Silent Reading : Chapitre 102 - Verhovensky XIII

 

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Xia Xiaonan avait été sauvée, mais le lien entre elle et l’étrange affaire du meurtre de Feng Bin demeurait enfoui dans un brouillard épais.

Que faisait donc ce mystérieux agent de patrouille ? Pourquoi cherchait-il à entrer dans le site touristique de la Tour du Tambour ? Et pour quelle raison avait-il suivi Luo Wenzhou et Fei Du ? Rien de tout cela n’avait de sens.

La lune brillait, les étoiles étaient limpides. Peut-être que le Lac Jasper1 s’était figé sous la glace, attirant les immortels venus passer l’hiver autour du Miroir des Amants. Ils n’avaient voulu, au départ, qu’assister à une scène de séduction dans ce décor romantique, sans imaginer que ce fameux miroir avait été mal conçu. En plein milieu, les fils s’étaient emmêlés, et un récit sanglant et lugubre s’était imposé, brisant l’illusion.

Les immortels, d’un commun accord, en perdirent l’appétit. Sans hésiter, ils arrachèrent des poignées de nuages noirs pour recouvrir le ciel étoilé, le laissant sombre et opaque comme le fond d’un chaudron, avant de se disperser.

Lorsque Luo Wenzhou et Fei Du rentrèrent enfin, même les feuilletons romantiques de vingt heures touchaient à leur fin dans le monde des mortels.

Luo Wenzhou avait si faim qu’il lui semblait que l’air lui-même s’était raréfié. À peine avait-il ouvert la porte qu’il resta figé : son estomac était vide, mais la gamelle de Luo Yiguo débordait, croquettes et pâtée réunies. Le vieux chat sans cœur avait mangé, bu, puis s’était léché jusqu’à briller avant de s’affaler dans son panier. À l’ouverture de la porte, ses oreilles pivotèrent à peine. Il ne bougea pas d’un pouce, encore moins pour accueillir qui que ce soit.

Luo Wenzhou comprit soudain très clairement sa place dans cette maison : ce que Maître Luo attendait chaque jour, ce n’était qu’un distributeur de nourriture. Quant à lui, pauvre bipède chargé de la litière, il ne présentait strictement aucun intérêt. Tant qu’il y avait à manger, peu importait où il allait ou s’il vivait ou mourait.

Les autres pouvaient bien sauter un repas ; Luo Wenzhou, lui, ne pensait qu’au patient.

Quand ils avaient fait descendre Xia Xiaonan, il avait voulu dire à celui-ci de rentrer, mais Fei Du s’y était opposé. Voyant l’heure tardive, il avait alors proposé d’acheter à manger en chemin. Fei Du, lui, n’avait rien dit de précis, se contentant de critiquer chaque restaurant, ce qui revenait à refuser sans le dire.

— « Il fallait absolument rentrer manger… Qu’est-ce qu’il y a ici ? Du congee et des légumes salés, ça te va ? Tu es pire que Luo Yiguo. »

Tout en râlant, Luo Wenzhou versa du riz lavé dans le congélateur pour le refroidir, puis se mit à hacher viande et œufs de cent ans, lançant l’autocuiseur à toute vitesse. Jetant un regard agacé à Fei Du qui traînait à côté :

— « Et toi, tu gênes autant que lui ! »

Fei Du, console à la main, errait sans but, tandis que Luo Yiguo s’était approché on ne sait quand pour observer la cuisine humaine. L’un debout, l’autre accroupi, ils levèrent la tête exactement au même moment.

Luo Wenzhou les regarda… et perdit toute combativité en moins d’une minute. Vaincu, il retourna à sa tâche, de mauvaise grâce.

Fei Du pouvait faire la course en moto sous la pluie avec une bande de fuerdai, faire la fête jusqu’au bout de la nuit, dépenser sans compter, parler avec une aisance déconcertante. Tout en lui appelait à une vie flamboyante. Et pourtant, il était d’une retenue presque excessive. Qu’il sourie ou se mette en colère, cela semblait souvent joué. Ses émotions véritables, elles, étaient rares, comme des traces demandant des instruments précis pour être détectées.

