans saveur. Cette étincelle qu’il avait autrefois ressentie n’était jamais revenue, comme si quelque chose l’avait scellée.

Et voilà que le Moine Tang venait sur sa grande route pour lever le sceau de la Montagne des Cinq Éléments. Elle s’effondra, la terre se fendit, et le singe sauvage, se nourrissant de vent et de rosée, poussa un cri puissant en retrouvant la lumière du jour.2

— « Fais demi-tour plus loin. On va à la Tour du Tambour », déclara-t-il brusquement.

Fei Du se rabattit sur la bonne voie.

— « Je viens d’entendre à la radio que les fugueurs avaient tous été retrouvés et que le suspect avait été identifié. C’est faux ? » s’étonna-t-il.

« Oh, c’est vrai qu’il vient d’y avoir un meurtre là-bas », pensa Luo Wenzhou.

Il étira les jambes avec désinvolture.

— « Le tueur est le suspect en fuite dans l’affaire des meurtres en série de la nationale 327. Il y a pas mal de points étranges. Enfin… Je voulais jeter un autre coup d’œil…. Tu as lu la lettre que je t’ai envoyée ? »

Son discours était sincèrement convaincant, comme si c'était ce qu'il avait voulu dire depuis le début. Même Fei Du fut trompé, et mit de côté les provocations.

— « Oui. » Il hocha la tête. « Quel est le vrai nom de l’enfant qui a laissé la lettre ? Et ses relations avec ses camarades, elles étaient comment ? »

Luo Wenzhou se reprit, ramenant de force son âme qui avait quitté son corps pour traverser le globe, et se concentra sur l’affaire. Après un instant de réflexion, il demanda, légèrement perplexe :

— « Ses relations avec ses camarades ? Pourquoi ça ? »

La réaction normale n’aurait-elle pas été de demander ses relations avec ses parents ? Après tout, la lettre laissée par Feng Bin sur son bureau leur était adressée.

« Chers papa et maman, si je vous écris cette lettre, c’est parce que chaque jour je m’interroge avec douleur sur la raison de ma naissance. »

Tout indiquait que, vivant la majeure partie de l’année en internat, ses liens familiaux s’étaient distendus. Ajoutez à cela l’adolescence, la pression scolaire et d’autres facteurs, cela avait conduit à une rupture émotionnelle.

— « Dis-moi d’abord. Sinon, ce n’est qu’une lettre. Je ne peux pas en tirer grand-chose. »
— « Le garçon s’appelait Feng Bin, en première année au lycée de Yufen. Il s’entendait plutôt bien avec ses camarades. D’après son professeur, c’était un élève moyen, ni bon ni mauvais. Sa famille est aisée, mais dans ce club de fuerdai, il est assez ordinaire. Plutôt beau, il a fait de la musique pendant quelques années. À part ça, rien de particulier. Il s’intégrait bien, sans faire de vagues. Pas un leader, mais pas non plus quelqu’un d’isolé. » Luo Wenzhou marqua une pause. « En y réfléchissant, les élèves qui ont fugué sont tous de ce genre… Sauf Xia Xiaonan. »
— « Et qui est Xia Xiaonan ? »

Le nom réel des mineurs n’étant pas mentionné dans les médias, Fei Du n’était pas encore au courant.

— « Le témoin du meurtre d’hier soir », expliqua brièvement Luo Wenzhou. « Une élève boursière. Sa famille a des difficultés financières. Elle n’a peut-être pas grand-chose en commun avec ses camarades, elle doit se sentir à part. »

La circulation dans le district de Gulou était relativement fluide. Ils arrivèrent en moins de vingt minutes.

