Silent Reading : Chapitre 96 - Verhovensky VII

 

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@Necoya66

 

 

 

— « Le témoin s’appelle Xia Xiaonan, une fille, dans la même classe que Feng Bin. Plusieurs élèves sont partis ensemble il y a quelques jours. On ne sait pas pourquoi ils n’étaient que tous les deux hier. Ils se sont peut-être séparés des autres », expliqua Xiao Haiyang, collé aux pas de Luo Wenzhou comme un guide parlant sur commande. « Quand Feng Bin a été tué hier soir, la fille se cachait dans une poubelle à proximité. Le garçon a probablement voulu la protéger. »

Tout en se dirigeant vers l’ambulance, Luo Wenzhou demanda :

— « Puisqu’ils sont toujours en ville, pourquoi on ne les a pas retrouvés plus tôt ? »
— « Ils ont mis la main sur des cartes SIM non enregistrées. Difficile à tracer. » Xiao Haiyang marqua une pause, puis ajouta : « De toute façon, ils étaient assez grands pour emporter de l’argent et ils avaient laissé une lettre. Personne ne pensait qu’il pouvait leur arriver quelque chose. Les commissariats locaux sont toujours débordés, les affaires plus urgentes passent parfois en priorité… »

Luo Wenzhou avait lui-même fait ses armes sur le terrain, il comprenait parfaitement. Il leva la main pour l’interrompre.

— « Donc ils avaient leurs téléphones ? À quelle heure le meurtre a-t-il eu lieu ? »

Xiao Haiyang hésita.

— « Le médecin légiste vient juste d’examiner le corps. Première estimation : avant minuit. »
— « Avant minuit… » Luo Wenzhou ralentit légèrement. « Si la fille n’a rien, pourquoi elle n’a pas appelé la police après ? »

Xia Xiaonan, unique témoin de cette affaire de dépeçage, non seulement n’avait pas appelé la police, mais avait passé la moitié de la nuit recroquevillée dans une poubelle, au point de terrifier l’agent de nettoyage qui l’avait trouvée ; il avait dû avaler un médicament pour le cœur sur-le-champ.

La jeune fille de quinze ans était très mince, avec un petit visage en forme de graine de melon et des traits délicats ; une beauté en devenir. Mais dans son état actuel, toute grâce avait disparu. Elle empestait, assise dans un coin, serrant son sac à dos contre elle, le visage d’une pâleur cadavérique et les yeux d’un noir profond, comme une poupée grandeur nature dépourvue d’âme.

Quand Luo Wenzhou s’approcha, il vit que Lan Qiao et plusieurs policières, ainsi qu’un groupe de médecins, formaient un cercle autour de Xia Xiaonan. Aucun n’osait s’avancer.

Il observa l’atmosphère étrange.

— « Qu’est-ce que vous faites ? Vous regardez un spectacle ? »
— « Ne t’approche pas, patron, la gamine est peut-être en état de choc », murmura Lan Qiao. « Elle ne réagit pas quand on lui parle, et elle hurle dès qu’on s’approche. Même le médecin là-bas, qui a pourtant l’air très gentil, n’arrive pas à l’approcher. On attend les parents pour voir si on peut lui administrer un calmant de force. »

Luo Wenzhou se pencha, essayant de capter son regard à distance. Xia Xiaonan croisa brièvement ses yeux, mais son regard glissa aussitôt, vide, incapable de se fixer.

— « Plusieurs commissariats, avec l’aide de l’école et des parents, les cherchent depuis trois ou quatre jours. Résultat, la police ne les a pas trouvés, mais un criminel, oui », chuchota Lan Qiao. « On appelle ça comment ? »
— « Vérifie les caméras de surveillance autour. C’est une zone touristique, il y a peu d’angles morts, le tueur ne peut pas être invisible. Et ne laisse pas les gars glander, envoie-les interroger les supérettes, supermarchés, restaurants… Un groupe de gamins en fuite, ça mange et ça boit. Quelqu’un a forcément dû les voir. »

À cet instant, Luo Wenzhou fronça légèrement les sourcils et pointa le sac de Xia Xiaonan.

— « Er-Lang, regarde. Sur son sac, c’est de la saleté… ou du sang ? »

Avant que Lan Qiao ait le temps de s’approcher, un crissement de freins retentit derrière eux, strident, comme si on labourait le sol. Tous les policiers et médecins présents sursautèrent.

Lan Qiao se retourna et murmura :

— « Oh non… c’est ce que je craignais. »

Une femme d’âge mûr, élégamment vêtue, ouvrit brusquement la portière et se précipita hors de la voiture avant même d’avoir posé correctement le pied au sol. Comme un roseau fouetté par le vent, elle vacilla sur quelques pas, puis s’effondra sans prévenir, s’écorchant et se couvrant de sang. Le visage déformé par la terreur, elle agrippa le policier venu l’aider à se relever, manquant de lui arracher son pantalon.