Luo Wenzhou força ses yeux à devenir des microscopes, croyant percevoir quelque chose… Ou peut-être se trompait-il. Il lui sembla que le jeune homme « s’accrochait » un peu à lui ; à peine, comme un riz trop cuit, juste assez collant.

Peut-être qu’après Xia Xiaonan répétant « elle me détestait », il n’était pas aussi intouchable qu’il en avait l’air.

Sur instruction de Luo Wenzhou, Fei Du prit une petite planche et se mit à préparer les légumes salés. Il fallait couper finement la moutarde marinée, puis la mélanger avec coriandre et piment, avant d’ajouter huile de sésame et assaisonnements ; une version maison de la salade « légumes du tigre ».

Peu importe ce qu’on lui demandait, il apprenait vite. Une seule explication lui suffisait. Seul son maniement du couteau laissait à désirer. Il s’arrêtait sans cesse pour trouver le bon angle. La lame frappait la planche, encore et encore, avec un écho presque hypnotique.

Quand Luo Wenzhou eut terminé son congee et fait cuire quelques baozi surgelés, Fei Du venait tout juste de finir de couper une petite portion de moutarde.

Du haut du four, Yiguo observait avec curiosité, sans oser faire de bêtise.

Les bras croisés, Luo Wenzhou regardait Maître Fei et Maître Chat. Son cœur, resté sur le toit glacé du bâtiment administratif, semblait enfin revenir à lui, redescendant lentement dans sa poitrine, où naissait quelque chose ; une fleur discrète, qu’on pouvait appeler « apaisement ».

Alors que Fei Du s’acharnait sur un piment, il lui dit soudain, d’un ton faussement détaché :

— « Dis… Tu veux rester ici avec moi, après ça ? »

La main de Fei Du glissa, et le couteau tomba, coupant le piment en deux sur la planche.

Le piment, mort sans avoir accompli son destin, projeta un grief âcre vers le ciel, telle une arme biologique, provoquant simultanément une série d'éternuements, leurs yeux larmoyant à cause de l'épice.

Luo Wenzhou s'y était préparé, s'éloignant d'un mètre, pouffant sans grâce, puis il saisit l'occasion pour couvrir sa question de tout à l'heure, riant joyeusement tout en tendant une boîte de mouchoirs à Fei Du. Celui-ci tourna la tête et fixa ses yeux rougis et larmoyants sur sa silhouette mal à l’aise, envahi d’une impulsion à répondre : « D'accord ! » Mais dès qu'il ouvrit la bouche, il ne put s'empêcher de détourner le visage pour éternuer à nouveau. L'impulsion passagère, telle une faible flamme dans une lanterne tempête, s'éteignit imperceptiblement après s'être levée silencieusement.

Dès le lendemain matin, Luo Wenzhou fut appelé au département de médecine légale. Les résultats de l'analyse du sang sur le sac à dos de Xia Xiaonan étaient tombés, c’était bien celui de Feng Bin. Et il y avait aussi une empreinte digitale sanglante cachée à l'intérieur de la bandoulière qui correspondait parfaitement aux empreintes de Lu Guosheng enregistrées dans le système.

— « Donc quand il a fini de tuer Feng Bin, il a sorti Xia Xiaonan de la poubelle, a fouillé son sac, pris son argent et son téléphone, puis lui a rendu le sac. »

Tout en parlant, Tao Ran dissimulait Lang Qiao ; pendant que Sa Majesté ne faisait pas attention, la misérable princesse aînée échangeait piteusement des petits pains avec tout le monde.