— « Tu vois le petit bâtiment jaune à gauche ? C’est l’hôtel où les élèves logeaient ces derniers jours. Deux carrefours plus loin, il y a un supermarché BD. Tourne là. » Tout en indiquant le chemin, Luo Wenzhou poursuivit : « Hier soir, vers neuf heures, Feng Bin est sorti de l’hôtel en disant qu’il allait prendre l’air. Une demi-heure plus tard, Xia Xiaonan est sortie à son tour, prétextant acheter des affaires. Ils se sont retrouvés au carrefour derrière le supermarché. »
— « Un rendez-vous secret ? »
— « Ouais. » Puis, comme une pensée lui traversait l’esprit, Luo Wenzhou ajouta d’un ton faussement désinvolte : « Au collège, tu donnais des rendez-vous secrets ? »

Pris au dépourvu, Fei Du sentit le coin de ses lèvres se raidir subtilement.

Il n’avait jamais eu ce genre d’adolescence.

Fei Chengyu ne l’aurait jamais permis.

Ce dernier avait toujours pensé que le corps humain pouvait se développer, mûrir et avoir des désirs. Mais quel était l'intérêt de développer des soi-disant « sentiments » pour quelqu'un à cause de l'apparition d’hormones ? N’était-ce pas devenir aussi stupide qu'un chien en chaleur ?

Après un instant, Fei Du se reprit et afficha un sourire ambigu.

— « Shixiong, tu essaies de te renseigner sur mes ex ? » Sans lui laisser le temps de répondre, il ajouta nonchalamment : « Non. J’étais dans une école publique. Il y avait peu de fuerdai, et je ne m’intégrais pas très bien. Et puis, trop de filles m’aimaient, si j’en avais choisi une, j’aurais blessé les autres. »

Tout en parlant, il contourna le supermarché et arrêta la voiture à l’endroit où Feng Bin et Xia Xiaonan s’étaient rencontrés.

Le site touristique de la Tour du Tambour était de nouveau fermé. Après le meurtre, toute la zone semblait plongée dans une solennité pesante. Le service de sécurité, impliqué dans l’affaire, avait été remplacé temporairement. Même les agents d’entretien travaillaient avec plus de sérieux que d’habitude.

Luo Wenzhou, remarquant immédiatement son léger malaise, le regarda attentivement, mais ne le pressa pas et changea de sujet :

— « Le tueur a commencé à les suivre ici. »

Fei Du baissa la vitre, observa les alentours et fronça les sourcils.

— « Étrange. »
— « Quoi ? »
— « C’est ouvert de tous les côtés. » Il tapota légèrement la vitre. « Un voleur ordinaire ne choisirait pas cet endroit pour tendre une embuscade. Comment sélectionner une cible ici ? Comment savoir où les passants vont aller ? Et s’ils tournent au prochain carrefour vers la grande route ? L’incertitude est trop grande. En plus, tous les carrefours éclairés ont des caméras. Même s’il n’a pas peur d’être filmé, pourquoi se montrer volontairement ? »

Luo Wenzhou comprit immédiatement.

— « Tu veux dire que le tueur savait où les enfants allaient se retrouver et par où ils allaient passer. Il avait préparé son coup à l’avance ! »

Lu Guosheng n’était pas revenu à ses anciennes habitudes. Feng Bin était sa cible.

Mais pourquoi ?

Quinze ans plus tôt, lorsqu’il était devenu un fugitif, le gamin n’était même pas né. Quelle rancune pouvait-il avoir contre lui ?

Et comment savait-il où le jeune couple s’était donné rendez-vous ?

Et puis, il y avait aussi cette fille, complètement indemne…

 

 

 

 

 


Wenzhou 😂: se moque des stupides histoires romantiques pour touristes.
Wenzhou également
🥰 : je veux aller avec mon chéri là-bas en rendez-vous.
Wenzhou à nouveau
😅 : Ah merde ! Ouais, c’est un lieu de crime ! Haha le meurtre sur lequel j’enquête…

Plus sérieusement, j’adore ce chapitre, c’est un de mes favoris. Comme tous ceux où l’un de mes bébés s’attarde sur ses sentiments. J’espère ne pas avoir massacré la magie de Priest, à défaut de pouvoir lui faire réellement honneur.

Je les aime !