— « Où est… mon fils ? Où est mon Binbin ? »
— « C’est la mère de Feng Bin », souffla Lan Qiao. « Dites aux légistes de se dépêcher de mettre le corps dans une housse. »

Luo Wenzhou la poussa légèrement.

— « Ne la laissez pas voir. Faites-lui identifier le visage et emmenez-le immédiatement. Elle pourra le voir après l’enquête, une fois le corps reconstitué. »

Mais il était déjà trop tard.

La mère de Feng Bin, mince et fragile, semblait dénuée de toute chair. Pourtant, en voyant les légistes entrer dans la ruelle, elle se releva d’un bond, repoussant son mari et le policier qui tentaient de la retenir, avec une force insoupçonnée.

Un seul regard suffit à briser le reste de sa vie.

Sans un cri, elle s’effondra au sol.

Les médecins qui surveillaient Xia Xiaonan durent accourir pour la secourir. On l’emporta inconsciente. À peine rouvrit-elle les yeux qu’elle aperçut Xia Xiaonan recroquevillée dans un coin. Son corps se mit à trembler violemment ; elle reprit aussitôt ses esprits et rampa jusqu’à elle, la saisissant.

— « Jeune fille… Tu sais quelque chose, n’est-ce pas ? Tu sais qui a tué mon Binbin ? »

Sous la poigne de la mère, Xia Xiaonan fut prise de convulsions et poussa un hurlement inhumain. En un instant, les pleurs, les cris, les tentatives de consolation, les questions et les hurlements stridents de l’adolescente se mêlèrent en un chaos insupportable.

La tête de Luo Wenzhou bourdonnait sous le vacarme. Il se boucha les oreilles et tourna les yeux vers la ruelle sombre et vieillotte.

Le tueur était-il vraiment Lu Guosheng ?

Si c’était le cas, comment l’expliquer aux parents ? Leur dire qu’un spectre en fuite depuis quinze ans avait tué leur fils ?

Pourquoi Lu Guosheng serait-il réapparu maintenant ? Était-il à court d’argent ? Et pourquoi s’en prendre à un collégien ? Après toutes ces années, sa force déclinait-elle ? Sans complices, n’avait-il plus la confiance nécessaire pour s’attaquer à un adulte ?

Et puis, le corps de Feng Bin avait été recouvert de sa propre veste d’uniforme, comme si le meurtrier avait craint qu’il ait froid.

Qu’est-ce que cela signifiait ? Le tueur avait-il ressenti du remords après son acte ?

Mais s’il lui restait vraiment la moindre étincelle d’humanité, aurait-il pu démembrer un adolescent et lui écraser les yeux ?

Pourquoi ?

Le père de Feng Bin recula vacillant jusqu’au bord de la route, soudain incapable de prendre en compte les émotions de sa femme, se forçant à garder contenance. Il avait le tempérament sociable d’un homme d’affaires ; quand Luo Wenzhou posa les yeux sur lui, il hocha même la tête, essayant de sourire en vain.

— « J’ai été trop occupé par le travail. Je ne le voyais peut-être même pas deux fois par mois… Je l’ai envoyé en internat, comme s’il était un fardeau dont je ne savais que faire. » Il marqua une pause. « J’ai eu tort ? »

Le capitaine ne répondit pas.

Au fil de ses paroles, le dos de l’homme se voûta. Il s’accroupit, se recroquevilla sur lui-même, couvrant lentement son visage.

— « Les parents de Xia Xiaonan ont été prévenus ? » demanda Luo Wenzhou en se pinçant l’arête du nez, avant de se tourner vers ses subordonnés. « Ils sont où ? Pourquoi ils ne sont pas encore là ? Quand est-ce qu’on pourra faire parler la fille ? »

La route, qui s’animait peu à peu, voyait apparaître les premiers signes de circulation. Soudain, un fauteuil roulant électrique remonta la file à contre-sens, se dirigeant droit vers eux. Le vieil homme assis dessus semblait trouver l’engin trop lent ; il tendait le cou vers l’avant comme une tortue âgée. Le fauteuil heurta un nid-de-poule, se déséquilibra, et l’homme en tomba.

Tao Ran se trouvait non loin. Témoin de ce petit accident, il accourut pour l’aider à se relever.

— « Mon Dieu, monsieur, pourquoi venir par ici avec ça ? Vous allez bien ? La route est barrée devant, vous ne pouvez pas… »

Le vieil homme se débattit, agrippa le poignet de Tao Ran et articula difficilement :

— « Houlan… »

Tao Ran le fixa.

— « Quoi ? »

Le vieil homme le regarda, les lèvres tremblantes, l’air désespéré.