— « Mais je ne pense toujours pas que Xia Xiaonan ait pu être complice. Si on y réfléchit un peu… Ce serait terrifiant, non ? Sans parler d’être une gamine, si je n'étais pas policier, je n'oserais certainement pas avoir affaire à quelqu’un comme Lu Guosheng. »

— « Et puis il y a cet agent de patrouille. » Après s'être séparée de son dernier petit pain à la coriandre, Lang Qiao intervint. « Au début, j'ai pensé qu'il faisait partie du groupe de Lu Guosheng et qu'il se faisait passer pour un agent pour nettoyer le sang sur la scène de crime, mais maintenant que j'y réfléchis, quel intérêt y aurait-il à nettoyer le sang ? Lu Guosheng s'est retrouvé face à Xia Xiaonan. Puis, il n'a même pas pris la peine de porter des gants pour commettre un meurtre, pourquoi se soucierait-il d'un peu de sang sur les lieux ? »

Luo Wenzhou la regarda, et elle s’éloigna rapidement, n'osant plus se retrouver dans son champ de vision. Elle s'était creusé la tête pendant une éternité sans comprendre ce qu'elle avait fait pour l’offenser, concluant simplement que le cœur de cet homme était comme une aiguille au fond de la mer, impossible à trouver par quelque temps que ce soit. Lang Qiao sentit un moment que son avenir était sans lumière et sans perspective et souhaita échanger un chef gay contre un autre ; par exemple, ce directeur général dominateur Fei était pas mal.

— « Comment va Xia Xiaonan ? »
— « Je vais essayer de lui parler tout à l'heure », répondit Tao Ran à son supérieur. « Ah, oui, je viens de contacter le professeur de Yufen, et ces étudiants. Il a accepté de venir après les cours, mais aucun des parents n'est très enthousiaste. Il faudra peut-être leur reparler. »

Lorsqu'un enfant est blessé, il est naturel qu'un parent éprouve une certaine peur après coup, mais si, à cause de cela, un commissariat commençait à convoquer son propre enfant pour l'interroger jour après jour, ce serait vraiment désagréable.

— « Compris. » Luo Wenzhou soupira. « S'ils ne veulent vraiment pas venir, nous irons faire des visites à domicile… D'abord, allons interroger Xia Xiaonan. »

L’adolescente était assise tranquillement. Une lanterne avec une jeune fille dessus, dessinée de traits fins, vivante et réaliste, mais en simple papier ; si on ne faisait pas attention, elle pouvait être réduite en cendres par la flamme en un instant. Elle regarda Tao Ran et Luo Wenzhou, sans faire de bruit, puis baissa à nouveau la tête, ses cheveux en bataille, coupés en dégradé, retombant sur ses épaules.

Luo Wenzhou savait comment gérer les pires crapules, mais face à l’adolescente, il préféra céder la place à son adjoint.

— « Xia Xiaonan, c’est bien ça ? »

Avec la douceur d’un professeur apprécié, Tao Ran s’assit en face d’elle, un air bienveillant sur le visage, tout en lui montrant sa carte.

— « Je m’appelle Tao Ran. Je travaille à la Brigade Criminelle. J’aimerais éclaircir quelques points avec toi. »

Elle ne leva pas la tête, comme si elle n’avait rien entendu. Toute son attention était concentrée sur ses ongles qu’elle grattait avec obstination.

Une heure plus tard, Tao Ran sortit de la salle d’interrogatoire, complètement démuni.

Xia Xiaonan était comme un escargot recroquevillé dans sa coquille. Au moindre signe de danger, elle se repliait, tremblante. Si on lui parlait doucement, elle restait muette. Si le ton se faisait un peu plus ferme, elle fondait en larmes. Et pas des larmes discrètes ; un sanglot déchirant, incontrôlable. À un moment, elle avait même failli faire un malaise.

Tao Ran ne savait plus quoi faire. En plein milieu, il avait dû faire sortir son capitaine qui jouait les méchants.

D’un certain point de vue, elle était inébranlable, que ce soit par la douceur ou par la contrainte. Du début à la fin, elle n’avait hoché la tête que trois fois.

La première, quand Tao Ran lui avait demandé :

— « Tu étais présente quand Feng Bin a été tué ? »

La deuxième, quand Luo Wenzhou, à bout de patience face à ses réponses évasives, avait lâché :

— « Tu étais de mèche avec le meurtrier ? Sinon, comment il aurait pu vous coincer dans ce dédale de ruelles ? »

La troisième fois, ce fut lorsque Tao Ran lui demanda :

— « Tu sais qui voulait faire du mal à Feng Bin ? »

Cette fois, Xia Xiaonan répondit clairement.