 

 

 

  1. Le jin (斤) : Le jin (斤, prononcé « djine ») est une unité de masse traditionnelle encore très couramment utilisée en Chine aujourd'hui, en particulier sur les marchés, dans les cuisines, et dans la vie quotidienne. 1 jin = 500 grammes (0,5 kilogramme). Le jin est une unité de mesure millénaire, mais sa valeur a varié selon les dynasties. Ce n'est qu'en 1959 que le gouvernement chinois a normalisé le jin à exactement 500 grammes, afin de le faire correspondre au système métrique. Aujourd'hui, dans la Chine populaire, le jin est l'équivalent officieux du « demi-kilo ». En Chine, les prix sont souvent affichés « au jin » (每斤, měi jīn). « 20 yuans le jin » pour des fruits ou de la viande. Au restaurant, on peut commander « un jin de crevettes ». Dans les contextes officiels ou scientifiques, on utilise bien le kilogramme (公斤, gōngjīn, littéralement « jin standard »).

  2. Le Moine Tang et la Montagne des Cinq Éléments : Cette magnifique métaphore final fait référence à un épisode fondateur du roman classique La Pérégrination vers l'Ouest (Xiyouji, 西游记). Au début du roman, le Roi Singe Sun Wukong s'est rebellé contre le Ciel. Pour le punir, le Bouddha l'a emprisonné sous la Montagne des Cinq Éléments (五行山), où il est resté cinq cents ans, incapable de bouger, réduit à manger du fer et à boire du cuivre. Il n'est libéré que lorsque le moine Tang Sanzang (le « Moine Tang »), envoyé par l'empereur Tang pour aller chercher les écritures sacrées en Inde, arrive au pied de la montagne et retire le talisman qui scelle le sort. La montagne s'ouvre alors, et le Roi Singe jaillit, libéré. Priest utilise cette légende pour décrire l'effet que Fei Du (le « Moine Tang » de son histoire personnelle) a sur Wenzhou. 

    Les éléments clés sont : 
    • Le sceau (封印) : quelque chose dans la vie de Wenzhou a été « scellé », sa capacité à ressentir du désir, de l'excitation, de l'étincelle dans les relations physiques. Il croyait cette partie de lui-même morte ou endormie pour toujours. 
    • Le Moine Tang : Fei Du arrive sur son chemin et, par sa simple présence, agit comme le libérateur. Comme dans la légende, il ne force pas la montagne ; il enlève le talisman. C'est-à-dire qu'il permet à Wenzhou de se libérer lui-même. 
    • La montagne qui s'effondre : image de l'écroulement d'une barrière intérieure, d'une prison mentale ou émotionnelle qui semblait infranchissable. La terre qui se fend : l'ampleur cataclysmique du changement. Ce n'est pas une petite ouverture, c'est une transformation totale du paysage intérieur. 
    • Le singe sauvage : le Roi Singe est un personnage d'énergie brute, indomptable, rebelle, primitif. Exactement ce qui était enfoui sous la montagne. Son retour n'est pas un simple réveil, c'est une éruption de vitalité sauvage longtemps réprimée. 
    • « Se nourrissant de vent et de rosée » (喝风饮露) : (expression chinoise classique, souvent associée aux immortels taoïstes et aux ermites, qui vivent d'air pur et de rosée céleste, détachés des nourritures terrestres.) Pendant ses cinq cents ans de captivité, Sun Wukong survivait de rien. C'est une existence de privation totale, presque spirituelle. Cela correspond à la « fadeur » que Wenzhou attribuait aux « échanges physiques » : il s'en était détaché au point de ne plus y trouver aucune saveur. 
    • « Un cri puissant » : le singe ne sort pas en silence. Il hurle, il annonce son retour. C'est un éclat, une proclamation de vie retrouvée. 

    La métaphore transforme une prise de conscience intime en épopée mythologique. Luo Wenzhou ne dit pas simplement « Fei Du a réveillé mon désir ». Il raconte que cette rencontre a eu la force d'un cataclysme cosmique, l'effondrement d'une montagne, la libération d'une force sauvage emprisonnée depuis des siècles. C'est à la fois magnifique, inquiétant et en accord parfait avec sa personnalité et la dynamique ZhouDu.

 

 

 

 

 

 


 

 

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