— « Xia… Xiaonan… »

— « Les parents de Xia Xiaonan sont morts tous les deux. Il ne lui reste que son grand-père. Il a fait un AVC il y a quelques années, avec de lourdes séquelles. Il est lucide, mais se déplace difficilement, et on comprend à peine ce qu’il dit. »

Quand ils revinrent au Commissariat Central depuis la scène de crime, il était déjà midi. Après avoir mobilisé des compétences exceptionnelles en compréhension orale, Tao Ran avait réussi à communiquer avec le grand-père. Il soupira.

— « C’est vraiment tragique. Par moments, on se dit que ce serait presque mieux s’il avait perdu la tête. »

Luo Wenzhou demanda :

— « Avec un tel contexte familial, comment a-t-elle intégré l’internat ? »
— « Sa famille est très pauvre, et les frais médicaux de son grand-père ne sont pas entièrement couverts par l’assurance. Le lycée Yufen recrute des bons élèves pour sa réputation et offre des conditions très avantageuses. Le vieil homme est têtu, il refuse qu’on le traite comme un invalide. Il s’occupe lui-même de toutes les tâches domestiques, sans laisser personne l’aider. »

Un policier à côté intervint :

— « Autant les autres, passe encore, mais une fille comme Xia Xiaonan qui fugue, ça me dépasse. J’ai vérifié, elle était dans le top 50 de toute la ville à l’examen d’entrée au lycée. Si elle maintenait ses résultats, Yufen lui donnait 20 000 yuans de bourse. Et d’après les profs, elle est introvertie mais très raisonnable. Jamais de problème avec ses études. Elle aurait fugué parce qu’elle s’ennuyait ? Elle serait capable d’abandonner son grand-père ? Si c’est le cas, elle n’a vraiment aucune conscience. »

Luo Wenzhou ne répondit pas. Il ouvrit sur son téléphone la lettre laissée par Feng Bin. Le texte circulait déjà largement en ligne. La nouvelle de sa mort n’avait pas encore filtré ; les internautes continuaient d’attaquer le système éducatif et le style parental à la chinoise.

Après un moment de réflexion, il envoya le lien à Fei Du.

À peine avait-il terminé qu’une tête passa par la porte.

— « Capitaine Luo, le professeur principal de Feng Bin et Xia Xiaonan est arrivé ! »

Le téléphone de Fei Du vibra discrètement, signalant un nouveau message. Posé sous un objet, il ne l’entendit pas tout de suite.

L’assistante Miao lui tendit un stylo et jeta un coup d’œil à Luo Yiguo, qui paradait avec arrogance à côté d’elle. Elle brûlait d’envie de jouer avec lui pendant que son patron lisait les documents.

— « Président Fei, il griffe ? »
— « Oui. »

Elle retira discrètement la main qu’elle venait de tendre et observa l’appartement moderne, au mobilier simple.

— « Vous… Vous vivez ici maintenant ? »

Fei Du repoussa légèrement ses lunettes et leva les yeux vers elle.

— « Oh… » hésita-t-elle, avant d’ajouter avec tact : « C’est très différent de votre bureau. Ce n’est pas vraiment le même style. »

Il esquissa un sourire évasif. Comparé à son bureau, la plupart des logements humains ressemblaient à des toilettes publiques, mais ce n’était pas du tout son style habituel.

À cet instant, il tomba sur un contrat-cadre et le parcourut rapidement. Il n’y avait rien d’anormal dans le contenu, mais une odeur particulière émanait du papier. S’arrêtant, il le porta à son nez, reconnaissant la menthe, le basilic sucré… et une légère note de fruits rouges. Il releva les yeux vers son assistante qui lui répondit par un sourire gêné. Le goût très large de Fei Du pour la beauté n’était un secret pour personne ; même Zhang Donglai savait qu’il appréciait les choses et les personnes élégantes en apparence mais stimulantes en profondeur. Certains utilisaient volontiers cela à mauvais escient.

Il posa le document, sortit une lingette humide et s’essuya les mains.

— « Depuis quand notre entreprise est-elle devenue si raffinée que même le papier d’impression doit être personnalisé ? On a un partenariat spécial avec la famille royale saoudienne ? »
— « C’est la nouvelle assistante du Président Su », expliqua doucement la jeune femme.
— « Le Président Su ne m’avait-il pas aussi invité à dîner ? » Fei Du eut un rire silencieux, mais son expression resta froide. « Lao-Su a travaillé plus de dix ans pour mon père, il se prend maintenant pour un ancien digne de régence. »

L’assistante Miao n’osa pas répondre. Depuis que son patron avait pris le pouvoir, presque tous les anciens collaborateurs de son père avaient été écartés. Les meilleurs transférés pour une retraite tranquille, les pires envoyés directement en prison, d’autres partis d’eux-mêmes pour diverses raisons. Il ne restait plus que Su Cheng et c’était aussi le moins compétent.