— « C’était moi. »

À peine ces mots prononcés, elle s’effondra.

Ses nerfs, déjà fragiles comme des fils de soie, lâchèrent d’un coup, comme un vieil ordinateur prêt à rendre l’âme, qui plante dès qu’on lance un jeu ridicule et refuse ensuite de redémarrer.

Quant au reste, pourquoi elle avait voulu s’en prendre à Feng Bin, comment elle connaissait Lu Guosheng, où le criminel avait disparu après les faits, impossible d’en tirer quoi que ce soit.

Les personnes impliquées dans ce genre de crimes violents, à moins d’être totalement dérangées, cherchent presque toujours à nier. Et même quand elles ne peuvent plus nier, elles se présentent instinctivement comme des victimes impuissantes. Plaider l’innocence, rejeter la faute… Ce sont des réactions humaines classiques. Reconnaître les faits aussi directement, sans même tenter d’inventer un motif, c’était extrêmement rare.

Le grand-père de Xia Xiaonan attendait dans le couloir.

Une fois sa petite-fille emmenée au bureau de la sécurité publique, le vieil homme avait fini par comprendre que quelque chose n’allait pas. Il avait couru partout, rassemblant tant bien que mal des bribes d’informations. Terrifié, dépassé.

Quand il vit les deux hommes approcher, il se leva aussitôt, désemparé, comme un élève pris en faute.

Tao Ran donna un coup de coude à son capitaine.

— « Va lui parler. »

À ces mots, Luo Wenzhou fit volte-face et prit la fuite.

— « Directeur Li ! Hé, Directeur Li ! Je vous cherchais partout ! Vous avez trouvé les documents que je vous ai demandés hier ? J’en ai besoin d’urgence ! »

Tao Ran resta figé un instant.

Quel enfoiré.

Parce que Xia Xiaonan refusait de coopérer, toute l'affaire avait atteint une autre impasse.

Vers la fin de l'après-midi, l'équipe de la criminelle, revenue bredouille après une journée entière d'agitation, se réunit dans la salle de conférence.

— « La petite ne dit rien à part admettre encore et encore que c'est elle qui a causé la mort de Feng Bin. » Quand l'humeur de Xia Xiaonan s'était stabilisée, Lang Qiao était également allée lui parler. « Aussi, en y allant de manière détournée, j'ai découvert qu'elle n'a aucune idée que Lu Guosheng est un criminel recherché. Quand j'ai mentionné son nom, elle s'est mise à trembler, ne réagissant même pas quand elle s'est arraché l'ongle. C'était de la vraie peur, pas simulée. »

— « Leur professeur principal vient juste de me parler. » Tao Ran entra avec un carnet sous le bras. « Elle dit que comme les notes de Xia Xiaonan sont bonnes, son caractère est calme et doux, et qu'elle est jolie, il y a pas mal de garçons dans la classe qui l'apprécient, mais elle ne l'a jamais vue se rapprocher de qui que ce soit… Pas des filles non plus. L'ambiance dans leur classe est très bonne, tout le monde est amical, traîne tout le temps à l'école, comme une grande famille heureuse. Il n'y a pas de harcèlement. »

Lang Qiao intervint :

— « Un prof ne sait pas forcément ces choses-là. »
— « Non. » Xiao Haiyang poussa ses lunettes. « Un professeur peut ignorer des broutilles comme des bagarres individuelles et des attaques ciblées, mais en cas de harcèlement collectif à long terme, elle sait certainement ce qui se passe. Sauf si elle vient d'être diplômée et n'a aucune expérience. Soit le harcèlement n'existe vraiment pas, soit le professeur ment. »

L'examen politique de la nouvelle recrue était sur le bureau de Luo Wenzhou. Il n'avait pas encore eu l'occasion de l'ouvrir. En entendant cela, il regarda le jeune homme.