— « Cela dit, j’aime bien ce genre d’idiot imbu de lui-même. Quand tu rentreras, dis-lui que je n’ai pas le temps. À son âge, il ferait mieux de s’occuper de ses propres affaires avant de se mêler du reste. Ce genre de manœuvres vulgaires ne lui fait pas honneur. Si quelqu’un veut me voir, qu’il vienne en personne. Je n’apprécie pas les détours. » Puis son ton changea brusquement. Il cligna des yeux vers son assistante, sa voix devenant douce : « Pourquoi vous ne filtrez pas ça pour moi ? Je ne suis pas votre grand patron ? Quoi, je suis absent depuis trop longtemps, vous ne m’aimez plus ? »

Habituée à ces variations d’humeur, elle ne broncha pas.

— « Qui veut être recommandé par le Président Su de façon aussi indirecte ? »
— « Des gens insignifiants. »

Fei Du signa rapidement les derniers documents et raccompagna l’assistante jusqu’à la porte. Avant qu’elle ne parte, il ajouta :

— « Au fait, les prix ont augmenté récemment, non ? Dis aux RH d’augmenter l’indemnité déjeuner de 30 %. On travaille mieux quand on mange bien. »

Distribuer de l’argent ? L’assistante Miao n’avait aucune objection. Elle répondit avec enthousiasme, son pas devenant plus léger.

— « Président Fei, comment savez-vous que les prix ont augmenté ? »

Parce qu’il avait regardé une étiquette en coupant des légumes et s’était fait sermonner par quelqu’un pour « ne rien comprendre à la vie réelle ».

Fei Du ne répondit pas. Du bout du pied, il repoussa Luo Yiguo dans la pièce, serra chaleureusement la main de la jeune femme et la salua.

Il ouvrit la fenêtre pour dissiper l’odeur persistante de parfum.

Ces gens étaient vraiment prudents. Pendant toutes ces années, ils n’avaient laissé aucune trace devant lui. Mais lors de l’affaire du clan Zhou, ils avaient dû se mutiler pour survivre, perdant Zheng Kaifeng et Zhou Junmao, deux de leurs principaux soutiens financiers. Ils devaient désormais être en difficulté, cherchant désespérément une nouvelle source de fonds.

Il semblait que son comportement de ces dernières années, sa réputation ambiguë, ses méthodes apparemment laxistes mais en réalité strictes, sa tentative de débrancher le respirateur de Fei Chengyu au sanatorium, et son abandon de son immense entreprise pour se consacrer au nouveau Projet Album, avaient finalement porté leurs fruits, poussant ces gens à chercher à entrer en contact avec lui.

Cependant…

Fei Du récupéra son téléphone sous la table, prêt à ouvrir son application de lecture. Une autre force semblait aussi à l’œuvre dans l’ombre ; elle semblait même l’avoir aidé sans le vouloir. Il avait tenté à maintes reprises d’enquêter, sans succès. Qui cela pouvait-il être ?

C’est alors qu’il vit le lien et le message envoyé par Luo Wenzhou.

— « Il y a quelque chose qui cloche dans cette lettre. Tu peux y jeter un œil ? »

Dans la salle d’accueil du Commissariat Central, une enseignante d’une quarantaine d’années, accompagnée d’un élève, discutait avec l’agent chargé de l’accueil. Il s’agissait du professeur principal de Feng Bin et du délégué de classe.

Luo Wenzhou écouta un moment depuis la porte, observant les vêtements du garçon. Il avait sa veste d’uniforme pliée sur le bras, ne ressemblant en rien à ses camarades maladroits en pleine croissance. En voyant Luo Wenzhou, il lui adressa un sourire assuré, et celui-ci pensa involontairement au Fei Du adolescent.

En y regardant de plus près, la marque de la chemise du garçon lui sembla familière ; il en avait déjà vu plusieurs en rangeant la garde-robe de Fei Du. Il ne savait même pas comment prononcer le nom.

Un gamin portant un vêtement aussi cher ?

Il fronça les sourcils.

Le lycée Yufen était vraiment un club de fils de riches.

— « Patron. »

Lan Qiao s’approcha rapidement et murmura à son oreille :

— « La caméra à l’angle de la rue a filmé le tueur. »

Luo Wenzhou se tourna immédiatement.

— « Je ne savais pas, alors j’ai demandé à des anciens de regarder. On dirait que… c’est vraiment ce Lu Guosheng. »

 

 

 

 

 

 


Bébé je sais que tout ce que tu as fait depuis la reprise du business était dans le but d'être contacté par ces gens, mais ils sont dangereux ! Pense à ta sécurité ! 😭 

Sinon, on est encore chez les riches, donc ça sent les complications...  

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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