— « Je ne t’avais pas envoyé parler aux élèves ? »

— « C’est fait. » Xiao Haiyang ouvrit son carnet. « En tout, six élèves se sont enfuis. Quatre en plus de Feng Bin et Xia Xiaonan, trois garçons et une fille. La fille est apparemment en pleine montée de fièvre à cause du choc et n'a pas voulu me voir, mais j’ai vu les garçons. On dirait qu’ils se sont mis d'accord sur leurs répliques à l'avance. Ils se sont enfuis pour s'amuser, quand le meurtre a eu lieu, ils attendaient tous à l'hôtel, ils ne savaient pas que Feng Bin et Xia Xiaonan étaient ensemble, et ils ne savent pas pourquoi les deux sont sortis. »

Luo Wenzhou réfléchit.

— « Je me souviens qu'il y avait un petit garçon grassouillet appelé Zhang Yifan. Il bégaie quand il parle à des étrangers. Il n'a rien dit non plus ? »

Xiao Haiyang secoua la tête.

— « Et l'angle du site touristique ? Des indices sur le faux agent de patrouille ? Lu Guosheng s'est éloigné de la scène de crime tranquillement. Des caméras qui auraient pu capturer où il est allé après ? »

Quelques officiers de police criminelle au visage fatigué secouèrent la tête en même temps. Leur capitaine fronça les sourcils et se leva soudainement. Enfilant sa veste, il se prépara à partir.

— « C’est presque l'heure de partir, Boss. Où tu vas ? Ça peut sûrement attendre demain », l’interpella Lang Qiao.

— « Je vais reparler à ces élèves. » Luo Wenzhou but le thé sur la table d'une traite.

Il savait qu'en finissant, aujourd'hui, il ne verrait pas Fei Du dans le parking en face, alors il n'attendait rien de la « sortie du travail ». Plus mort que vif, il ajouta :

— « Quand j'aurai fini de leur parler, je rentrerai chez moi en voiture. »

Lang Qiao regarda sa montre.

— « Mais l'Université a dit que leur contact allait bientôt venir. Si t’es pas là, qui va signer ses ordres de mutation ? »

Luo Wenzhou agita la main avec irritation.

— « N'importe qui. Qui est-il pour que je l'attende sagement ? Est-ce qu'il croit que tout le monde est aussi désœuvré que ces maudits élèves ? Dites-lui de revenir demain ! »


Avant même d’avoir fini, il entendit une voix à la porte :

— « Ton emploi du temps est déjà plein aujourd'hui ? »

 

 

 

 


Oui, désolée en ce moment je publie quand je peux...

 

 

 

 

 

 

  1. Le lac Jasper (碧玉湖, bìyù hú) : le domaine mythologique de la Reine-Mère de l'Ouest (Xi Wang Mu, 西王母), l'une des divinités les plus importantes du panthéon taoïste. Souveraine des immortels et gardienne de l'élixir de vie éternelle, elle réside dans un palais situé aux confins occidentaux du monde, sur le mont Kunlun (昆仑山), la montagne sacrée de la mythologie chinoise. Son domaine est souvent décrit comme un jardin merveilleux où coulent des sources de jade et où poussent les pêchers d'immortalité qui confèrent la vie éternelle à ceux qui les consomment. Tous les 5 000 ans (ou 500 ans selon les versions), la Reine-Mère organise un banquet où elle invite tous les immortels à déguster les pêches sacrées. Dans les légendes, le domaine de Xi Wang Mu n'est pas seulement un lieu de délices, c'est aussi un espace liminal, à la frontière du monde des vivants et de l'au-delà, gardé par des créatures fantastiques. S'y aventurer sans y être invité est périlleux pour un mortel. Priest place l'action dans un espace mythique et sacré, habité par des immortels. Mais le cadre idyllique se corrompt, le miroir « mal conçu » transforme la scène de séduction en « récit sanglant et lugubre ». Les immortels eux-mêmes, dégoûtés, « en perdent l'appétit » et voilent le ciel de nuages noirs. La référence à Xi Wang Mu souligne par contraste la perversion du lieu : même le séjour de l'immortalité devient témoin d'une tragédie humaine


 

 

 

 

 


 

 

 

 

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